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CHAPITRE IV

STRUGTURB GiNBRALB DU GLOBE.

Stractare générale da globe et tnodiBcations qu'elle a subies pendant les temps géologiques. — Atmosphère : sa puissance. — Océan : sa profondeur. — Irrégularités croissantes dans la forme ellipsoidalo de la terre. — Densité du globe: sa composition; son état intérieur. — Probabilité de l'uniformité de température , de densité et de composition dans la masse interne du globe. — Hypothèse d'un nucléus ferrogineux à Tétat de fluide élastique. — Gourants électriques dans l'iotériear de l'écorce terrestre. — Aurores boréales et autres phénomènes se rattachant à l'électricité terrestre. ~ Magnétisme terrestre.

Mraetore fénénile eu ^lobc et modlftcadon» «o'elle m svMeft pendant

iMicapff«oi«ci4iMs. — Qonsiàévé dans son ensemble^ le globe n'a cessé d'offrir la même structure générale^ pendant la durée des temps géologiques. Toujours il s'est composé d'un nucléus formant la presque totalité de sa masse et enveloppé des zones successives dont j'ai fait rénumération. Les plus importantes modifications apportées à la structure générale du globe ont été : l*" l'accroissement de l'épaisseur de la croûte du globe; ^ la disparition du parallélisme qui existait primitivement entre cette croûte et la surface du globe ramenée à sa forme ellipsoïdale.

Dans le chapitre précédent^ on a vu comment notre planète, , à la suite de plusieurs transformations^ avait acquis sa structure actuelle. Il me reste à terminer l'étude de la constitution physique du globe par des considérations que la nature de ce

trayail rendra très-sommaires. Je serai d'autant plus sobre de détails que presque toutes les questions que je pourrais aborder ici trouveront mieux leur place dans les autres parties de cet ouvrage.

La plupart des autres modifications apportées à la structure générale du globe ont offert plus ou moins d'importance. Mais toutes se sont produites d'une manière permanente^ et les causes qui les ont amenées sont destinées à persister indéfiniment. Leur caractère général^ essentiel^ est d'effacer de plus en plus l'uniformité qui jadis régnait partout dans le monde terrestre. Actuellement, cette uniformité primitive ne se retrouve que dans la masse interne du globe. La forme de notre planète a été de moins en moins celle d'un ellipsoïde parfaitement régulier. La profondeur de l'océan, jadis la même sur tous les points du globe, a de plus en plus varié d'une région à une autre. L'écorce terrestre, d'abord limitée par deux surfaces conceotriques avec la terre , a présenté des saillies et de» dépressions toujours croissantes. En même temps^ les ehmats ont cessé d'être uniformes des pôles à Téquateur, et les naémes êtres oi^anisés ne se sont pas montrés sous toutes les latitudes. Peu à peu, les lignes isothermes se sont dessinées à la surface du globe ; et chaque contrée a reçu une faune et une fiore de plus en plus distinctes de la faune et de la flore des contrées voisines.

jj«o9Mr* : m ^oiMuice. — L'atmosphère est ce mélangie gazeux qui forme l'enveloppe la plus extérieure du gUbt et au fottd duquel les êtres organisés vivent comme tes animaux marins au sein de l'océan.

Mariotte considérait l'atmosphère comme s'étendant à l'infini, hypothèse inconciliable avec l'absence de toute enveloppe

ATIIOSPHÈRB : SA PUIBBÂNGE. 199

gazeuse autour de la lune et avec la notion du vide matériel de l'espace. Mairan, se basant sur la hauteur atteinte par certaines aurores boréales^ portait Tatmosphère à 300 lieties. Laplace pensait même que la limite atmosphérique se trouvait à une distance de cinq fois le rayon terrestre^ c'est-à-dire au point où la pesanteur détruit la force centrifuge développée par le mouvement de rotation de la terre. Enfin, deux opinions formulées, il y a plus d'un demi siècle, par Delambre et Biot^ basées^ l'une sur la théorie du crépuscule, l'autre sur la raréfaction de Tair^ n'accordent à l'atmosphère qu'une puissance de 16 lieues environ^ évaluation généralement adoptée par les savants de notre époque.

Mais si Mariette, Mairan^ Laplace donnaient à l'atmosphère une élévation trop grande^ nous croyons que le nombre actoellement admis pour représenter sa puissance est beauoDup trop faible. M. liais^ dans son voyage au Brésil^ a déduit la hauteur de l'atmosphère d'observations faites, dans la zone iatertropicale, au commencement de l'aurore et à la fin du crépuscule; il a conclu que cette hauteur était de 340 kilomètres ou 85 lieues. Cette détermination, dit-il, est indépendante de toute hypothèse et s'accorde beaucoup mieux que les hauteurs actuellement admises avec ce que les bolides et les aurores boréales ont appris sur les mêmes questions. M. Liais pense également que la loi de Mariotte n'est vraie que dans une certaine limite : il y aurait, selon cet astronome, un point où elle manquerait même de justesse, les gaz n'étant pas m^ œptibles d'une dilatation indéfinie; les molécules gazeuses, arrivées à un certain point de raréfaction, se comporteraient oomme les liquides ordinaires.

Pendant la durée des temps géologiques, l'atmosphère s'est refroidie de plus en plus comme tout l'ensemble dont elle fait

partie ; il a dû en résulter une concentration dans sa masse, et, ])ar suite^ une diminution dans sa puissance. Cette modification a dû être peu considérable , quoiqu'elle ait été favorisée par la disparition de la portion très-minime d'air atmosphérique qui a pénétré dans les yides de Técorce terrestre. Des deux causes qui ont contribué à diminuer la puissance de l'atmosphère, une seule a également pu modifier sa pression ; celle-ci est si peu importante par elle-même qu'il est permis de penser que la hauteur barométrique moyenne n'a pas varié.

Par la suite, je m'occuperai de la composition de l'atmosphère, et j'essaierai de démontrer que cette composition n'a pas sensiblement changé depuis la fin de la période plutonique.

•cêan : Mprofiodeor. — Dans Ics premiers temps géologiques, les eaux, accumulées autour du globe, formaient une nappe continue, un océan sans rivages. Peu à peu, par suite du mouvement et des dislocations de l'écorce terrestre, les iles, puis les continents ont surgi à la surface du globe. L'océan primitif a cessé de former une zone non interrompue : les mers intérieures se sont montrées; l'étendue du globe, recouverte par les eaux salées, a été en augmentant; aujourd'hui, l'étendue de la surface occupée par la terre-ferme est à celle recouverte par les eaux comme 100 est à 276 ou comme i est à 2,76.

On conçoit pourquoi les amas d'eau douce n'ont pu se constituer qu'après l'apparition des continents, et comment leur importance a été en augmentant avec l'étendue de la terre ferme.

Les dislocations de la croûte du globe ont encore eu |)our résultat de rendre de plus en plus inégale la profondeur de l'océan. D'après Humboldt, la profondeur moyenne de l'océan est de 3 500 métros; si la masse de ses eaux était uniforme-

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