ORIGINE DES ÉLÉMENTS DU GRANITE
un peu d'eau et de fluor, il en est ainsi pour les micas alumineux comme pour les micas magnésiens. Le fluor qui est^ en dernière analyse^ le caractère distinctif des micas proprement dits, s'y trouve toujours dans la proportion de 3 à 80 millièmes.
Au contraire y le mica dont Torigine est volcanique , c'est-àdire incontestablement d'origine ignée, ne contient ni eau ni fluor ; il peut être calciné sans perdre son éclat et sans devenir mat. Deux espèces de mica, toutes les deux magnésiennes, recueillies dans les matières rejetées par le Vésuve, n'ont fourni à l'analyse aucune trace de fluor. Un mica, trouvé dans les scories des usines où l'on exploite le cuivre à Garpenberg, et analysé par Mitscberlich, n'a pas fourni de trace d'eau ou de fluor.
Quant aux feldspatbs, ce sont des silicates doubles d'alumine et d'une autre base. Us constituent un certain nombre d'espèces qui varient entre elles par leur système de cristallisation, par leur formule chimique et par la nature de la seconde base qui peut être la soude , la chaux , la magnésie ou le fer. Le feldspath qui entre dans la composition du granité primitif est à base de potasse et a reçu le nom d'orthose parce que , sur les trois clivages qu'il présente, il en est deux assez nets qui se rencontrent à angles droits. Il renferme toujours une certaine proportion d'eau qui, dit M. Delesse, ne doit pas être considérée comme hygrométrique.
Les feldspatbs qui existent dans les roches éruptives ou dans celles qui, comme les basaltes, ont une origine ignée, se distinguent de l'ortbose par leur système cristallin et par la nature de la seconde base, qui est souvent de la chaux. On les a réunis sous le nom de feldspath anortbose.
Le feldspath du trachyte, roche également d'origine ignée,
il A PRODROME M GÉOLOOIB.
se rapproche beaucoup de rorihosc : c'est la rhyacolîte. Il est è base de sonde et de potasse; sa forme primitiTe est^ comme pour Torthose^ uu prisme rhomboïdal oblique, et l'angle ne diffère de celui de Torthose que de moins d'un degré; mais réclat de ce feldspath est plutôt vitreux que cristallin; il offre une texture fendillée, comme le serait une substance subitement refroidie; on le désigne quelquefois sous le nom de feldspath vitreux.
Le feldspath du granité primitif est donc distinct de celui des autres roches ; voyons ce que les procédés artificiels nous apprennent à ce sujet.
Le feldspath n'a été obtenu qu'exceptionnellement par voie sèche; plusieurs fois, H en a été recueilli dans la partie supé^ rieure des fourneaux à cuivre du Mansfeld; dans te cas, il a été produit par voie de vapeur. Jamais on n'a pw l'obtenir cristallisé par une fusion directe. Si Ton fait fondre do feldspath, ou ses éléments, on recueille, même après un refroidis* Sèment très-lent, des substances d'un aspect vitreux, sans trace de structure cristalline. Au contraire, en faisant agir l'eau sous ttne fèf te pression et à une température élevée, sur de Targiiê ^u sur de l'obsidienne (roche volcanique qu'on peut presque ^ k cause de son aspeet et de sa composition , appeler un verre naturel), jointe à un oxyde alcalin, M. Daubrée s'est procuré tin feldspath cristallin , semblable à celui du trachy te.
La tendance que le feldspath manifeste ainsi à se produira par voie humide, dit M. Daubrée, est à prendre en coieidération dans diverses circonstances géologiques. Il est certain, fait •bserver M. Delesse, que les feldspaths peuvent se isrmer par voie sèche et humide; mais tous les caractères indiquent qu'ils se sont formés par cette dernière vsîe dans le gn^ nite.
ORIGINE 0&S ÉtÉttËNTS M aïKANITE. f75
Oristac 4m Clémenu «a franlle : le «imHb. -^ Quelque puissaotes
que soient les raisons qui précèdent en favear de )a fof matioû an granité par vole homide , c'est au quartz que nous dentanderond; atee M. H. Rose^ les preuves les plus convaincantes à l'appui de celte origine.
« L'acide siHck|fie présente deux états particuliers^ savoir : l' f étaf amorphe d'une densité de 2, 3 à 3^ 3; et S*» Tétat cristallin ou cristallisé : il est^ dans ce dernier cas^ d'une densité égale à %6, et, seul^ polarise la lumière. L'acide silkique cristallisé constitue le cristal de roche ^ le quartz^ l'améthyste^ le gtès. On larouve l'acide silicique à l'état cristallin compacte dans la eatkédoine^ la chrysoprase, dans l'hornstein^ dans la pierre à feo^ dane queues bois pétrifiés^ mais non dans tous. L'acide silic^ue ctistallisé du cristal de roche est à l'acide cristallin compacte de la pierre à feu , comme le spath calcaire nettement cristallisé est Ht calcaire compacte. Personne ne peut dnuter que l'acide silicique cristallisé compacte^ tel qu^on le rencontre^ par exemple^ dans la pierre à feu^ n'a pu être fermé que par voie humide; il contient encore^ dans cer-taks eas^ des infusoires bien nets. Dans les bois pélçifiés^ dans lesquels on rencontre souvent des amas entiers de quartz cristallisé^ on peut reconnaître encore toute la structure du bois qui n'a pas été modifiée. On a réussi , mais seulement par voie hmmdê, à produire artificiellement l'acide silicique cristallisé présentant la forme du cristal de roche. En dissolvant l'acide silicique à l'état isolé dans de l'eau qui tenait en dissolution de l'acide carbonique ou de l'acide chlorhydriquC; et en chaufi'ant lentement une dissolution de ce genre jusqu'à ^00 ou 300 degrés dans des vases fermés, M. de Sénarmont a obtenu de petits eristan^x ayant toutes les propriétés du quartz^ M. de Séottnoool et M. Daubrée ont aussi obtenu des cristaux de
quartz bien nets^ en décomposant Teau à une forte pression et à une température élevée. »
a On n'a pas réussi^ au contraire^ à obtenir^ par fusion, de l'acide silicique cristallin compacte, quoique diverses recherches aient été entreprises dans ce but. Si , à Taide d'une température élevée, on parvient à opérer la fusion du quartz, le quartz ainsi fondu forme une. modification de l'acide silicique toute différente , celle qui a pour densité 2, â. Celle-ci s'obtient, non-seulement en faisant fondre l'acide silicique cristallisé, mais aussi par plusieurs antres méthodes. Elle se produit notamment lorsqu'on fait fondre l'acide silicique d'une pesanteur spécifique de 2, 6 avec les oxydes alcalins ou avec les autres bases fortes, et lorsque l'on décompose ensuite, par les acides forts, les silicates ainsi obtenus. L'acide silicique se sépare sous forme de flocons gélatineux compactes. »
a L'acide silicique d'une densité de 2, 2 se rencontre dans la nature sous forme d'opale. L'explication de la formation de l'opale (hydrate d'acide silicique) dans la nature, aux dépens de l'acide silicique amorphe, ne présente aucune difficulté. Celui-ci , après avoir été calciné , absorbe de l'eau , et retient cette eau, à une température assez élevée, à l'état d'hydratation.—Ni à l'état cristallisé, ni à l'état cristallin compacte, l'acide silicique d'une densité de 2, 6 n'absorbe l'eau de la tnême manière que cela a lieu pour l'acide silicique d'un poids spécifique 2, 2. d
« Les opales pourraient bien provenir d'un durcissement de
la silice à l'état gélatineux. L'acide silicique en dissolution se
serait séparé par Taclion des acides, ou par toute autre raison,
à l'état d'acide gélatineux présentant une densité de 2, 2. Au
contraire, l'acide silicique, d'une densité plus élevée, qui forme
fa pierre à feu , la calcédoine elle quarlz cristallisé, pourrait