‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 46 sur 149 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

STRUCTURE GÉI9BRALB ET PUISSANCE DE l'ÉCORGE TERRESTRE.

Epaisseur de l'écorce lerrestre. — Puissance probable de la pyrosphère. — Accroisse meot en puissance de l'écorce terrestre pendant les temps géologiques. — Structure intérieure de la croûte du globe : absence de cavités dans sa masse : hypothèse d^une atmosphère souterraine. — LMcofCi terrestre est parcourue» dans le sens vwtical, par des fissuras dont rentrecroisement dessine un réseau régulier : réseau peutagonal. — Comment les fissures qui divisent Técorce terrestre et le réseau qu'elles constituent viennent s'accuser à la surface du globe. —La croûte du globe est formée de fragments prismatiques juxtaposés.

ée récorce terrcMre. — La puissance de récorce terrestre est fonction : \^A\\ mode dont la chaleur se distribue Ters la périphérie du globe; V du point de fusion des substances qui existent en deçà de la pyrosphëre; 3° de la nature des masses rencontrées par la ligne de séparation entre la pyrosphëre et Técorce terrestre.

En ce qui concerne le mode de distribution de la chaleur Ters la périphérie du globe Je renverrai le lecteur au deuxième chapitre du livre précédent.

Quant au point de fusion des substances situées en deçà de la pyrosphère, Je rappellerai d'abord que^ d'après Mitscberlich , on a beaucoup exagéré les températures auxquelles les substances métalliques entrent en fusion : la flamme de Thydrogène brûlant dans Tair n'a que 1560'' C; dans cette flamme^ le

platine entre en fusion. Le granité fond à 1300 degrés enyiron^ c'est-à-dire à une température inférieure à celle du fer doux; le fer le plus réfractaire fond à 1600 degrés : le fer est pourtant au nombre des métaux les moins fusibles. La température employée pour la fusion de la fonte et développée dans les fours à réverbère n'atteint pas 1700 degrés. La chaleur produite dans les hauts-fourneaux suffit pour amener la fusion des guangues quarlzeuses et autres dont le minerai est accompagné. La présence des fondants facilite, il est vrai^ cette fusion^ mais ceux-ci existent également vers la périphérie du globe^et les effets qui se produisent dans les hauts-fourneaux doivent également se présenter au-dessous de Técorce terrestre.

Quant à la composition générale des masses qui^ vers la périphérie du globe^ se superposent les unes aux autres^ il nous suffit de rappeler qu'au-dessous des terraius de sédiment se trouve une zone très-puissante, qui constitue la majeure partie de récorce terrestre , et que nous avons appelée zone granitique. Les phénomènes éruptifs n'amènent plus de roches granitoïdes à la surface du globe; nous en concluons que cette zone est entièrement solidifiée; ce n'est donc pas en elle que se trouve la limite inférieure de l'écorce terrestre.

Au-dessous de la zone du granité^ se place celle qui^ déjà en voie de solidification^ est le siège des phénomènes volcaniques, et d'où proviennent les laves qui s'épanchent à la surface du globe. C'est dans cette zone volcanique qu'il faut placer la limite inférieure de l'écorce terrestre. Cette limite se trouve peu au delà du point de séparation entre les zones volcanique et granitique , car les éruptions de roches exclusivement volcaniques datant d'une époque assez récente^ il en résulte que la totalité de ces roches actuellement solidifiées doit être peu considérable (voir fig. 6 et page 265).

PUISSANCE DE l'ÉCORCE TERRESTRE. 249

Le point de solidification de la lave est à 6S0® environ : Tépaissearde Técorce terrestre dépend^ par conséquent^ du point où règne celte température.

Si maintenant^ le lecteur veut bien se reporter à la page 110» il verra que cette température se trouve ^ dans le cas d'un accroissement de chaleur par progression arithmétique ^ à une profondeur de 22 kilomètres, et, dans celui d'un accroissement de chaleur par progression géométrique ^ à une profondeur de 23 kilomètres. Les deux hypothèses qui se sont présentées à nous, lorsque nous nous sommes demandé quelle était la loi de raccroissement de température dans Tintérieur du globe > conduisent à des résultats presque identiques. Cetaccord, auquel nous attachons une grande im|K)rtance9 provient de coque le point de fusion de la lave est indiqué par un nombre qui^ sur les deux échelles du tableau de la page 140, se trouve presque au même niveau. Il disparaîtrait tout à fait dans le cas où le point de fusion de la lave serai t. tout autre que ce qu'il est réellement. Il disparaîtrait encore dans le cas où Ton emploierait, pour raison de la progression géométrique, un autre nombre que celui que nous avons adopté. Le choix de la raison de cette progression est arbitraire, mais seulement dans une certaine mesure. Cette raison ne saurait, en effet, être bien supérieure ou bien inférieure à l'unité, sans rapprocher ou éloigner la pyrosphère d'une quantité que le raisonnement et les observations faites dans le voisinage du globe rendent inadmissible.

On devrait supposer à Técorce terrestre une plus grande puissance dans le cas où la ligne de démarcation , entre cette écoTce et la pyrosphère , se trouverait encore dans la région occupée par le magma granitique. Le granité, devenant fluide à la température de 1300 degrés environ, la limite inférieure

2S0 FRODIOMB m GÉOLOGIE.

de récoroe terrestre exiitenût à une profondeur de S8 kilomaires, dans le cas d'une progression géométrique, et à 45 kUth mètres , dans celui d'une progression ariflunétique. Dans les deux cas 9 le résultat obtenu s'écarte beaucoup de celui auquel nous sommes parvenu tout à l'heure. C'est même en admettant une écorce terrestre , exclusivement granitique dans sa partie inférieure, que plusieurs géologues ont été conduits à accorder à cette écorce une puissance considérable; quelquesuns ont porté cette puissance à 48 kilomètres. Mais il n'est nullement probable que le granité persiste à une si grande profondeur. Cette roche, ayant une origine hydro-thermale, ne s'est formée que jusqu'au point où l'eau a pu pénétrer, c'est^dire, à une foible distance de la surface du sol. Là où l'eau ne pouvait arriver, il se formait, non pas du granité, mais des masses volcaniques ou ignées proprement dites. C'est donc i une faible profondeur, et dans une masse d'origine exdosive-* ment ignée, que se trouve la limite inférieure de la croûte du globe, et nous admettons, conformément à l'opinion déjà exprimée par Beudant, que l'écorce terrestre cesse à 30 kilomètres de la surface du sol^ à cette profondeur, dit-il, même en n'admettant qu'un accroissement de chaleur de un degré par trente mètres, il règne une température de 666 degrés, à laquelle la plupart des silicates sont en pleine fusion.

Les divers mouvem3nts auxquels l'écorce terrestre cbéit, sa souplesse, sa mobilité, nous disent assex que l'envetoppe solide du globe est très-mince. Ces mouvements sont presque tous le contre-coup de déplacements correspondants dans la pyrosphère. Evidemment, plus il sera permis de considérer l'écorce terrestre comme ayant une faible épaisseur, mieux on pourra s'expliquer l'action dynamique que la pyrosphère exerce sur elle. La souplesse et la mobilité de Teuveloppe solide du globe

PUIFSÀNCB DE L'ÉCORCB TBRRE6TRE. 251

80Qt^ par cooséquent^ des raisons qui plaident en faveur de ropinion qui accorde à celle enveloppe une faible puissance.

On Yoît que le foyer de chaleur constitué par la pyrosphère est très-rapproché de nous. Mais Técorce terrestre se compose de substances conduisant très-mal le calorique, analogues au marbre et à la brique, dont le degré de conductibilité a été approximatiTement évalué à 24 et à i%, celui de Tor étant 1000. Go conçoit mieux que cet écran arrête dans son passage tout afflux de chaleur si l'on a égard à ce qui se passe autour de nous. Une mince couche de cendres, interposée entre un charbon incandescent et la main, met celle-ci à Tabri d'une brû* lure; au sommet de l'Etna, des amas de neige, recouverts de cendres volcaniques et reposant sur la lave refroidie, se trouvent ainsi préservés de la fusion que la chaleur de l'intérieur du Tolcan et celle du soleil sembleraient devoir déterminer.

U est une autre objection que l'on pourrait faire à l'hypothèse d'une écorce terrestre très-*raince. Par suite de la dififiérence de niveau entre les points trè^profonds de l'océan et le point culminant de l'Hymalaya, ce massif devrait s'affaisser sur lui-même et obliger le fond de l'océan à s^exhausser dans une région plus ou moins éloignée. Le point le plus bas auquel on ait fait descendre la sonde est à une profondeur de 91U mètres : il se trouve à 900 milles à l'ouest de Tile Sainte- Hélène (Voyage du capitaine Ross). Le pic le plus élevé de l'Hymalaya est à 7840 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il existe donc, entre le point le plus bas et le plus élevé de la surface du globe, une différence minimum de près de n 000 mètresi de sorte que si, par le point le plus bas, on sup« pose un cercle, ayant le même centre que la terre et passant au* dosoua de l'Hymalaya, ce cercle qui, dans un cas, touche la face

352 PRODROHE m, GÊOEjOGIB.

supérieure de Técorce terrestre , ne se trouvera , dans le voisinage de ce massif montagneux^ qu'à 3 kilomètres au-dessus de la face inférieure , supposée parallèle à l'autre face.

A l'objection qui vient d'être signalée, il est permis de répondre qu'il existe une différence de densité très-considérable entre les matériaux dont lecorce terrestre se compose et ceux qui constituent la pyrosphère ; cette circonstince rend insignifiante la différence de pression qui devrait résulter de la différence de niveau. Ajoutons que la face infjrîeure de l'écorce terrestre s'infléchit en même teni|)s que la face su|)érieure et que récorce terrestre conserve partout à peu près la même puissance. Ces diverses inflexions peuvent être comparées à des voûtes dont toutes les parties se soutiennent mutuellement avec d'autant plus de facilité que la niasse sous-jacente qui les supporte permet de voir en elles des voûtes qui n ont piis encore été débarrassées de leur échafaudage (voir flg. 6).

raiMMce pr«teMc tfc la pyraipfctw. — La py rosphère commence à la limite inférieure de l'écorce terrestre, c'est-à-^ire à 30 kilomètres environ de profondeur. Elle cesse au pointoù la matière lavique, en se (lénétrantde plus en plus de matière ferrugineuse, se trouve pres4|ue exclusivement formée de fer. Rien ne nous dit à quelle profondeur le fer devient le seul élément constitutif du glot>e. L'appréciation que je vais émettre est un minimum, dans ce sens qu'elle indique seulement la profondeur où se place la zone en deçà de laquelle le fer ne peut se maintenir à l'état fluide. Le fer se solidifie à 1600 degrés environ : il en résulte que le commencement du nucléus ferrugineux doit apparaître, d'après le tableau de la page iiO, à une profondeur d'un peu plus de 50 kilomètres^ dans le cas d'un accroissement de chaleur par progression arithmétique, et de moins de

ACCROISSEMENT DE l'ÉCORCE TERRESTRE^ ETC. 253

30 kilomètres y dans le cas d'un accroissement de chaleur par progression géométrique. Ici^ l'emploi des deux progressions est loin de nous donner des résultats aussi concordants que pour la puissance de Técorce terrestre. Du reste ^ il ne faut attacher qu'une faible valeur à ces appréciations^ dont l'exactitude plus ou moins grande n'importe nullement à la géologie.

AcerolMeoMiic» en polMance, de Fécoree lerreslre pendant lei temps

teMofHinec. — Je dois rappeler ici un fait dont j'ai plusieurs fois parlé et que je considère comme fondamental en géologie : c'est que, pendant toute la durée des temps géologiques^ l'écorce terrestre n'a pas cessé un seul instant de croître d'épaisseur aux dépens de la pyrosphère dont les zones supérieures sont venues, en se solidiGant^ s'adapter contre la face inférieure de la croûte du globe.

Cet accroissement de puissance dans la croûte du globe persistera jusqu'à ce que notre planète soit passée^ en totalité^ à l'état solide. Dans le passée il a réagi sur un grand nombre de phénomènes géologiques. Une même impulsion imprimée à la croûte du globe déterminera^ de nos jours, une gibbosité bien plus prononcée que pendant les premiers temps géologiques : aussi; les inégalités existant à la surface de la terre ont-elles été en croissant avec l'âge de notre planète, de sorte que les massifs montagneux sont d'autant plus élevés qu'ils appartiennent à une époque plus récente. La chaîne des Pyrénées a surgi avant celle des Alpes et a|>rès celle des Vosges; elle est intermédiaire entre l'une et l'autre, non- seulement pjir l'époque de son élévation déflnitive, mais aussi par son altitude. Parmi les autres conséquences de l'augmentation en puissance de la croûte terrestre, je signalerai un ralentissement progressif dans l'action geysérienne; je signalerai encore

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STRnCTlTRE INTÉRUilBB DE LA CROUTE DU GLOBE. S55

restre et à ioiiks se9 profondeurs^ l'eKisteiice de yastes cavités. On a été jusqu'à supposer^ entre Técorce terrestre et la zone où la matière est à l'état de liquéfaction ignée^ une sorte d'atmosphèie 8ouLQrraine> où Ton a placé la cause des tremblemeats de terre.

Ces hypothèses ne peuvent supporter un examen sérieux^ et, si le lecteur s'est bien pénétré de ce que nous avoiiMS dit sur le mode de formation de l'écorce terrestre, il sera conduit à ne leur attacher aucune importance.

L'écorce terrestre a dû, dès son origine, s'adapter exactement à la pjTOsplière, et, à vrai dire, on ne sait pas s'il existe une ligne de démarcation bien tranchée entre l'une et l'autre : probablement, la 2oae inférieure de la croûte du globe, dans sa partie voisine de ia pyrosphère, ne passe de l'état solide à l'étai liquide que par des transitions insensibles. Lorsque, par suite d'un mouvement de retrait ou de causes diverses, l'écorce terrestre subit quelques fractures^ la matière pyrosphérique, à l'état de lave ou d'émanation gazeuse, pénètre dans fes vides nouvellement produits, et, en s'y refroidissant, tend à former une sorte de soudure qui rétablit les choses dans leur état primitif. Ceci n'implique nullement que l'écorce ter** restre forme une masse rigoureusement compacte. £lle est parcourue intérieurement [lar des courants d'eau, et ce système de circulation^ se prolongeant presque jusqiies au contact de la pyrosphère, suppose l'existence de fissures se croisant dans tous les sens. Vers les parties supérieures de l'écorce terrestre, ces tides contribuent à former les cavités qui, dans les contrées jurassiques, sont tantôt des réservoirs d'eau inépuisables, tantôt des grottes, objet de TaJmiration des toiir'stes. D'autres cavités existent probablement dans les conduits des volcans éteints : la lave, après avoir obstrué le cratère par où elle s'é--

tait livré un passage^ a pu^ en s'affaissant sur elle-même^ avant sa complète solidification^ laisser des espaces vides.

li'écoree lerreilre est pareoumC) dans le Hcns Tenlcal, par des fltaarct dont rentrecrolsement destine nn resean réfuller. — Un deS Caractères essentiels de Técorce terrestre est de présenter dans toute sa masse des fentes ou fissures^ qui la traversent dans le sens vertical et qui permettent de la considérer comme formée de morceaux placés et^ pour ainsi dire^ collés les uns contre les autres.

On peut aisément se rendre compte de la formation de ces fissures^ si Ton se rappelle que l'argile, en se desséchant^ se divise en fragments prismatiques, séparés les uns des autres par des fentes, dont la largeur va croissant pendant que Teau déserte le corps où elles se manifestent.

Le même phénomène s'est produit dans le magma granitique, à mesure qu'il a perdu son eau d'origine et que sa température primitive s'est abaissée. La contraction progressive de ce magma a eu i)Our résultat l'apparition de fentes de même nature que celles qui se montrent dans l'argile desséchée ou même à la surface des corps recouverts d'un vernis.

Ce phénomène de retrait s'est encore produit dans la zone sous-jacentc au magma granitique, c'est-à-dire dans celle qui s'est constituée aux dépens de la pyrosphère actuelle et qui ne contient qu'une faible prof)ortion d'eau. Le retrait, dans la zone sous-granitique, a été la conséquence de la solidification de masses d'abord à l'état de fusion ignée, et peut se comparer à celui en vertu duquel le bas.-ilte se divise en colonnes prismatiques. Les roches diminuent également de volume en passant de l'état vitreux à l'état cristalUn ; d'après les recherches de M. Delesse, la contraction des roches par voie de cristallisation est souvent égale à un dixième de leur volume.

L'ÉCORCE TJtRRESTAE EST PARCOURUE ^ ETC. 257

Les fissures produites dans Técorce terrestre déterminent, par leur entrecroiseuient, un réseau dont nous allons recber- ' cher la forme. D'après M. Elie de Beaumont, a les effets de la oantraction de la masse interne du globe ont une analogie sensible avec ceux du retrait qui a produit la division du basalte en prismes à -3^ à A, et plus souvent encore à 6 faces. Le basalte se divise en prismes hexagonaux, parce que le triangle iqwlatéral, le carré et Yhexagone sont les seuls polygones réguliers qui puissent servir à diviser un plan en parties toutes égales entre elles, comme on lé voit dans les appartements carrelés; et que, parmi ces trois polygones, Thexagone est celui qui a le plus grand nombre de côtés et \q périmètre minimum pour une surface donnée. Mais, à cause de Yexcès sphérique, la sphère n'est pas divisible en hexagones réguliers ni en quadrilatères à angles droits; elle ne peut être divisée par des arcs de grands cercles qu'en triangles équilatéraux , en quadrilatères à angles de i^O degrés et en pentagones régtdiers. Le pentagone remplace ici l'hexagone; de là l'introduction du

nombre 5, et les diverses combinaisons qui en résultent

Un triangle sphérique équilatéral ayant nécessairement (i), à cause de l'excès sphérique, des angles de plus de 60 degrés, on ne peut assembler sur la sphère 6 triangles équilatéraux de manière à en former un hexagone, comme on le fait sur un plan. Mais on peut agrandir à volonté l'angle du triangle équilatéral en étendant sa surface, et l'on peut assembler autour d'un point:

1* Trois triangles équilatéraux ayant des angles de 120*. . .

(i) On sait que, dans un triangle plan, la somme des angles est égale i deux angles droits : cette somme, dans un triangle sphérique, est toujours plus grande que deux droits.

iM PtiOmiOMt DE GtOLOGIB.

3r Quatre triangles éqailatéraiix ayaat dt% angles de 90^« . .

3» Cifiq triangles dquilatéram ayant des angles de 7^« . . .

8 X "ïî = 360*.

Dé là 3 réseaux différents qui se rattachent Tun à l'antre^ « pour former un résean compliqué où domine la symétrie pen- (agonate.

SI , sur une surface plane , on trace trois systèmes de lignes équidistanteS; parallèles , et se coupant sous des angles de 60*^ on produira un assemblage de triangles^ de losanges et d'hexagones, tous réguliers et constituant un réseau hexngtmal. Ge réseau peut s'obtenir encore en plaçant des hexagones régo* liers les ons i côté des autres et en prolongeant leur côtés.

De même, sur une sphère^ quinze grands cercles se coupant &à 5 sous des angles de 3^, déterminent un assemblage de triangles équi latéraux ^ de losanges et de pentagones, to»8 ré* guliers et formant un réseau pentagonal. Ce réseau peut égih lement être obtenu en traçant douse pentagones rc^ulters receurrant exactement une sphère et en prolongeant leurs côtés.

Les travaux de M« Biie de Beauinont (voir Notice sur les sysUmes de moniagTies) me paraissent avoir démontré Texistence d^un réseau basé sor la symétrie pentagonaie et oonstittté par les fissures qui divisent Técorce terrestre. Quant à la raison d'être de ce réseau, je dirai avec M. Elie de Beaumont que a la symétrie pentagonaie étant, comme principe de division d'une enveloppe sphérique , le nec plus ultra de la régularité , on pourrait ne pas lui chercher d'autre raison d'être que celte régularité même. »

FISSURES QUI DIYISSEIT li'ÉCÛRCE TERRESTRE^ ETC. 959

te» Êmmm n^i «hrtaCBt r«c«vce ierrcii|r« et le rCMsa f o*eliet CMMIUM»! vlemMKl raecaMT à ta sarfaee dn «Itl^e. — La symétrie

pentagonale forme le caractère essentiel du réseau dessiné par les fissures qui parcourent Técorce terrestre. Plus tard, j'indiquerai comment le réseau pentagonal se complète par l'adjonction de grands cercles auxiliaires se rattachant au réseau fondamental par diverses relations géométriques. Tous constituent un réseau > à mailles serrées, qui permet de considérer récorce terrestre comme étant formée de fragments prismatiques placés les uns contre les autres. Ces fragments sont loudés par la matière pyrosphérique , qui s'injecte, à l'état pâteux , dans les fentes qui les séparent ^ puis s'y solidifie par voie de refroidissement. Mais cette soudure n'est pas assez forte pour que les fragments qu'elle rattache les uns aux autres ne puissent se disjoindre sous le cboe des forces intérieures, et glisser les uns contre les autres, de manière à être portés à des niveaux différents. Les lignes correspondant aux fissures de l'écorce terrestre présentent des points de moindre résistance, dans le sens desquels s'effectuent toujours ses dislocations, et c'est ainsi que le réseau dessiné dans l'intérieur de l'écorce terrestre vient s'accuser à sa surface. Les dislocations de l'écorce terrestre constituent des dénivellations ou des failles que je décrirai avec détails lorsque le moment en sera venu : les unes sont partielles et locales ; les autres sont plus générales, et s'adaptent d'une manière plus intime au réseau général de la croûte du globe; je vais citer quelques exemples de celles-ci.

La figure 8 est la reproduction du diagramme qui se trouve dan^V Explication de la carte géologique de la France, 1. 1, p. 437. Elle représente le soulèvement et l'écroulement combinés qui ont produit la f)laine du Rhin. Pour celui qui est placé

la

JS "a.

es

sur le sommet du Rttthi-Fluhe, près de Soleure, dit M. Elie de Beaumont, « Timagination se représente aisément cette plaine^ remplacée par des masses aussi élevées tfue les Vosges et la Forêt-Noire, entre lesquelles elle s'étend, formant de ces deux groupes une seule proéminence légèrement bombée, dont la voûte extrêmement surbaissée s'incline légèrement, d'un côté vers la Lorraine, et de l'autre vers le Wurtemberg. Il semble qu'il ne manque que la clé de cette voûte, qui s'est -1 — Ji .- un jour abîmée pour donner naissance à la ! I !'"i Z plaine du Rhin, flanquée de part et d'autre

par ses culées restées en place, de manière à former sur ses flancs deux escarpements ruineux en regard l'un de l'autre. C'est ce qu'exprime le diagramme ci-joint, qui, en figurant un terrain bombé, fissuré, puis écroulé, me parait indiquer l'origine la plus probable des failles , qui forment le caractère essentiel des montagnes du Rhin. »

Le massif du Jura est le résultat de deux failles ou dénivellations qui, s'étant produites dans la masse jadis continue comprise entre les Vosges, le plateau central et les Alpes, ont amené l'abaissement des parties de Técorce terrestre correspondant à la plaine bressane et à la plaine helvétique et l'exhaussement de

la région comprise entre ces deux larges vallées. La Saône, depuis Chalon jusqu'à Lyon, et le Rhône, depuis

Lyon jusqu'à la Méditerranée, coulent le long d'une faille dont

oô

nSSURES QUI DIVISENT L'ÉGORCB TBRRESTRE^ ETC. S6i

le côté gauche (plaines de la Bresse et du Dauphiné) s'est aluaissé, tandis que le côté droit s'est exhaussé pour produire Taréte montagneuse qui se prolonge dans le sens du méridien en formant les crêtes du Morvan, du Beaujolais^ du Lyonnais^ du Forez et du Vivarais.

Le réseau intérieur s'accuse^ à la surface du globe, non-seu* lement par les failles, mais aussi par les masses ignées qui les mettent à profit dans leur mouvement d'ascension, par les Toicans qui s'alignent dans le sens des fractures de l'écorce terrestre, par les cours d'eau, les chaînes de montagnes , etc. Faire ces remarques, c'est mettre en évidence l'accord qui existe entre le réseau des fissures de l'écorce terrestre et les effets du mouvement orogénique. Si cet accord ne semble pas, au premier examen, aussi intime qu'il l'est réellement, si, notamment, le réseau pentagonal ne se dessine pas à la sarface du globe avec la netteté offerte par un damier ou un carrelage d'appartement, c'est que la nature, dans ses manifestations, n'obéit pas à des lois aussi absolues que celles dont l'étude est du ressort des mathématiques. Certes, on ne saurait adresser à la cristallographie le reproche de ne pas être une science exacte, et pourtant à quelles déformations les cristaux ne sont-ils pas soumis! L'inégalité offerte par les faces des prismes bipyramidés du quartz n'empêche pas lé minéralogiste de reconnaître en eux leur forme typique qui est celle d'un prisme hexagonal parfaitement régulier. « La surface du globe terrestre, dit M. Elie de Beaumont, malgré son irrégularité apparente, n'est pas dessinée au hasard comme les courbes de fantaisie d'un jardin anglais, mais elle a beaucoup plus d'analogie avec nos parcs à la française, tels que ceux de Versailles et de Saint-Cloud, dont l'ordonnance générale se rapporte à des lignes droites, connexes entre elles, et où

<36d PRODROME DE GÉOLOGIE.

les lignes «inueuses ne se montrent que dans les détails... La combinaison de ces éléments rectilignes a été susceptible d'une très-grande variété due h leur discontinuité^ à Tlnégalitéde leur saillie^ à leurs enchevêtrements et aux raccordements opérés entre eux par diverses causes accessoires. Il faut faire aussi la part du désordre occasionné par le croisement des accidents stratigraphiques appartenant à des systèmes différents; mais il ne faut qu'un peu de dextérité pour découvrir Tordre caché dans ce pêle-mêle qui semble d'abord si désordonné, n en a fallu beaucoup plus pour faire sortir la cristallographie de rirrégularilé apparente de la plupart des cristaux souvent idcompicls, usés, maclés, etc., dont nos collections minéralogiques sont composées. »

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