CONDITIONS DE L'EXISTBNCE SIDÉRALE^ ETC
deur. Quelle intensité n'atteindrait pas le phénomène d'érosion produit par le déplacement de la totalité des mers changeant de lit avec une prodigieuse rapidité ! Quelle épaisseur n'offrirait pas Taraas de débris accumulés dans les deux dépressions DouYellement produites! Et enfin, de quelle hauteur excessive s'élèveraient instantanément au-dessus du niveau de la mer les montagnes dont la base serait, sous Téquateur, désertée par les eaux ! Certes, si un événement de cette nature s'était jamais produit, il aurait laissé des traces que nous retrouverions aujourd'hui. L'étude des terrains sédimentaires se complète de jour en jour, et, malgré les progrès de cette étude qui occupe tous les géologues, on ne trouve aucune trace de ces vastes érosions produites par le déplacement des mers, ni aucun reste de ces puissants amas de détritus que les eaux, violemment expulsées de leur domaine, auraient dû accumuler sur certains points. Les terrains de transport s'adaptent exactement, soit aux bassins qui les ont reçus et dont ils accusent les limites, soit aux gibbosités du sol où ils ont eu leur origine et autour desquels ils se sont disposés sous forme de traînées rayonnantes. Quant aux débris de corps organisés, leur mode d'enfouisse* ment trahit rarement un transport violent : les coquilles notamment ont souvent conservé leurs ornements les plus délicats et se montrent dans la position même où l'animal qu{ les habitait les a laissées.
On m'objectera que, dans le cas d'un changement d'axe de rotation, les choses ne se passeraient pas tout à fait comme je viens de l'indiquer, parce que la masse interne, tendant à prendre instantanément sa figure d'équilibre, empêcherait les dépressions polaires et la protubérance annulaire de se maintenir. J'ai, en effet, raisonné dans l'hypothèse peu admissible d'une écorce terrestre résistante. En la supposant flexible^
oomme elle Test réellement^ elle se moulerait exactement sur la nouvelle forme prise par la masse du globe : la protubérance équatoriale devenant le pôle sur un point de son étendue s'affaisserait sur elle-même, retiendrait les eaux et ne leur permettrait pas de se précipiter vers les anciens pôles. Ceux-ci se trouvant, par suite du changement de Taxe de rotation, sous la nouvelle zone équatoriale, s'opposeraient, de leur côté^ à l'arrivée des eaux de Tocéan. Si ce changement s'effectuait d'une manière instantanée, les phénomènes d'érosion dont j'ai parlé ne se développeraient pas sur une aussi grande échelle^ mais ils n'en existeraient pas moins. Une révolution aussi importante ne pourrait se manifester sans des déplacements dans la masse des eaux. En outre, l'écorce terrestre ne s'adapterait pas exactement à la nouvelle forme du globe, sans se déchirer et s'étirer là où il y aurait un renflement, sans se plisser sur elle-même là où il y aurait un affaissement. Au déplacement impétueux des eaux se joindraient des phénomènes dynamiques, tels que la rupture de l'écorce terrestre, fracturée et disloquée dans fous les sens, des éjections dé matière incandescente répandue sur la croûte du globe à demi engloutie, et les réactions énergiques provenant du contact de cette matière incandescente avec les eaux de l'océan. Une telle catastrophe suffirait pour tout anéantir à la surface du globe, pour renverser les montagnes, combler les mers et fout ramener vers le chaos. Non-seulement tous les êtres vivants seraient anéantis, mais ils ne laisseraient après eux presqu'aucune trace de leur existence. L'exagération de l'effet doit nous démontrer toute l'impossibilité de la cause supposée.
Dans son Astronomie populaire, Arago examine, outre l'hypothèse d'un changement d'axe^ celle d'un ralentissement m même d'un arrêt amené dans le mouvement de translation de
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la terre par le choc d'une comète. La vitesse taDgentielie de tFanslatioû autour du soleil étant d'environ huit lieues par seconde, c'est avec une pareille vitesse que les eaux de Tocéan et tooB ks corps placés à la surface de la terre seraient proje-» là &ï avant. Polir apprécier tout le désordre qui résulterait de ce choc , il suffit de se rappeler qu'un boulet de 24 n'a, même à la sortie du canon^ qu'une vitesse de 390 mètres par seconde.
Après l'hypothèse d'un changement dans le mouvement de tnuadation de la terre ou celle d'un changement de son axe de rotation, vient celle d'une lente variation dans le degré d'inclinaison de cet axe.
La géologie ne fournit pas de preuves contre cette hypothèse, et s'il lui était permis de ne tenir aucun compte des données des autres sciences, elle lui serait même favorable. Ole y trouverait l'explication simple et naturelle des modifications que les climats ont éprouvées. Mais, l'astronomie nous le démontre, l'axe terrestre de rotation ne peut varier dans son degré d'inclinaison que de A"*, et tous les 26 000 ans environ, il revient à sa situation première. L'inclinaison de l'axe terrestre de rotation diminue chaque jour, mais il ne pourra jamais éh-e perpendiculaire au plan de l'orbite terrestre, et il viendra un moment où cette inclinaison augmentera de nouveau^ Cette variation dans le degré d'inclinaison de l'axe de rotation n'est pas indifférente; elle a certainement exercé une îB'fluence sur les variations climatologiques. Toutefois, la période de 26 000 ans est assez petite, relativement à la durée des temps géologiques ; pour qu'on ne puisse guère espérer retrouver dans le passé de notre planète des périodes climato-^ logiques d'une durée à peu près égale.
▼artailons étatM la forme et le volume 4a viobe : otelMement
gKMif éu nivean «e roeéon. — Enfin^ quant à la forme de la terre et à son aplatissement aux pôles, ils n'ont pas subi de modification appréciable pendant les temps géologiques. Par suite de son refroidissement, la terre, il est vrai, a diminué de volume^ et, par conséquent, sa vitesse de rotation et son renflement équatorial ont augmenté en même temps que cette diminution de volume. — D'un autre côté, le refroidissement du globe a eu pour résultat de diminuer la longueur du rayon terrestre, d'amoindrir la force centrifuge et, par suite, d'abaisser le renflement équatorial. Il y a donc eu , pendant les temps géologiques, deux ordres de changements s'effectuant, nonseulement dans une faible mesure , mais en sens opposé et se compensant en quelque sorte. Si, pendant tout cet intervalle de temps, l'aplatissement aux pôles n'a pas été rigoureusement le même, il n'a varié que d'une quantité que le calcul démontrerait être excessivement minime et complètement négligeable, surtout au point de vue géologique. C'est là un fait important à constater, car s'il y avait eu, dans la forme générale de la terre, des changements de quelque importance, ces changements auraient amené dans la croûte du globe des dislocations dont nous devrions rechercher et retrouver la trace. Dès les premiers temps géologiques, l'écorce terrestre, définitivement constituée, était déjà impropre à se mouler exactement sur la masse intérieure du globe sans subir de dislocations. Si la zone éqnatoriale s'était de plus en plus renflée, l'écorce terrestre aurait éprouvé des fractures orientées aproximativement dans le sens de l'équateur lui-même. Or, lorsque l'on compare la zone équatoriale aux autres contrées, on n'y voit pas un sol plus tourmenté, des chaînes de montagnes plus nombreuses, et, surtout, des lignes de