‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 20 sur 149 · IRRÉGULARITÉS DANS LA FORME DE LA TERRE · texte numérisé non relu

IRRÉGULARITÉS DANS LA FORME DE LA TERRE

ment répartie à la surface du globe^ Tocéan offrirait partout la profondeur de S 500 qu'il avait lors des premiers temps géologiques. Aujourd'hui^ tandis qu'au point de contact avec la terre-ferme elle est nulle , elle devient bien plus considérable sur les points les plus éloignés du littoral. Le capitaine J. Ross^ naviguant à 900 milles à l'ouest de Sainte-Hélène^ a fait descendre la sonde jusqu'à une profondeur de 9 144 mètres. Les impulsions subies par la croûte du globe^ quelle que soit leur importance^ donnent toujours lieu à des mouvements de bascule ; tout soulèvement imprimé à une partie de la croûte du globe a pour conséquence immédiate un affaissement dans une région voisine. Â mesure que les continents s'exhaussent^ le fond de l'océan s'abaisse^ et les inégalités de la surface de la terre vont en croissant avec les siècles.

Un grand nombre de phénomènes géologiques^ et peut-être les plus importants^ s'accomplissent au sein des mers; aussi 1 étude de l'océan^ de sa composition^ de sa profondeur^ du mode dont la température se distribue dans sa masse^ des déplacements que subissent ses eaux^ etc.^ est- elle de la plus haute importance |K)ur la géologie. Mais il me parait convenable de réserver cette étude pour les cas où je pourrai en montrer les applications immédiates.

Iiréfouiriiéft erotasuitM dans la forme clUpioMale tf c la terre. — LorS

des premiers temps géologiques^ la forme de la terre était rigoureusenient ellipsoïdale. Mais, depuis lors^ les dislocations de récorce terrestre ont, de plus en plus^ détruit la régularité de la forme de la terre.

Afin de bien nous rendre compte de ce qui s'est passée rappelons-nous que l'attraction agit en raison directe des masses et en raison inverse du carré des distances. Cela posé^ considérons

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les Qgures i et 5. La première représente Tocéan primitif recouTrant l'écorce terrestre : celle-ci n'est pas encore fortement disloquée^ et Tocéan offre partout la même profondeur. Evidemment^ le pendule promené parallèlement à la ligne N N de la figure 4 sera toujours également attiré, et il ne subirs aucune déviation ni à droite ni à gauche ; dans toutes les stations où on le mettra successÎTement au repos, il se trouvera sur le prolongement d'un rayon de la sphère terrestre.

La figure 5, qui représente l'état actuel des choses, nous montre , au point B, l'écorce terrestre se rapprochant de la surface de l'océan et se pénétrant d'un courant de lave indiqué par la couleur noire. Le pendule, placé au-dessus du point B, sera plus fortement attiré, puisque des matériaux bien plus denses que l'eau seront venus remplacer celle-ci. Mais, chose bien plus importante à signaler, le pendule, en s'éloignant du point B, dans un sens ou dans l'autre, sera plus fortement attiré du côté de ce point B que du côté opposé; il ne se trouvera plus rigoureusement sur le prolongement d'un rayon de la sphère terrestre. Or, la surface des eaux est toujours perpendiculaire à la direction du fil à plomb. Il existera donc autour du point B, ainsi que l'indique la figure 5, un bombement dans le niveau de l'océan. Il se produira, au contraire, une dépression là où l'écorce terrestre s'affaisse. Ces inégalités croîtront en même temps que celles qui se produiront dans la surface du globe ; elles seront d'autant plus considérables que les matériaux si denses de la pyrosphère se rapprocheront davantage des parties supérieures de l'écorce terrestre.

Humboldt a nommé le pendule un instrument géognostique et l'a comparé à une sonde susceptible d'être jetée dans l'intérieur de l'écorce terrestre. Mais les inégalités que je viens de signaler se trahissent nou-seulement par l'action qu'elles

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exerœnt sur le pendule qu'elles font dévier de la yerticale^ mais aussi sur le baromètre. Il résulte des observations qiû ont été faites par MM. Schouw et Hermann^ sur les mers et sur les continents, que la moyenne barométrique ramenée à la surfaee des eaux tranquilles est d'autant plus forte, que Ton est plus éloigné des côtes pour la mer^ et^ pour les continents, des endroits où le sol présente des aspérités. D'après cela, dit M. Roset , il est probable que les inégalités de structure de notre planète exercent une action marquée sur la hauteur du baromètre en chaque lieu.

Bouguer est le premier qui ait eu la pensée de rechercher dans l'attraction des montagnes la preuve de l'attraction uni- Terselle, et de mesurer la déviation qu'elles font subir au fil à plomb : il trouva que sur les flancs du Chimborazo, le fil à plomb éprouvait une déviation de 1" 5. C'est à tort que l'on a conclu, de ce nombre évidemment trop faible, que le Chimbo* raxo offrait dans sa masse des cavités considérables. Les conditions désavantageuses dans lesquelles Bouguer fit son expérience expliquent la faiblesse des résultats auxquels il est parvenu, et la petitesse du quart de cercle qu'il a employé permet même, dit Arago, de douter que l'on puisse déduire de son travail que la montagne ait exercé une action sensible sur le fil à plomb.

En 1779, Maskeline reconnut une déviation de Si'' aux pieds des monts Shehaliiens, en Ecosse.

Dans un mémoire sur quelques-unes des inégalités que présente la structure du globe, M. Rozet a démontré (ce qui avait été déjà soupçonné par MM. Plana, Garlini, Puissant, £• de Beaumont) que les déviations verticales ne doivent pas être uniquement attribuées à la partie extérieure des montagnes, mais qu'elles dépendent nécessairement de la structure interne

du globe. En outre, les tableaux dressés par M. Rozet font voir qu^en France^ la plupart des ménisques de déformation ne dépassent pas un millionième du rayon terrestre.

D'autres faits Tiennent se joindre aux précédents pour mettre hors de doute les variations de densité oflPertes par Técorce terrestre. On a remarqué que la pesanteur crott dans les îles volcaniques (Sainte-Hélène^ Houaian ^ Fernando deNoronha, Ile-de-France, Morvi et îles Galapagos), sauf Tîle de Rawack qui^ dit Humboldt, fait exception peut-être à cause du voisinage des hautes terres de la Nouvelle-Guinée. Il me semble plus naturel de voir dans cette exception le résultat d'une erreur d'observation ou le témoignage de l'existence, dans l'intérieur de l'île, d'une cavité très-vaste qui se serait produite par le retrait de la lave dans le conduit volcanique.

Parmi les irrégularités que l'on a déjà reconnues dans la forme de la terre, je signalerai les suivantes. On a constaté que la pesanteur croit de Bordeaux à Padoue, et que cet accroissement est surtout considérable dans le voisinage de l'Auvergne et des Alpes. Si l'on suit le méridien de Paris, depuis le nord de la France jusqu'à l'île de Formentera, une des Baléares, on trouve que la surface théorique de l'océan présente une dépression entre Dunkerque et le plateau central ; elle est for-tement bombée à travers le Limousin et l'Auvergne^ puis se déprime de plus en plus, d'abord jusqu'à Barcelone, malgré la présence de l'extrémité orientale des Pyrénées , et enfin jusqu'à l'île de Formentera (i;.

Dcttiiié un ffio»€. — Je vais d'abord rappeler le résultat des calculs auxquels on s'est livré pour apprécier la densité moyenne de notre planète.

Laplace , en supposant que la densité augmente de la cir-

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