‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 48 sur 149 · RÉSUMÉ SUR LA STRUCTURE^ ETC · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ SUR LA STRUCTURE^ ETC

Les lettres G et V correspondent à la partie de la croûte' du globe qui se forme de haut en bas par voie de solidification. La zone G^ la plus ancienne^ offre des niasses qui^ par leur nature^ se rapprochent du granité et du porphyre : le magma^ auquel ces masses doivent leur origine^ ne s'est solidifié qu'après s'être pénétré d'une quantité d'eau d'autant plus grande que la profondeur était moindre. La zone V, au contraire, sans se laisser pénétrer par l'eau^ est directement passée de l'état de liquéfaction ignée à l'état solide. Elle est composée de masses analogues au trachyte^ au basalte^ à la lave, et probablement aussi aux matériaux qui constituent la pyrosphère.

La zone V se rattache donc tout à la fois à l'écorce terrestre et à la pyrosphère. Elle appartient à l'écorce terrestre parce qu'elle est à l'état solide. D'un autre côté^ elle se place sous la dépendance de la pyrosphère par la nature de ses matériaux. Ce double caractère explique pourquoi, dans le chapitre précédent, j'ai dit que la ligne de séparation, entre la croûte du globe et la pyrosphère , se dirigeait au milieu d'une zone volcanique.

Dans la figure 6 , j'ai supposé à la pyrosphère actuelle une puissance de trente kilomètres : mais, je le répète, cette appréciation est approximative; il ne faut lui accorder qu'une faible importance. La pyrosphère est le siège des phénomènes volcaniques : elle constitue le réservoir qui alimente les courants de lave auxquels les volcans servent d'issue ; elle renferme le foyer d'où la chaleur se répand dans l'écorce terrestre pour y déterminer divers phénomènes dont nous devrons nous occuper; enfin , elle n'est jamais en repos , elle obéit à des déplacements dont l'écorce terrestre subit le contre-coup.

Aa-dessous de la pyrosphère se place le nucléus ferrugineux, N. Dans ce nucléus , qui constitue la presque totalité du

PROimOMB DE GÉOLOGIE.

globe terrestre^ la matière est à l'état de liquide élastique, c'est-à-dire qu'elle possède^ tout à la fois, la force élastique des gais, l'aspect des liquides et la densité de certains métaux.

JHotfc «e r«9aitltl«i et l'caa et «€ is tcrvc-flenM à to

sioke. ^ Si Ton porte sa pensée à la surface de notre planète, la première chose qui attire l'attention est le mode de répartition de Teau et de la terre-ferme. Voici, d'après un travail publié en i8d7, par M. Rigaud, quelle est, pour les diverses régions du globe, la surface occupée par l'eau, la terre étant représentée par 100 :

Entre le pôle et le cercle polaire boréal Zone tempérée septentrionale. . .

Zone torride ( moitié septentrionale) Zone torride (moitié méridionale) .

Zone tempérée méridionale . . .

Entre le cercle polaire austral et le pôle Surface du globe tout entier . . . .

M. Rigaud, dont le travail est antérieur aux découvertes de James Ross, Dumont-d'Urville et Wilkes, admettait qu'il n'y avait aucune terre émergée dans la région circumpolaire australe. Le tableau que je viens de reproduire met en évidence l'accumulation de la terre-ferme vei^ l'hémisphère boréal , et donne une idée exacte de l'état actuel des choses.

J'ai eu plusieurs fois l'occasion de dire que, lors de la période neptunienne, l'océan recouvrait le globe tout entier. La fin de cette période a coïncidé avec l'apparition de la terre-ferme sous forme d'Iles, germes des futurs continents.

La période teliurique a été marquée par l'accrcHSsenient des continents en étendue et en élévation. Gest là un fait très-

RÉPARTITION DE l'ÉAU BT DE LA TERRI-FERME , ETC. 967

important dont Tétude sera mieux placée dans le livre suivant. Plus tard; nous verrons aussi comment Tocéan a augmenté en profondeur tout en diminuant en surface^ pendant la durée des temps géologiques. L'étude de ces changements , dans la constitution topographique du globe ^ doit accompagner celle des phénomènes géologiques qui se trouvent en relation avec eux y par leurs caractères essentiels , par leur mode de déve* loppement et par Tépoque do leur apparition. Je me bornerai à dire ici quelques mots sur le niveau de l'océan.

la surface des mers contraste par son uniformité avec celle des continents. Elle est partout complètement horizontale^ et les inégalités qu'elle présente sont insignifiantes. Ces inégalités méritent l'attention du géologue à cause seulement de leurs relations avec la structure de l'écorce terrestre (voir page 441 et suivantes).

A part ces inégalités^ qui ne deviennent sensibles que sur des espaces très-étendus ^ on peut dire que le niveau des mers est partout le même : il n'y a d'autres exceptions que celles qui nous sont fournies par la mer Caspienne et par les amas d'eau salée n'ayant aucune communication avec l'océan.

D'après les travaux les plus récents ^ des deux côtés de l'isthme de Panama^ le niveau de l'Océan Pacifique est sensiblement le même que celui de la mer des Antilles : les petites différences que l'on pourrait trouver tiennent à ce que la moment de la haute et de la basse mer n'a pas lieu en même temps sur les deux côtes. Les nivellements géodésiques les plus exacts ont constaté qu'il n'y a pas de différence sensible de niveau entre la mer Baltique , l'Atlantique et la Méditerranée. Enfin , le nivellement pratiqué pour le projet du percement de l'isthme de Suez a réduit à 0">18 à peine la différence de niveau entre la mer Rouge et la Méditerranée. Les opérations dirigées par

268 PRODROME DE O^.OLÔGIE.

M. Lepère^ lors de Texpédition d'E^ypte^ ayaîent fait admettre à tort que le niveau de la Méditerranée^ à reml)Oucbure du Nil^ était inférieur de 8<°,i20 aux basses eaux de la mer Rougej près de Suez ^ et de iO'^^oeo lors des hautes eaux.

«•lier esiéricor «a ffiokc. — Il ne peut entrer dans ma pensée d'énumércr, de décrire et de définir tous les accidents topographiques que Ton observe à la surface du globe. Ces détails sont incompatibles avec la nature de cet ouvrage et appartiennent^ d'ailleurs^ plutôt à la géographie qu'à la géologie proprement dite. Je m'en tiendrai aux considérations suivantes.

Les causes qui interviennent dans la détermination du relief d'une contrée sont : i^ la nature des terrains que cette contrée présente à l'observation ; ^'^ les agents atmosphériques; 3^ les actions dynamiques auxquelles l'écorce terrestre obéit.

La nature des terrains agit en quelque sorte d'une manière passive, mais réelle ; les mêmes agents intérieurs ou extérieurs produisent des effets différents^ suivant qu'ils s'exercent sur des terrains meubles^ sur des masses granitiques^ ou sur des roches régulièrement stratifiées.

Les agents atmosphériques jouent un rôle, pour ainsi dire , négatif, en ce sens qu'ils tendent à effacer les effets des agents intérieurs. Leur intervention donne lieu à une puissante action nivelatrice (voir page 213). Les agents atmosphériques ne sont pas , à proprement parler, des forces exerçant une action dynamique sur l'écorce terrestre; mais, quoique n'agissant que sur une molécule après l'autre, ils n'en ont pas moins une grande influence sur le modelé du globe. Us reprennent en sous-œuvre le travail commencé par les forces dynamiques proprement dites : ils dénudent les parties émergées, effacent

Page 1