‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 4 sur 149 · CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL ET DE LA LUNE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL ET DE LA LUNE

senter sous forme de facules et de lucules ou rides lumineuses.

On Toit que le soleil présenterait une structure très-compliquée y et c'est précisément cette complication extrême qui devrait^ à défaut d'autres preuves^ nous mettre en garde contre l'hypothèse d'Arago.

L'étude de Téclipse solaire de 1860 a conduit M. Leverrier à penser que le soleil offre une structure plus simple et qu'il se compose d'un corps solide , incandescent^ immédiatement entouré de deux atmosphères : la plus inférieure serait lumineuse par elle-même et conservers^it le nom de photosphère.

En se basant sur l'étude du spectre solaire ^ M. Kirchoff a reconnu quelques-unes des substances qui entrent dans la

composition de l'atmosphère solaire, et a. posé en principe

que cette atmosphère incandescente enveloppe un noyau intérieur jouissant d'une température plus élevée et d'une lumière plus intense. La théorie de M. Kirchoff contredit l'expérience qui avait été faite par Arago au moyen du polariscope^ et d'où il avait conclu que la lumière du soleil provient^ non d'un corps intérieur^ solide ou à l'état de fusion^ mais d'une atmosphère extérieure et lumineuse par elle-même^ enveloppant un corps opaque. Il y a, dans ces deux opinions, une contradiction qui n^est sans doute que temporaire et que de nouvelles expériences feront bientôt disparaître.

Nous adopterons^ dans leur intégrité , les conséquences déduites par M. Kirchoff de sa théorie et de ses observations. Nous admettrons que le soleil se compose d'une masse intérieure à l'état de liquéfaction ignée^ produisant presque toute la chaleur et toute la lumière dont le soleil est la source. Autour de cette masse intérieure existe une atmosphère très-puissante^ se partageant, selon nous^ en deux zones successives : la zone

de FRODROn DE OÉOLOGIB.

îaférieure pouTant conserver le nom de photosphère^ éL possédant une incandescence réelle qu'elle doit au voisinage immédiat ds U masse sous-jaceate ; la zone supérieure , diaphane et tout au plus lumineuse par réflexion.

En adoptant cette manière de voir^ on est amené, non à se baser sur Tobservation des taches solaires pour en déduire la coqstjtution du soleil , mais, au contraire, à expliquer les taches elles-mêmes en prenant pour point de départ, dans cette recherche, la constitution physique du soleil telle que nbu3 venons de l'admettre.

On a supposé que le soleil, par suite de son refroidissement, était arrivé au moment où une croûte allait se former à sa surface. Les taches noires résulteraient des parties un moment consolidées^ puis absorbées de nouveau par la masse incandes^

cente sous-jacente, et destinées à reparaître plusieurs fois avec dçs chances de conservation sans cesse croissantes. La rapidité aTec laquelle se forment et disparaissent les taches solaires jnend inadmissible celte explication, qui rappelle celle que La Hire a formulée il y a plus d'un siècle. Comment concevoir la solidification; par voie de refroidissement, de masses plongées au fond d'une atmosphère où règne une température assez élevée pour maintenir le fer à l'état gazeux? N'est-il pas naturel de penser que la formation d'une croûte solide à la surface du globe doit être précédée de l'extinction et de la condensa* tion partielle de l'atmosphère solaire? L'hypothèse que je repousse laisse, d'ailleurs, complètement en dehors d'elle les facAdes» leurs relations avec les taches obscures, et les rapports existant entre les pénombres et les taches noires.

Je suis porté à considérer les taches obscures comme pro-» venant de condensations opérées dans la photosphère et l'al^ moapbère solaires à la suite des mêmes circonstances qui

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