ÉTAT INTÉRIEUR DU GLOBE
deyraient croître rapidement de densité sous la pression des masses qu'elles supportent^ et à la profondeur de 430 lieues^ l'eau^ dit sir Lyell^ serait aussi dense que le mercure.
Plusieurs personnes^ afin de concilier le principe de la compressibilité indéfinie de la matière avec le chiffre peu élevé qiii représente la densité générale du globe^ admettent^ dans linlérieur de la terre, Texistence de vastes cavités. Cette hypothèse, émise au siècle dernier par Leslie, a été amplifiée et développée d'une manière très-étrange, au commencement de ce siècle, ainsi que Humboldt le rappelle dans le tome premier du Cosmos (j).
La matière sous forme de gaz ou de vapeur est très-élastique, mais offre une faible densité. M. Cagniard de la Tour, en renfermant des liquides dans des tubes de verre très-épais et en les chauffant fortement, est parvenu à les ramener à 'ébt gazeux : dans cette expérience, ces liquides ont acquis une élasticité considérable et ont conservé presque toute leur densité. Les recherches de M. Cagniard de la Tour ont conduit plusieurs physiciens, et notamment M. Babinet, à penser qu'il existe, au centre de la terre, des fluides ayant cinq ou six fois la densité de Teau et jouissant d'une force élastique suffisante pour supporter le poids de la partie périphérique du globe.
Probablement, l'intérieur de la terre forme une masse continue, au sein de laquelle toutes les substances ont une densité peu différente de celle qu'elles auraient si elles se trouvaient a ia surface du globe. La matière n'est pas indéfiniment compressible, soit que, par une force qui lui est inhérente, elle résiste à la compression, soit que la chaleur, développée par la pression ou existant originairement en elle, fasse naître une action agissant en sens contraire à celui de la pression ellemême.
conipo^itioD du nucieui». — Lorsi^u^; iioiis ûludieroiis la com[)0silioii des roches à diverses proloiideurs, nous verrons que la proportion de silice diminue, tandis (jue celle de fer auj»mente à mesure (|ue Ton séloi^^ne de la smlace de la terre. Le fer, (jui n entre qu'accidentellement dans la composition des roches l^ranitiqnes, devient un des cléments constants des laves et des basaltes. 11 est permis de sn|q)oser (ju'a une certaine profondeur, la silice disparaît tout à fait et (pie le {:lot)e n'est j^as de vvrrr f)nulu, comme le disait UulVon. Le rôle (pie BulVon accordait au vernî apj)arlienl prohaldement au fer. Nous croyons nous rapproclier beaucouj» de la V(''rilt; en admettant que la matièn; incandescente, située a une fail)le profondeur et identi(pie par sa coni|M)silion avec la la\e, se |)tjnètre d'une quantiti; de fer cioissanlaM'c li profondeur. C'est ainsi (jue s'ellectue le passaj^e de la matière pyr(»splieri(pie a celle qui constitue, sans doute avec le nickel et le cobalt , la masse principale du ^lobe.
La premiiM'e c(»nd.tion (pie doit ollrir un minéral pour entrer en forte proportion dans la composition du i;iobe, c'est d'avoir une densité peu dili('reut(î de celle du fer. L'existence de minéraux d'une pesauleiu" specili(pie j)lus éle\(H' est inconciliable avec ce (jue le calcul nous enseigne sur la densité moyenne de la terre, à moins «pion ne veuille recinirir à rijy|)ot!ièse peu naturelle d'un niclaiiLie de métaux trcs-pesants et de substances d'une faible densité, r.clles-ci ont toujours du être ramenées vers la périphérie du f^lolxî, et se séparer, par conséquent, des métaux très-denses avec les(juels elles se trouvaient associées.
Or, la densité du fer est a \w\\ prés e^^ale à 7, et il est d'autant plus permis de le considérer comme composant la masse principale du jzl(d)e, (jue n(His le \oNons constituer presque exclusivement les aeroliles , planètes ap[)arlenant à la inènie
GOURANTS ÉLECTRIQUES. 149
rone sidérale que la terre et formées sans doute aux dépens de la même masse cosmique.
Les trois hypothèses de Tuniformîté de température, de ruoiformité de densité et de Tuniformité de composition se prêtent un mutuel appui ; elles se déduisent presque Tune de l'autre, et acquièrent ainsi un très-haut degré de probabilité. Enfin, elles conduisent à un dernier résultat; c'est de nous autorisera penser que le fer constitue la presque totalité de la partie centrale du globe. L'écorce terrestre et la pyrosphère qui la supporte envelopperaient un nucléus ferrugineux et à l'état de liquide élastique,
tmrmMk «Icctrl^nes «ans Plntértenr «e réeorce terrestre. — Diverses
circonstances démontrent Texistence de courants électriques se dirigeant , soit de l'écorce terrestre vers l'atmosphère et réciproquement, soit à travers l'écorce terrestre elle-même. 1a Ihfiorie du paratonnerre, celle du magnétisme terrestre, l'emploi de la terre comme corps conducteur dans la télégraphie électrique, la nature de plusieurs phénomènes naturels, etc., démontrent la réalité de ces courants électriques
Leur existence peut d'ailleurs se déduire à priori des faits suivants : !<> la présence de l'électricité dans l'atmosphère ; cette électricité provient du sol, elle est destinée à y retourner ; i° l'universahté de l'électricité comme agent de la nature ; ^toutes les actions qui, sous nos yeux, donnent naissance à de réiectricité, s'accomplissent également dans l'intérieur de lecorce terrestre: tels sont les phénomènes chimiques, les éruptions volcaniques, le mouvement souterrain des eaux, leur frottement contre les parois de leurs conduits , leur évaporation , les variations de tempérahire sur des points trèsrapprochés, peut-être aussi le frottement des diverses parties
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de la pyrosphère , les unes contre les autres^ par suite de leur vitesse inégale dans leur mouvement de rotation.
Enfin, Texistencede courants électriques dans Tintérieurde récorce terrestre se démontre par l'expérience.
B\, au moyen d'un fil conducteur^ on fait communiquer avec le sol un électromètre à tige terminée en pointe^ on obtient un véritable courant d'électricité qui détermine ^ dans Taiguille du galvanomètre^ une déviation dont l'amplitude dépend de la quantité d'électricité et de la facilité avec laquelle elle s'écoule.
M. Henwood a reconnu que la quantité d'électricité est trèsgrande dans les filons de Gornouailles^ mais que sa tension est très-faible.
Dans leurs Eléments de physique terrestre, MM. Becquerel rapportent trois séries d'expériences qui ont été faites pour démontrer l'existence de courants électriques dans Técorce terrestre. 1^ Le multiplicateur ayant été établi sur le sol d'une galerie taillée dans un banc de sel gemme de Dieuze , une lame de platine en communication avec l'un des bouts de 61 de l'appareil fut appliquée sur l'une des faces de la galerie; une autre lame^ également en relation avec l'autre bout du 01, fut introduite dans l'argile du sol à une profondeur de 55 mètres. L'aiguille aimantée fut vivement chassée et vint frapper l'arrêt en se maintenant à 90<». ^ L'une des lames de platine fut appliquée avec adhérence sur un bloc de glace du Montanvert^ au*dessus de la vallée de Chamouny; l'autre fut introduite dans la terre^ environ à 50 mètres de distance : la température de la terre où la lame se trouvait était de li'^. L'aiguille aimantée fut chassée par première projection à 4(y et se fixa à 12°. 3<^ A Aix en Savoie^ une des lames fut plongée dans l'eau de la source dite eau de soufre^ dont la température élait d'environ ^3"", et l'autre dans de l'eau pure coulant à la sur-