VARIATIONS DANS LA FORME DE LA TERRE
fractures dirigées de préférence dans le sens de Téquateur.
D'après ce qui précède y on peut y de la faiblesse des causes susceptibles de modifier le renflement équatorial^ déduire Tabseoce de dislocations produites^ sous l'influence de ces causes^ dans le voisinage de l'équateur : réciproquement^ de Tabsence de ces dislocations^ on peut conclure que les forces aptes à modifier la forme de la terre n'ont pas eu le temps, pendant les siècles géologiques, d'agir avec efficacité. Les seules modifications apportées à la forme de la terre ont eu pour résultat de détruire de plus en plus , quoique dans une très-faible mesure , son caractère primitif d'être rigoureusement un ellipsoïde de révolution.
Leibnitz et plusieurs géologues des deux derniers siècles aiaient attribué la formation des continents au retrait de l'océan disparaissant dans des abîmes souterrains. Cette idée est actuellement complètement abandonnée, et l'on ne met plus en doute que l'apparition de la terre-ferme ne soit le résultat d'un mouYement d'intumescence portant de plus en plus certaines parties de l'écorce terrestre au-dessus du niveau de l'océan. Toutefois, l'ancienne idée d'une infiltration des eaux dans l'intérieur du globe n'est pas absolument dénuée de fondement.
En décrivant la circulation de l'eau au sein de l'écorce terrestre, nous verrons qu'elle pénètre et se maintient à de grandes profondeurs : i"* par voie d'bydratation, c'est-à-dire de combinaison chimique avec diverses substances; ^ par voie d'imbibition ; 3^ à la faveur des fissures et des cavités qui existent dans la croûte du globe. On ne peut pas évaluer à moins de 4/50 la quantité d'eau contenue dans l'intérieur de récorce terrestre, sous une forme ou sous une autre. En admettant que, depuis la fin de la période plutonique jusqu'à
nos jours ^ la puissance de Técorce terrestre ait augmenté seulement de 10 000 mètres^ il en résulte que la masse de Teau absorbée par Técorce terrestre pendant la durée des temps géologiques formerait^ autour du globe ^ une nappe de 200 mètres d'épaisseur; le niveau de Tocéan s'est donc abaissé d'une quantité égale.
Ce niveau s'est abaissé sous l'influence d'une autre cause que je vais signaler. Si, dans un bassin plein d'eau^ on introduit un corps quelconque, l'eau s'exhaussera ; elle s'abaissera de nouveau dès que ce corps sera retiré. Ce fait s'est accompli sur une large échelle à la surface du globe. L'océan recouvrait jadis le globe tout entier, et les continents qui se sont élevés au-dessus de lui peuvent être comparés au corps que nous venons de supposer mis hors du bassin où il se trouvait d'abord. Humboldt a calculé que les continents uniformément nivelés détermineraient un remblais de 360 mètres environ : il en résulte-* rait, dans le cas où ces matériaux seraient ramenés au fond de l'océan, un exhaussement de 96 mètres environ, puisque la terre couvre les ^ de la surface du globe. Telle est, par con«* séquent, la valeur de l'abaissement du niveau de l'océan, pendant les temps géologiques, par suite de l'élévation des masses continentales.
Maintenant, mentionnons une cause qui a contribué à exhausser le niveau de Tocéan. La terre s'est contractée par suite de son refroidissement. La surface du globe a donc également diminué : les eaux , recouvrant un moindre espace, ont tendu à s'exhausser, exactement comme dans un vase cylindrique dont le diamètre viendrait à être diminué. Recherchons quelle peut avoir été, dans ce cas, la valeur de l'exhaussement.
Pour cela, supposons un plan diamétral mené par un point quelconque à travei*s le sphéroïde terrestre. Ce plan déler*