FORHE GÉNÉRALE D£ LA TERRE
L'océan cootribue à imprimer à la terre la forme qu'il a lui-même^ puisqu'il tend également à se renfler vers l'équateur et à s'affaisser vers les pôles. Supposons que^ par suite d'un concours de circonstances quelconques^ la terre prit une forme irrégulière. Les eaux se porteraient vers l'équatcur^ et^ en vertu de leur action de nivellement^ y effaceraient toutes les saillies du sol émergé : elles tendraient en même temps à déserter les pôles et laisseraient vers chacun d'eux un banc ou protubérance. Le résultat de ce mouvement de la masse liquide serait de concentrer les terres émergées vers les pôles, et de placer entre ces deux continents polaires un seul océan soQS forme d'une large bande se dirigeant dans le sens de réquateur. Mais les deux continents polaires subiraient à leur tour l'action érosive des eaux et des agents atmosphériques : ils finiraient par disparaître, et l'emplacement qu'ils occupaient serait de nouveau recouvert par les eaux de l'océan s'éloignant de la région équatoriale. Ces fluctuations continueraient jusqu'à ce que la terre, sous l'influence de l'océan fonctionnant comme un tour immense, eût pris précisément la forme qu'elle aurait offerte dès l'origine, si elle avait été à rétat liquide.
Dans les calculs employés pour apprécier rigoureusement la forme du globe, on a supposé le niveau de l'océan prolongé à travers la terre-ferme, et il n'a été tenu aucun compte des masses continentales dépassant ce niveau. On a fait abstraction des inégalités qui accidentent la surface de notre planète et que Dolomieu comparait avec raison aux légères aspérités qui s'ol)9ervent sur la surface de la coquille d'un œuf. Sur une sphère de plus de deux mètres de diamètre , le mont Everest, point culminant du globe, serait tout au plus représenté par un grain de sable.
Trois métliodes ont été mises en iisa^re |)Our calculer la valeur de raplatissemcnt aux pôles, ou, en d'autres termes, la différence de lon^^M^eur entre le rayon qui aboutit au pôle et celui qui se dirige vers un point (pielconque de 1 equateur.
La première méthode, tout à la t'ois tiéométricjue et astronomique, consiste à suivre siu' le proIon|.^ement supposé de la surface de l'océan un méridien ou un parallèle , et à calculer, par les procédés géodési(pies , la longueur d'un arc de cercle correspondant à un de^iré, soit dans un sens, soit dans un autre. Le concours de raslronomie est nécessaire pour fixer, d'une manière rii;ourouse, la silnalion des points placés à Textrémité du de^ré mesuré. (Ui conçoit (|ue si la terre était rigoureusement spliériijne, les degrés conijjti's sur un même méridien auraient exactement ia même longueur. Us vont, an contraire, en croissant de Téquateur au pôle , ce (|ui indique un aplatissement sur ce dernier point. La C()m|)araison et le calcul de onze mesiu'es de méritlieinies, exécutées en Europe, dans l'Inde et en Améri(iue, ont conduit Bessel à conclure : premièrement, ([lie la valeur di^ Taplalissement était -— — • ; deuxièmement, cpie le rayon é(|iiat()ri:il élait de 0 377 308"', l, et le rayon ï>olaire de (i :VM\ 07*.)"', 0.
L'accroissement de la pesanlenr dans le sens de 1 equateur au pôle a j)ermis de recourir également au pendule pour déterminer la valeur de. raplatissement polaire. Sans remonter au delà de 18:i'2, je rappellerai (pie, cette année même, le gouvernement anglais chargea une e\j)édilion scientifique d'appliquer le pendule à la recherche d(^ la valeur de l'aplatissement polaire. Cette expédition dura deux années : la contrée explorée s'étendit sur une longueur de 93% depuis 7-1" 32' latitude nord jusqu'au delà de l'équateur. Le résultat de l'ex-