‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 5 sur 149 · CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL ET DE LA LUNE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL ET DE LA LUNE

produisent les nuages dans l'atmosphère terrestre. Gopirae ceux-d^ elles auraient un mouvement propre et obéiraieni^ en, même temps^ au moutement de rotation du corps auquel elles appartienaent.

Quant AUX Eaculcs ou tâches lumineuses^ elles proviendraient . d'éraptions volcaniques. Ces éruptions amèneraient des profondeurs du globe solaire^ c'est-à-dire des points pii ce^te iocandescence est plus prononcée^ des masses susceptibles de glisser, en vertu de leur moindre densité , sur la surface du soleil. Ainsi s'expliquerait le mouvement propre des taches lamineuses.

Les éruptions volcaniques du soleil seraient quelquefois accompagnées^ comme celles de notre planète^ de la formation de nuages constituant une sorte de couronne au-dessus du point ou de la région qui est le siège du phénomène. On e^pliqoerait ainsi comment les facules précèdent^ accompagnent et suivent même l'apparition des taches obscures. Remarquons , en outue, que ces mêmes circonstances doivent s observer dans. ^ la formation d'un nuage solaire sans éruption volciahiqué^ si Ton veut bien considérer la pénombre comriie résultant de la moindre condensation de la masse nuageuse , moindre condensation qui doit se produire sur les bords au nuage lorsqu'il est définitivement constitué, et qui doit se manifester dans toute sa masse au moment de son apparition et de sa dispa-

ntion.

• ■ ' *••■■■ Les détails dans lesquels je vais entrer, relativement a la

pénombre^ ont pour objet d'expliquer cette particularité que»

j'ai rappelée, lorsque j'ai dit que la pénombre allait en àug-*

mentant pendant que la tache se rendait du centre au bord

'•*■■•' occidental du disque solaire.

Dans chaque tache obscure , la pénombre résulte d'une

S8 '/'Ml', ilKorihbtaê DB GÉOLÔÔIE.

ihbiiillré' ôbtiOéxiktiàà dk là iifàtiè^e nuageuse. Ghiaque tache (^seAlë'ûAé'[iéDbnfifbrë'latei^]e ettmé pénombre suf^erflcielle pHfcée dtii"hL"fiitk dùpëHeafe^ dd ntiagtî. Celle-ci h une trèsgbhdë^dpàiy^Uf/patdB qîi^eHe résulte, non-seulemënt d'une i^b\ûârerm\iihililimn'délà tnàtlèré Côtidentée, mais' aussi, et sU^tôùi^dd ribterèeptiéti des' ra^on^ lumineux proTenantdu solèil'hii^niêta^e: ll>e'ttTéiné que dans beaucoup de nuages terrfki^\f(hé^fà(xi'\ntetiewè des tachés solaires se terminerait brusquement, d'où absence de pénombre sur cette face. L'abwneeâë'péhoklbtè serait rén<ïue plus sensible par les rayons dé ta tt^ësë liquide dû soleil venant se réQéchir contre la face înMrtèUre'ldanuag^ solait^, de même que dans une éruption terréstn^'/MItmiièrë produite par la lave contenue dans le ol^tèrrét vient éclëirer la face inférieure des nuages accumulés àU^ësytii'a^vôtean. ^

Gela posé, suivons une tache dans son trajet à tmvers le tiis(^ijfe^àSre:'torsqu''erte occupe le centre de ce disque, elle ^'IrMttflrt-'Qftifomiémertt entourée de sa pénombre latérale : quatii à^lalpétfômbre Superficielle, elle se confond avec la tache ellë-friêiiiè. Itorsqûê cette mêhie lâche atteint le bord occidentâl'M'dfs^ne/l^observateUr ne distingue rien de la pénombre Diléiîilé , t)àlsqiie la partie occidentale de cette pénombre est cadlitéè "tmt^ là' faëhe', tandis que sa partie orientale se confond avec elle : \à 'pénoihbré inférieure , c'est-ànlire celle qui est dlM^ëé''Vét^ le soVéil, h'exiàte pas : il n'y a de visible que la ^'nbr^br^' éxiiérieuVe ou superficielle, et l'amplitude de celle-ci croit à hiissùre que la tache se rapproche du bord occidental du disque 'solail*e.

''Plnsteui^ savants ont déjà rattaché plus ou moins directetti'êhl tk fôrmalion ' des tacher solaires à des éruptions volcaliîijjûèi, itfais'leiirs hypotbèses ont été présentées d'urte manière

CONSTITUTION PHTSirQ^. W Sqf^l^^ff;^ DE LA LUNE. Qf)

différente ds cdte ftue. je.vijeq^,d'|?mR!oîfirhffflWfif,r^ pbysioieii qui vivait avi calQl^eqceq)çpt.MC|^,4|ÇI;|l^içf;^i^f^, }f^ taches solairos sçyr^ient tovgoqrs ^es eQ]^^ 4'j^iru£^ÎQn^ Y^tf^ niques. Les fuoiéeSj 169 «corie^, prpjet^ cqf)sUtjg^iffPli,J% tache noire : Tapparitioa pliis tai|diT,eH(}|^i/34(T)in^&,,ft,idfiff laves incandescentes donnerait naissance. aux f^^qul^s.. Fjrançjs W<dla8ton> astronome anglais^ regardait l[e& lâchai i^p^i^es comuie des cratères de volcans^sitn^, sirr,]e9,S9imnjtéS:4es montagne^. > . ;. ;.-•.:! .ii(. .nJ

L'hypothèse des éruptions volcanjqpes est.fi9,,barn^oqie4Mee une circonstance que plusieurs £|çtronQineQ,pqtisigQflMe(4 te taches solaires se montreraient quelquefois, ^uriJesu montas points où d'autres taches auraient été antérj^n^eP9en|, pbsQi:^ vées. Il y aurait ^ à la surface du soleil pomme à (a 3urfoQ9,d6 la terre, des régions et même de grandes zopes e^^pti^Uefn^nt volcaniques. ....:,.

Les dimensions présentées par certaji;^ ta»qheç.nf^, .savent nullement en désaccord avec cette hypp^h^SQ,,Iffi,di2^n^fl de certaines taches est six fois plus grand que celui. A^e|l^ \^j;^; mais pour montrer que les proposons, sont, jl;^rg^ei;f^jgfi^^ dans rétendue des régions volcaniques terrestres ^ splw^ > rappelons qu'en- prenant pour unités le diamètre et jo vplyn?ff de la terre, le diamètre et le volume du soleil sont r^speclifve-; meni représentés par les nombres 1121 et 1 407 .l?4-

Je ferai remarquer^ en dernier lieu^ que, l'efcpliçQtion ,q|ji vient d'être donnée peut corroborer, mais ne saurait iq^r^QQ^r les résultats auxquels les observations réceptç» put ciopçlp|t f^lfitivement à la constitution physique du soleiK fUJ^e ne; dp^ p^s nous empêcher de croire que le soleil et ki terre opt prçfique la même constitution; mais la terre, biep plus pçtfte qp<;,fM^/ a parcouru plus rapidement les diverses p^ifiodçj? d,^ 39^1 re^rqir

70 f nODaOtfS DB GÉOtûGIB,

dissetnçnt. Depuis longiemps, elle a cessé d'être lumineuse par eHe*-ai^me;( et Tabaissemeat de température à sa surface a eu pour çonséciuence de la recouvrir d'une enveloppe solide et

obscure.

C'^st é(^alenieat p^r une différence de volume entre la terre et son satellite que l'on a heureusement expliqué l'absence d'atmosphère et d'océan autour de la lune. Celle-ci, étant d'un TQlumc moins considérable que la terre > s'est plus rapidement refroidie. Sa solidification est peut-être déjà presque (Çjonjiplèle, Voçéan qui l'entourait jadis a insensiblement dis- ^ru 5)ans sa masse: l"" par voie d'hydratation, c'est-à-dire de çombinaispn chimique avec ses roches constitutives; ^ par inibibitipn; 3'' à la faveur des cavités et des grandes Assures

; ■ ' . ''il'

existant dans la niasse de ta lunç. Je n'insiste pas sur cette naanjère de voir que j'aurai l'occasion de développer dans le

troisième chapitre de ce Livre.

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, imiM Coiisliie p é% compofittoii ci de tiraetore des .cocp* pl^nêtalrM.

,— Le^ coj^ps. du, système planétaire, à l'exception des comètes, p^^nt des trMts de ressemblance si nombreux qu'jil est per-i)p\i|s (|e> croire à leyr communauté d'origine. Tous ont une fo^me pphérique. : tous portent plus ou moins l'indice d'une |)|9ute,t^ dans leur masse.

^ ..Tputes les planètes circulent autour du soleil de Topcident à l'oriçf>ti,et|d^s des plans qui forment entre eux des angles pen, considérables^ Lesi satellites se meuvent autour de leiurs lijteipètés respectives, comme les planètes elles-mêmes a):itaur diu^lçil, c'esH'dire de l'occident à l'orient» Les planètes^ eppfx, et les satellites dont on a pn observer les naouvements d§ rotatioo, tournent sur leurs centres de l'occident à l'orient, ^t,ppur la, plupart dans le plan de leur mouvement de tianala*

UNITÉ D'ORIOmS DES CORPS FLAMÉTAIRES. 7f

tk». Or, dit Arago, en rappelant les faits précédents , lé catctti des probabilités montre qu'il y a plusieurs milliards à pari^ contre un y que cette disposition du système solaire n'est pa9 QD effet du hasard : il faut donc admettre qu'une cause physique primllÎTe dirigea tous les mouTements des planète» ao moment de leur formation.

L'analyse chimique n'a pas encore dénoté dans les aérolite» aocone substance qui n'existât déjà sur la surface de notre» planète. IVan autre côté^ l'étude du spectre solaire a conduit M. Ktrchoff à reconnaître dans la composition de ^atmosphère solaire quelques-unes des substances appartenant à notre planète : ce sont le fer^ le nickel^ le chrome^ le potassium^ le sodium et le magnésium. Je ne crois pas inutile de mentionner en peu de mots en quoi consiste la découverte de M. Rirchoff.

Toute Inmière proyenant d'un corps incandescent donne 1)011^ par sa décomposition ^ à un spectre continii lorsque ce corps est solide ou liquide. Si le corps est gazeux, le spectre présente des maxima et des minima constituant des bandes brillantes. Le nombre et la dispoffltion des raies brillantes est en relation avec la nature chimique de la substance qui colore la flamme produisant le spectre i le spectre du fer^ par exemple^ est coupé^ depuis le jaune jusqu'au violet^ de nom^ brenses lignes parfaitement brillantes. En plaçant^ derrière la flamme y du carbonate de cbaux incandescent (b) , les ri^ies brillantes se changent en raies obscures ou de Praûnbofer. Si Ton pouvait apercevoir le spectre de l'atmosphère sotdre » on y reconnaîtrait les bandes brillantes qui caractérisent les métaux constitutifs de cette atmosphère. Mais l'intensité lumi*' Beuse du neyail du soleil renverse le spectre de l'atmosphère solaire, elle en donne une image négative, dans laquelle les rries obscures viennent remplacer les raies lumineuses, (f est

7% PRODROltE DB GÊOLOCHE.

idiiri que la double raie noire D de Praûnhofer^ l'une des plus' marifuées dn spectre solaire^ vient remplacer la ligne brilUnte dû sodium.

Le fer paraît être la substance la plus répandue dans le système planétaire. Non-seulement il forme Télément essentiel des aérolites et un des éléments constitutifs de l'atmosphère solaire^ mais il se présente encore dans tous les terrains^ éruptifs ou sédimentaires^ dont Técorce terrestre se compose depuis les plus anciens jusqu'aux plus récents. Divers motifs que noue indiquerons plus tard autorisent à penser qu'il forme ufiie massé continue dans Tintérieur du globe.

Cette similitude de composition chimique entre les différents corps de Tespace se joint aux autres rapports que nous avons vus exister entre eux et met en évidence leur eommimauté d'origine. Les preuves que j'ai énumérées pour démontrer cette communauté d'origine, donnent en même temps une grande valeur à Thypothèse en vertu de laquelle notre système tout entier aurait primitivement formé une nébuleuse. C'est cette hypothèse^ admirable par sa simplicité, que nous prendrons pour point de départ dans les considérations cosmogoniques qui feront l'objet du troisième chapitre de ce Livre.

Météoret eotnil^Qeft : aérollfes » l»oil4et , étoiles fllantcfl. ^ Pour

terminer ce tableau du système solaire , disons quelques mots des météores cosmiques.

Les aérolites sont composés de fer^ de nickel^ de cobalt^ de manganèse^ de chrome^ de cuivre^ d'arsenic et d'étain^ de cinq terres^ et^ enfin, de potasse, de soude, de phosphore et de carbone. En donnant^ d'après Berzélius, cette liste qu'il faut compléter par l'addition du soufre et de l'azoCe, Humboldt

UtrÈOKBS €OS|nQUSS« 73

bit reoiarquer qu'alla comprend le Uens du jMsn]ire'di|9 corpa simples actuellement connue Aucune substance a'estétmnr gère à notre globe : pourtant , fait observer Hauteutidti Cosmos, les aérolites présentent, dans la manière dont cea éléments sont combinés, un aspect étranger à notre globe.:! le ièr, à réiat natif, qu'on renconUre dans presque toufl les aé«oliles, leur imprime aussi un caractère tout à fait spécial. • '

Plusieurs hypothèses ont été successivement émises relatîvement à Torigine des aérolites. €elle de leur formafion tdabs notre atmosphère par l'agrégation des substaoûes' qai.y>s^ raient tenues en suspension est inooncitiable' avec la- ptrésenee de cristaux dans leur masse. Les aércdites acquièrent d^aiUeurs un volume considérable qui achève de rendre cette eloplkalion complètement inadmissible : la masse météoriqnende Bahia, dans le Brésil, et celle d'Otumpa, dana le Gh0ooi,<ont, Tune deux mètres et l'autre deux mètres et demi de longueur.

Laplaoe voyait dans les aérolites des pierres l^çcées pan les volcans de la lune. On a calculé quelle devrait être la vitesse initiale d'un corps s'éloignant du satellite de. notre pbnète pour qu'il parvint jusqu'à nous. En tenant compte de l'absence d'atmosphère autour de la lune et de la moindre masse de ce satellite comparée à celle de la terre, Olbers, Biot^ Laplace et Poisson sont respectivement arrivés aux nombres 2 527, 2 5i4, 2 396 et 2 314 mètres par seconde. Cette vMesse initiale n^a rien de bien extraordinaire pour celui qui se wfpelle que la vitesse d'un boulet à la sortie du canon est d'environ 400 mètres par seconde : la plus grande vitesse.* des pierres lancées par le Vésuve est de 406 mètres, et celle des pierres lancées par le Ténériffe est de 975 mètres par seconde. Les volcans de la lune ont des dimensions bien autrement grandes que ceux de la terre, et leur force de.pnQpulsion,

74 PRODHQHIC DB âÉOKMMB.

lorsqtilld entrant oa lorscfuMls entraient en tctiTité, s'ils «ont complètement éteints^ doit être plus considérable.

Mais nne pierre lancée de la lune avec une vitesse initiale de 1 500 mètres n'arriverait à la surface de la terre qu'avec iifie vitesse de (mte kilomètres par seconde^ et par conséquent bien plus faible que celle des aérolites. La vitesse des météores cosmiques est toute pMnétaire : le calcul de la vitesse des bDlides dont la trajectoire a pu être déterminée donne un mini«mum de 9 700 mètres^ un maximum de 16 000 mètres et une mc^enne de fi9 900. Pour qu^un corps lancé de la Imie arrivât à la' surface de la terre avec une vitesse de 37 000 mètres^ il devrait avoir une vitesse initiale de 39 000 mètres.

L'identité des aérolites et des bolides acbève de démontrer rhnpossIbiNté de leor origine sélénitique. Les boli^fes sont de» globes de feu qui traversent notre atmosphère en répandant un fit éclat : leur forme est circulaire^ et ils offrent souvent un diamètre sensible : quelqnefois ils éclatent en fragments^ (|ui:Sont précisément des aérolites^ et c'est pour cela que oeux«« ei n'offirent jamais une forme arrondie. Or^ les bolides ont souvent des dimensions trop considérables pour qu'on admette un seul instant que les volcans de la lune aient pu lancer dans Fespace de tels projectiles : un bolide vu k Paris et à Reims, le i8 août iMl^ avait, d'après M. Petit, m diamèitre réel de 3 900 mètres.

Les étoiles filantes sont des bolides qui, par suite soit de leur moindre volume, soit de leur plus grande élévation, ne se présentent à la vue que sous la forme d'un trait enflammé et sans épaisseur, glissant rapidement sur la voûte étoilée. « Alors même, » dit Arago, « qu^on voudrait prendre une grande partie de la vitesse des bolides pour une illusion , résoltant de ce que la direction générale de leur mouvement est

BfÉXÊdl&ES C08MIQUB8. 75

en sens inverse de celui de la terre, il reste encore, pour esprimer la Titesse réelle de ces phénomènes, des niCNQQbres aases grands pour qu'on puisse regarder les bolides comme animés dans Tespace d'un mouvement tellement rapide qu'on doive admettre la possibilité de Téternelle continuité de leur course à travers Tespace. Quoique ces masses cosmiques passent dans le voisinage de notre atmosphère , elles n'éprouvent souvent d'autre effet de l'attraction du globe terrestre qu'une modifia cation dans les excentricités de leurs orbites. »

On ne saurait mettre en doute l'origine cosmique des aénK liles^ ou plutôt des bolides dont ils proviennent j mais ce point établi, il reste à rechercher s'ils sont les débris d'une planète qu'un événement subit aurait détruite, ou les futurs éléments d'Une planète en voie de formation* Entre ces deux hypo^ thèses^ s'en place une autre plus en harmonie avec nos idées sur l'équilibre définitif du système dont le soleil est le c^tre, et cette hypothèse consiste à voir dans les bolides des masses l^nétaires absolument semblables aux autres, datant de là flwme époque et ne s'en distinguant que par leur moindie yfokMBÊÈe : ce sont des planètes microscopiques ou, si Ton vent^ des planéticules.

C^ petites planètes s'enflamaient pendant leur rapide paft^ sage dans notre atmosphère, et le vernis noir dont les aén> lites sont recouverts est le résultat d'uue fusion superficielle s'effectuant dans leur rapide trajet. La difficulté qu'on oppo* sait à cette explicatioa en se basant sur la faible élévation de l'atmosphère disparait, si, d'après les (riiservations et l'opinion de H. Liais, on accorde à cette atmosphère une puissance bien plus giaiMle q/m celle qu'on lui a supposée jusqu'à ce jour. Les énormes parallaxes d'étoiles filantes déterminées au moyeo d'observations simultanées faites à Rome et à Givita-'Veochia,

76 PRODROME DE ÛÉOtOOIE.

avec le concours du télégraphe électrique^ par le P. Seoêfaj^ prouve tit que ces météores sont dans les limites de Tatmo»phëre. Les aérolites n'offrent pas tous la même composition^ et c'est peut-être à cette circonstance qu'il faut attribua la différence de coloration des étoiles filantes.

Je terminerai ces considérations sur les aérolites par quelques mots sur leur existence problématique dans les temps anciens. Jusqu'à présent^ ils n'ont été rencontrés qu'à la sur* face du sol ou dans les alluvions. Dans l'état actuel de nos connaissances^ on ne peut faire remonter leur existence au delà de celte période que nous avons distinguée^ dans l'Introduction^ sous le nom de période diluvienne. Il est nécessaire d'attendre encore avant de déclarer si l'absence des aérolites fossiles est réelle ou apparente. Il se peut^ en effets qu'une circonstance heureuse en fasse retrouver des traces dans des terrains anciens. Il se peut aussi que les aérolites^ surtout ceux qui sont tombés dans la mer^ et qui avaient , par suite d'une sorte de fossilisation^ le plus de chances de se montrer à nous, aient été détruits sous l'influence chimique de l'eau et des substances qu'elle tient en dissolution. Si^ comme c'est probable^ l'absence des aérolites pendant les temps anciens est reconnue réelle {c)y il n'y aura là rien qui doive nous étonner et nous conduire à supposer que des changements ont été apportés dans les lois qui régissent notre système planétaire. Une très-faible déviation dans l'orbite suivie par l'essaim d'astéroïdes d'où nous viennent les aérolites a pu suffire^ en effets pour en rapprocher une faible partie de la sphère d'action de la terre.

lofloence de la constltatlon do Byitème planctatre «vr les vbéBdiiièiiM

g«oiofi«iics. — 1<» La terre se trouve placée dans un milieu dont la température très- basse agit sur presque tous les* phéno-

INFLUENCE DU SYSTÈME PJÇJkNiTAIRE ^ ETC. 77

iiièoes géologiques; le plus important de tous est la formation de l'écorce terrestre elle-même : citons encore la production des glaciers, la condensation de Feau qui tend à s'éloigner de la suiface du globe par voie d'éyaporation , etc.

^ Par suite du froid de l'espace interplanétaire^ toute Teau qui existe à la surface de la terre passerait à l'état de glace. Mais ce froid est en partie contrebalancé par la chaleur provenant du soleil. Celte chaleur permet à l'organisme de prendre tout son déTeloppement. En même temps ^ elle exerce une grande influence sur les phénomènes géologiques^ puisque c'est elle qui , par des différences d'intensité en relation avec le jour, la nuit, les saisons, les latitudes et les climats, imprime à l'eau répartie à la surface du globe les mouTements qui en font l'agent géologique le plus universel et le plus puissant , quel que soit l'état solide, liquide ou gazeux, sous lequel elle fonctionne. Grâce à la chaleur solaire, l'eau passe à l'état de nuage ^ se transforme en pluie, et donne naissance aux cours d'eau qui sillonnent chaque contrée. Sans les variations dans la température de l'atmosphère, un statu quo presque complet régnerait à la surface du globe , et ne serait troublé qu'à de rares intervalles par les mouvements de l'écorce terrestre,

3» Le soleil exerce, en outre, concurremment avec la lune , une puissance attractive déterminant le phénomène des ma-' rées qui, au point de vue géologique, a une si grande importance.

4<» La forme de la terre est le résultat de son état primitivement fluide par suite d'une cause cosmogonique , et se trouve en relation directe avec son mouvement de rotation.

5» L'axe de rotation de la terre est incliné sur le plan de son orbite : cette inclinaison est de 6&' 32', c'estrà-dire pas assez forte pour que les saisons offrent dans leur température des

78 PRODROUB D8 OéOLOOTB.

diiFérenoes considérables ; assez prononcée pour que la terre ne jouisse pas , durant toute Tannée ^ d'uoe température constante à toutes ses latitudes.

Dans rhypotbèse de la perpendicularite de Taxe^ les jours seraient pendant toute Tannée et sur toute la terre égaux aux nuits. La température serait constamment la méme^ pendant toutes les saisons, pour chaque région, mais yarierait, dans le sens des méridiens, des pôles à Téquateor comme cela s'observe actuellement. Il a éte dit à tort qu'un printemps perpétuel régnerait sur toute la surface de la terre. La zone torride et la zone tempérée gagneraient en largeur aux dépens de la zone glaciale, qui cesserait d'exister et d'où disparaîtraient les glaces étemelles.

Si, au contraire. Taxe de rotation de la terre était parallèle au plan de Técliptique, la majeure partie de chaque hémisphère passerait par des hivers et des étés de plusieurs mois. Pendant Tête, le soleil ne cesserait de darder directement ses rayons sur un hémisphère destiné à être ensuite privé de sa vue durant tout Thiver. A une température dont les chaleurs sénégaliennes ne sauraient donner une idée succéderait un froid plus intense que celui qui sévit dans les r^ons polaires. Pendant la longue nuit qui, pour chaque hémisphère, consIHuerait Thiver, une coucbe continue de glace retiendrait prisonnières les eaux de l'océan, et couvrirait le sol, jusqu'au pied des montagnes enveloppées elles-mêmes, d'un épais manteau de neige.

Le lecteur saisira sans peine les différences que les deux états de choses qui Tiennent d'être comparés apporteraient au développement de Torganisme. Quant au mode de manifestation des phénomènes géologiques, dans l'hypothèse d'un axe perpendiculaire à Técliptique, il varierait fort peu poer

FORME QÈfiiRAUL BK J^À TERRE. 70

chaque région de la terre et d'uœ saisoD à Tautre : leB phéaornènes glaciaireSi doot Tétude est d'un si haut intérêt^ ne sa produiraient nulle part. Dans le cas du parallélisme de Ta^^e de rotation par rapport au plan de Torbite, l'immense joappe de glace et de neige recouvrant, dans un moment donné, tout OD hémisphère y se fondrait au retour du printemps; puis^ pendant Tété^ subirait une évaporation complète pour retourner dans l'hémisphère d'où elle serait venue. Cette évapo* ration ne cesserait qu'avec l'entier dessèchement des mers et avec la calcination du sol. L'homme^ ni aucun être organisé^ ne sauraient résister à ces conditions climatologiques et encore moins à leur aliernative. Mais ce qu'il nous importe de re^ marquer, c'est que les phénomènes géologiques offriraient un mode de développement tout différent de celui qu'ils ont maintenant : les phénomènes d'érosion et de transport^ par exemple, se manifesteraient sur une échelle immense.

4c la itm. — Platon disait que la terre avaii uae forme sphérique, parce que c'est la plus parfaite de toutes. Les mathématiciens modernes ont reconnu à la forme de la ierre une raison d'être moins contestable, et ils ont démontré qae cette forme était précisément celle que prendrait un corps fluide, ayant la même masse et le noême mouvement de rotation que notre planète : ils en ont conclu que le globe était, lors de son origine, à l'état de liquéfaction ignée et que cet état avait persisté, dans sa masse interne, jusqu'à notre époque.

Cette dernière conclusion a été attaquée par plusieurs physiciens : je vais mentionner leurs objections, qui cooQrment d'ailleurs au lieu d'infirmer l'influence exercée par le mouvement de rotation de la terre sur sa forme générale.

80 PBODROME DE OiOLOGIK.

Playfair admettait qu'une planète^ quelle qu'ait été sa forme à son origine, finit par coïncider ayec le sphéroïde d'équilibre. La forme actuelle de la terre^ dit aussi John Herschel, est celle qu'elle tend à prendre par suite de sa rotation, et qu'elle prendrait alors même qu'originairement et en quelque sorte par erreur, elle eût été constituée autrement. Sir Lyell pense que la figure d'équilibre du sphéroïde terrestre peut être le résultat de causes graduelles et même de causes encore existantes, et non celui d'un état de fluidité primitive^ uniTerselle et simultanée. Parmi ces causes actuelles, il place l'action volcanique et il montre la lave, soit déjà projetée à la surface du globe, soit emprisonnée dans son écorce^ intenrenant dans l'action qui imprime à la terre sa forme

générale.

L'opinion successivement exprimée d'une manière toute hypothétique par Playfair et John Herschel, et d'une manière presque positive par sir Lyell, ne manque pas de justesse et semble jeter quelque doute sur la relation entre la cause et l'eflèt, c'est-^-dire entre l'état primitivement liquide du globe et sa forme actuelle. Toutefois, je n'attache pas à l'idée émise par Playfair plus d'importance qu'elle n'en mérite, car bien d'autres motifs ne permettent pas de mettre en doute l'état d'incandescence de la masse interne du globe et la cause de cette incandescence. Je la signale parce qu'elle nous montre déjà un fait dont nous aurons bientôt l'occasion de reconnaître l'exactitude : c'est que tous les raisonnements qui servent de point de départ à nos connaissances sur Télat de la masse interne de notre planète ne sont jamais à l'abri de toute contestation plus ou moins sérieuse. En outre , cette idée a l'avantage de mettre en évidence l'action de nivellement exercée par l'eau sur la surface du globe.

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