CHAPITRE I
MODmCàTIONS DANS LBS GUMATS ST DANS LA CONSTITUTION
TOPOGRAPHIQUB DU GLOBE.
Méihode d^expositioD adoptée dans cet ouvrage. — Hodiricalioos buccesaives dans Paapect , rélévalion el retendue du sol émergé. — Ere neptuoienoe : première apparition de la terre-ferme. — Bre tellurique , accroissement de la terre-ferme en étendue et en élévation. — Conséquences de Textension des masses continentales : ère jovienne. — Périodes alternativement marines et continentales. — ModiGcations dans la température à la surface du globe. — Apparition relativement récente des lignes isothermes : abaissement progressif de la température; alternatives dans la marche de ce phénomène. — Lignes isoaimotberroes. — Hypothèses émises pour expliquer les changements de climat; véritables causes : modifications dans la constitution topographique du globe; refroidissement du système planétaire. — Influence de rabaissement de la température sur Tétat hygrométrique do la surface du globe ; neiges perpétuelles.
i82 PRODROME DE GÉOLOGIE.
wÊêihoét d'expouttoii •«•piéc daas cet onvracc. — Dans ce troisième livre et dans les deux qui le suivent^ je me suis proposé de décrire successivement les phénomènes géologiques , dont le siège est : i* k la surface des continents ; ^ au sein des mers ou sur le sol émergé; S"" dans Tintérieur de l'écorce terrestre.
Pour rélude do ces phénomènes^ je conserverai la méthode que j'ai déjà suivie. Après avoir observé chacun d'eux dans son développement lors de l'époque actuelle , je signalerai le* moment où il s'est manifesté pour la première fois; je rechercherai ensuite comment ses caractères se sont modifiés d'une époque à la suivante ^ et je mentionnerai enfin les causes de ces modifications.
Dans l'observation des phénomènes géologiques^ comme dans l'exposition de nos connaissances en ce qui les concerne^ c'est une mauvaise méthode de séparer les deux points de vue géogénique et chronologique, en établissant une distinction forcée entre les âges anciens et ce que l'on désigne vaguement sous le nom d'époque actuelle. Le vrai moyen de comprendre l'organisation d'une plante ou d'un animal n'est-il pas d'étudier chacun de ses organes dans ses transformations, et de rechercher ensuite les rapports qui lient ces organes les uns aux autres? Et cette étude fondamentale^ une fois terminée^ ne conduit-elle pas naturellement à la partie systématique de la science des êtres organisés^ c'est-à-dire à leur distinction en espèces, et au groupement des espèces en genres, famillesi etc.?
Une des causes qui font que la géologie est si peu comprise, et qui conduisent même quelquefois à lui contester son autonomie, c'est l'absence de toute méthode dans les ouvrages généraux qui traitent de cette science. La plupart d'entre eux ne présentent, pour ainsi dire, qu'une face de la géologie. Ils
MÉTHODE d'£XPOSITION ADOPTÉE DANS CET OUVRAGE. i83
sont surtout, par rap|>ort à Télude de Técorce terrestre, ce qu'est une flore relativement à Tétude des végétaux. Or, la description et le classement des espèces, qui croissent dans un pays plus ou moins étendu , ne suffisent pas pour donner des connaissances réelles en botanique, on, si Ton veut, en anatomie et en physiologie végétales. Pourtant, comme un traité de géologie ne peut se passer de considérations sur les pliénomènes dont l'étude appartient à cette science, quelques-unes de ces considérations , dans les ouvrages auxquels je viens de foire allusion, sont intercalées dans la description des terrains. Le lecteur trouve, par exemple, les détails relatifs à la formation de la houille, du sel gemme, du calcaire oolitique, de la craie, etc., respectivement placés au milieu de Tétude systématique des terrains houiiler, triasique , oolitique , crétacé, etc. ; il est porté, malgré lui, à considérer ces phénomènes comme étant spéciaux à certaines époques. Or, que dirait-on d'an ouvrage consacré à la flore d'un pays, où l'examen critique d'une espèce serait tout à coup interrompu par des questions d'anatomie ou de physiologie végétales ?
En lisant les trois derniers livres de ce premier volume, on devra avoir présente à l'esprit la classification des terrains jointe au livre précédent. Le lecteur verra comment chaque phénomène et les variations apportées à son mode de manifestation sont toujours en rapport avec l'âge de notre planète. Plos tard , lorsqu'il entreprendra la lecture du deuxième volume de cet ouvrage, volume qui sera presque tout entier consacré à la géologie systématique et à la description analytique des époques géologiques, le lecteur n'aura qu'à se rappeler les principes généraux antérieurement posés pour rendre ma tâche plus facile et mon exposition plus rapide. Je n'aurai pas, noLimment lorsque j'indiquerai la date de chaque plié-
nomène^ à m'arréter à sa descriptioD. Je n'aurai pas non plus à insister sur ces difficultés dé classification qui résultent de ce qu'un même phénomène s'est modifié d'une manière insensible^ et de ce que les transformations marquant le passage d'une époque à la suivante , ne se sont pas opérées d'une manière syncbronique.
Les causes qui ont imprimé leur caractère essentiel aux phénomènes dont je vais parler^ et qui les ont fait varier d'une époque à une autre ^ sont : 1^ les changements successivement apportés dans l'aspect^ l'étendue et l'élévation des terres émergées ; ^ les variations de température à la surface du globe et les modifications climatologiques qui en ont été la conséquence.
■odlQcatlons dans la cousatallon topofrapfelqae en viofee : ère Bcyui- Bleime : première apparition de la terre-ferme. — Les phénomènes
qui se manifestent sur le sol émergé ne datent que du moment où la terre- ferme s'est montrée^ pour la première fois^ à la surface du globe. Nous sommes ainsi conduits à rechercher quelle est l'époque où cet événement important a eu lieu. Nous allons voir que la surface du globe ^ dans son mouvement d'ascension , n'a dépassé le niveau de l'océan que vers la fin de l'ère neptunienne , dont nous n'aurons rien à dire dans ce troisième livre.
Enumérons d'abord les motifs qui doivent nous engager à penser qu'il n'y avait pas de sol émerge pendant la majeure partie de l'ère neptunienne.
Les strates qui se sont immédiatement superposées au granité primitif ont reçu tous leurs cléments constitutifs de l'intérieur de l'écorce terrestre ; ces cléments leur ont été amenés, à l'état de molécules chimiques^ en vertu d'une action gcysé- Tienne.