‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 2 sur 149 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LB OLOBB GONSIDiBB DAMS SBS RELATIONS AVBC LB MIUBU SIDÉRAL.

Système planétaire. — Constitution physique du soleil et de la lune comparée à celle de la terre. — Unité d^origine, de composition et de structure du système planétaire. — Météores cosmiques : étoiles Blantes, bolides, aérolites : origine des aérolites : leur existence problématique pendant les temps géologiques. — Influence de la constitution du système planétaire , de la basse température des espaces interplanétaires, et de la puissance calorifique du soleil sur les phénomènes géologiques. — Inclinaison de Taxe terrestre de rotation. — Figure générale de la terre : sa forme ellipsoïdale est en relation avec sa constitution intérieure. Action exercée par le déplacement des eaux sur la forme du globe.

i. — Le soleil est rame de tout le système dont il occupe le centre. Il distribue autour de lui la lumière et la chaleur; et le jour où sa masse refroidie ne brillera

plus au firmament^ la vie disparaîtra de la surface des planètes : les phénomènes si variés que nous voyons se manifester autour de nous , dans les règnes organique et inorganique , n'auront plus de raison d'être; les planètes^ et la terre avec elles ^ seront parvenues à la dernière période de leur histoire.

D'après une théorie récente y le soleil constitue la principale cause du magnétisme terrestre, et s'il n'est pas, comme on l'a prétendu, l'agent moteur des corps qui gravitent autour de lui, il intervient du moins dans l'action régulatrice de leurs mouvements. Cette prépondérance que le soleil exerce autour de lui, il la doit non-seulement à la mission qui lui est dévolue dans le système planétaire^ mais aussi à ses dimensions, car le volume de toutes les planètes et de leurs satellites réunis n'égale pas la millième partie du sien.

Les masses qui composent, pour ainsi dire, la famille de l'astre central, sont de deux ordres : les unes, cométaires; les autres, planétaires.

Les comètes paraissent formées par l'accumulation autour d'un noyau toujours restreint, quelquefois nul, d'une matière assez légère pour laisser apercevoir les étoiles à travers une couche de plusieurs milliers de lieues d'épaisseur. En cela, elles diffèrent des planètes, dont la masse solide est relativement très-puissante et dont l'enveloppe gazeuze est toigours peu considérable. Elles s'en distinguent encore parce que, au lieu de tracer autour du soleil des cercles à peu près concentriques dans un même plan , elles dessinent autour de lui , en se dirigeant dans tous les sens à travers l'espace ^ des ellipses très-allongées, quelquefois même des paraboles. Dans ce dernier cas, elles n'appartiennent à notre système que pendant un temps limité; elles ne s'y montrent qu'une seule fois et s'en éloignent ensuite pour toujours. Parmi les comètes à

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orbites elliptiques^ il en est dont la durée de rév^olutioii est telle que leur retour ne s'effectue qu'après des intemHes me* sures par une époque géologique : lorequ'elles reparaissent^ tout a été renouvelé à la surface de la terre ^ Taspect des con» il nents y les climats et les êtres organisés eui-mêmes.

On observe les comètes depuis trop peu de tempe pour avoir une connaissance approximative de leur origine^ de leur nature el du rôle qu'elles jouent dans le système solaire. Leur struc-ture y qui les a fait appeler des riens visibles , et le tracé de leur orbite^ qui les conduit dans des régions à température extrême^ les rendit évidemment impropres aux manifèslar Uooa vitales.

L'étude des comètes n'est d'ailleurs d'aucun intérêt pour la géologie^ depuis que l'on a reconnu qu'elles ne sont directement ni indirectement la cause des révolutions géologiques. Elles forment; dans le système solaire ^ des corps à part dont la nature et l'origine ne peuvent nullement nous éclairer sur celles de notre planète.

Je dois insister ici sur la faible densité des comètes^ car cette faible densité sera le meilleur argument que j'invoquerai pour démontrer que l'on ne doit pas chercher en elles la cause des révolutions géologiques.

D'après les calculs de M. Flaye, la densité du noyau d'une comète serait à peine neuf fois aussi grande que celle du vide des meilleures machines pneumatiques. En prenant pour unité le vide au millième de ces machines, la densité de la queue d'une comète est représentée par le nombre 0,000 000 000 04 . 8i la queue d'une comète est visible dans toute son étendue, c'est que, dit M. Paye, a le rayon visuel y rencontre dans toutes les dtrecr » tiens des aies (longues de treize mille lieues au moins en ce » qui concerne la comète de Donati ) de molécules éclairées

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» par le soleil et que le nombre de ces molécules en compense » récarlement. 811 existe un milieu résistant, si rare qu'on B veuille le faire , il présentera toujours à Tœil des files indé- » finies de points lumineux par réflexion qui devraient teindre » le fond du ciel d'une lueur comparable à celle de la queue » d'une comète. »

Les observations précédentes nous autorisent à penser que le vide matériel le plus complet règne dans les espaces interplanétaires : nulle part, si ce n'est dans la région occupée par la lumière zodiacale et placée dans le voisinage du soleil , la matière ne s'y montre à l'état gazeux et très-raréfié, c'est-^dire à l'état dans lequel elle se trouvait pendant les premiers temps cosmologiques.

C'est surtout sous forme de masses nettement limitées que la matière existe dans l'espace. Ces masses, qui constituent les planètes , semblent avoir pour fonction spéciale de servir de tbéâtre aux menifestations vitales. On peut comparer l'espace à un vaste désert dont elles constituent les oasis , et voir dans chacune d'elles une serre immense et mouvante où l'atmosphère retient la chaleur émise par le soleil et permet ainsi à l'organisme de prendre tout son développement (a).

Humboldt a proposé de partager les planètes en trois groupes.

Le premier groupe comprend les planètes les plus rapprochées du soleil, Mercure, Vénus, la Terre, Mars. Leur grandeur est moyenne; leur densité est considérable. Elles tournent sur elles-mêmes en des temps à peu près égaux, sont peu aplaties, et^ à l'exception de la Terre, dépourvues de satellites.

Le deuxième groupe est formé des astéroïdes ou planètes télescopiques, dont le nombre est indéterminé : Vesta, Junon , Gérés et Pallas ont été découvertes les premières.

Dans le troisième groupe se placent les planètes les plus

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éloignées du soleil^ Jupiter^ Saturne^ Uranus et Neptune. Elles sont beaucoup plus grosses que celles du premier groupe^ cinq fois moins denses : leur rotation est deux fois au moins plus rapide , leur aplatissement est plus marqué : toutes sont accompagnées de nombreux satellites.

Les planètes du premier et du troisième groupe sont dites principales et s'écartent peu de Técliptique. Celles du second groupe^ ont^ au contraire^ leurs orbites fortement inclinées

sur récliptique et étroitement entrelacées. Chacun des corps du système planétaire est animé d'un

roouTement de rotation sur lui-même et d'un mouvement de translation autour du centre de gravité de tout le système^ centre qui est très-voisin de celui du soleil ^ mais ne coïncide pas avec lui. Le système tout entier est transporté dans l'espace^ en conservant des relations constantes entre toutes ses parties, et en suivant sans doute une ligne courbe autour d'un point indéterminé. On s'accorde à reconnaître qu'en ce moment il se dirige vers la constellation d'Hercule, avec une vitesse de deux lieues par seconde.

L'espace dans lequel se meut le système planétaire est soumis à une température dont les astronomes et les physiciens ont diversement apprécié le degré , mais qui , dans tous les cas, est excessivement basse. Pour représenter cette température. Poisson, Fourier, Arago, Biot et Gay Lussac, John Herschel et M. Pouillet indiquent respectivement les nombres -18*, -55«, -57% -70», -.75« et 440«, dont la moyenne est -69o,l.

Enfin, le système planétaire est placé dans l'intérieur d'un vaste anneau formé par l'accumulation d'étoiles à peu près semblables à notre soleil, anneau qui n'est rien autre chose que la voie lactée. Cette tendance des corps sidéraux à se

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grouper ea zones aplaties et circulaires se retrouve dans les anneaux de Saturne et dans les planètes qui tournent toutes dans le même sens et presque dans un même plan. Les étoiles parsemées dans le ciel font également partie de la voie lactée ; mais notre regard^ en se portant vers elles , se dirige dans le sens de la plus petite dimension de cette voie lactée, dont la forme a été, avec raison, comparée à celle d'une meule.

Quant aux nébuleuses , ce sont des voies lactées que leur éloignement considérable rend à peine perceptibles.

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ifm. — L'étude de la constitution physique du soleil et de la lune comparée à celle de la terre est de la plus haute importance pour la géologie : s'il est permis de poser en principe que le soleil, lesplanète^ et leurs satellites ont la même origine et sont destinés à passer par les mêmes phases, nous aurons, dans le soleil, l'image de ce que la terre a été, et nous trouverons dans le satellite de notre planète l'image de ce qu'elle sera un jour. La connaissance de la constitution actuelle du globe deviendra, en même temps, plus complète et plus précise.

Le soleil présente à sa surface des taches ou parties moins éclairées, et des facules ou parties offrant un plus grand éclat que le reste du disque solaire. Les dimensions des taches solaires varient beaucoup : leur diamètre est quelquefois égal à six fois celui de la terre. Quand une tache noire a de grandes dimensions, elle est entourée d'une zone moins sombre appelée pénombre. Les taches existent exclusivement dans une région dont les limites sont à ^i*" de déclinaison nord et sud, comptée à partir de l'équateur solaire : les facules apparaissent, au contraire, sur toute la surface du soleil, ce qui indique une

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