CARTES^ COUPES, VUES GÉOLOGIQUES
relief de cette montagne^ que j'ai dressé en maintenant rigoureusement la proportion des hauteurs aux distances^ et qui ressemble à une galette manquée inflniment plusqu'à une colonne.»
■ci'iiltrci remarques : moyens tf*o1iscrraUoii mis à la Mq^Mltlim ûu léelacve : cartes, coupes 9 viies seologiqaes. — Dans Ce deuxième
livre, j'ai voulu jeter un regard d'ensemble sur Técorce terrestre et dresser, en quelque sorte, le programme de la plupart des questions dont Texamen fera Tobjet des livres suivants. Celte étude préalable était nécessaire afln de montrer le lien qui rattache entre eux tous les phénomènes géologiques. Elle avait aussi pour but de rendre plus facile l'intelligence des théories qui vont être successivement exposées. Pour compléter ce travail préliminaire, il me reste à rappeler^ en peu de mots, quels sont les moyens que le géologue met à profit pour arriver à la connaissance de la composition et de la structure de l'écorce terrestre, et quelles sont les méthodes qu'il emploie pour représenter les résultats de ses recherches.
Les terrains dont l'écorce terrestre se compose sont, par le fait de leur formation , superposés les uns aux autres et se recouvrent mutuellement. Un seul se montre à découvert, sur un point donné, et ne se présente même que par sa partie superficielle à l'observation géologique.
Les moyens que l'homme trouve dans son industrie pour arriver à la connaissance de l'écorce terrestre sont les mines , les carrières, les tranchées des routes et des chemins de fer, les sondages. Tous ces travaux ne sont pas assez rapprochés les uns des autres et ne pénètrent pas à une assez grande profondeur pour être d'une utilité suffisante (i).
(1) Voici, d'après Homboldt, quelques-unes des profondeurs auxquelles les
S76 PRODROME DE GiOLOGIE.
Si la géologie n'avait pas eu d'autres moyens d'iBveatigiBuUM que ceux mis à sa disposition par l'industrie humaine, il est probable qu'elle n'existerait pas ou se confondrait avec la géographie physique. Mais la nature nous met à même de donner plus d'ex);ensiou à nos connaissances sur l'écorce tisrresto : elle entr'ouvre, pour ainsi dire^ le livre que le géologue 4 devant lui^ en creusant des ravins sur les flancs des montagnes^ en traçant dans tous les sens, à la surface du globe, des vallées plus ou moins profondes, et en dressant, au bord des mers, des falaises coupées à pic. La figure 10 montre comment le géologue, en parcourant une vallée, peut aborder l'étude des terrains qui , sur les plateaux et dans les plaines, se dérobent souvent à son observation.
Mais ce sont surtout les mouvements de l'écorce terrestre qui nous permettent d'acquérir la counaissance de sa structure et de sa composition. Ces mouvements soulèvent et disloquent \^^ diverses parties dont se compose l'enveloppe solide di) globe. Ils amèneut au jour des masses qui, sans cela, auraient été éternellement recouvertes et cachées par les formations de date pli?s récente.
Même lorsque les strates conservent leur horizontalité pri* mitive, les failles ont souvent pour résultat de les porter a un niveau s^ssez élevé pour que leur observation devienne |)os* sible, aipsi que le côté gauche de la figure iO en donne un exemple. Mais, dans la plupart des cas, les couches se redressent
travaux des hommes ont pu atteindre : puits artésien de New>SaUwerk, près de Minden, en Prusse, 607»,i; — puils île Grenelle, à Paris, 547 mètres; — puits à gaz hydrogène, en Chine, 975 mètres ;>- houillère d'Àpendal6 (Steffordshire), 658 mètres; — puits de mine, actuellement abandonné, à KutteuT berg, en Bohème, liSl mètres ; — profondeur maximum des mines de Freyberg, en Saxe, 592 mètres; — mines de Joachimsthal, en Bohême, 646 mètres; — mineK de 6uana:(ato (Mexique), 514 mètres.
CABTEa, COUPBft, YVl» CAOLOeiQUES. SfT
m ^ewipsDt une courbe d'uo r^yon plus ou moiop étw^a : elle* Tienocot aias! affleurer k la surface du si^ et se mofitrer p«r leur tranche, c'^t-à-dire perpendiculairement au aew de )pur ylratificatû».
Fu. 10 (G, (arrain gnnitique).
La figqre 10 montre à droite pne série d'alfleureoients qui permettent d'étudier lç9 terraips A, B, C, D, f, auxquels ils correspondent. Si la vallée qui est représentée sur le côté gau* cbe de cette Qgure n'oxistajt pas, le géologue (l'en pourrait pas' oiùiiis arriver, par l'étude des a^eurements, à la connoiasaQC^ dei masses au milieu desquelles les agents d'érosion, secoqdés ou non, par les forces intérieures, ont creu^ cette vallée. C^ terraios, une fois étudiés par leurs afQeurçmeqts, le géologue peut les suivre, parla pensée, jusqu'à une grande distancf! du point où il les voit s'enfoncer sous le sol. On conçoit copimwt, dans w cas, la profondeur & laquelle nos investigations peuvent porter, dépend de |a puissance des terrains qui alOeurent (yw dms le livre quatrième les détails relatifs à la puisMOQS de U WQe stratifiée).
^ procédés de repréaentfttioQ graphique employés en géo* logif nnt les coupes, les cartes géologiques, tas vues et les teUeû. Si, p9r la pensée, 09 mène, dans iine direction détw»
minée ^ un plan vertical coupant une série de couches et si Ton suppose les couches de l'un ou de Tautre côté du plan projetées sur le plan lui-même, le dessin reçu par celui-ci sera un diagramme ou coupe géologique. Ainsi obtenu ^ ce dessin peut-être reproduit sur le papier^ sans subir d'autre modification qu'une réduction; si la coupe est peu étendue^ on adopte pour les longueurs et pour les hauteurs la même échelle. Mais très-souvent la dimension longitudinale de la coupe est telle qu'il faut rendre l'échelle des longueurs plus petite que celle des hauteurs; si la différence, entre ces deux échelles, est considérable^ on oblient des diagrammes indiquant, d'une manière exacte, la situation relative des masses qu'une coupe représente^ mais donnant une idée fausse de la configuration du sol : les montagnes à pentes très-douces semblent coupées à pic, et les vallées les moins inclinées se présentent sous forme de gorges profondes. Le géologue doit autant que possible remédier à cet inconvénient.
« Les coupes géologiques, dit M. d'Ârchiac, mettent à découvert, jusqu'à une certaine profondeur, la composition ou l'anatomie du sol, et surtout la disposition relative ou l'arrangement des roches qui le constituent. Elles peuvent, à beaucoup d'égards, suppléer au reste, mais rien ne peut les remplacer, et c'est de leur exactitude que dépend la bonne exécution des cartes géologiques. »
Les caries géologiques s'obtiennent avec les cartes géographiques ou topographiques sur lesquelles on indique , par des couleurs convenablement choisies, les terrains qui viennent se montrer à la surface : on suppose enlevés la terre végétale et tout ce qui l'accompagne. Les cartes géologiques ne représentent que la partie superficielle d'une contrée , et c'est en vain qu'on a essayé de leur faire indiquer la composition des
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masses sous-jacentes : elles ne peuvent, sous ce rapport, fournir que des indications restreintes. Il en résulte que les cartes et les coupes géologiques se complètent mutuellement.
Enfin, les coupes et les cartes ne sauraient à elles seules donner une idée suffisante de la constitution géologique d'un pays. Il faut , pour cela , avoir recours aux vues géologiques et il est à désirer que, surtout dans les descriptions des pays accidentés, elles deviennent plus nombreuses.
On remarquera Tanalogie des procédés mis en œuvre par les géologues avec ceux qui sont employés en architecture : les vues, les coupes et les cartes géologiques correspondent respectivement à ce que les architectes appellent des élévations, des profils et des plans.