ÈRE TELLURIQUE
surface du globe, mais des cootinents qui ont augmenté d'étendue et d'élévation en se soudant les uns aux autres.
La preuve de cet accroissement de la terre*ferme nous est fournie par Tobservation de ce qui s'est passé, en Europe, pendant lee temps géologiques.
La période paléozoîque marine ne nous montre , en France, qu'une seule terre émergée de quelque étendue : c'est le plateau central. Tout le reste de ce pays est recouvert par les eaux. Quelques îlots granitiques existent çà et là comme autant de pierres d'attente, sur les points où se montreront, plus tard, les autres massits montagneux.
Les massifs breton , vosgien , pyrénéen et alpin se sont successivement constitués les uns après les autres. L'émersion totale du massif breton date de la fin de la période paléozoîque marine; celle du massif vosgien se place après le dépôt du trias; celle du massif pyrénéen s'est effectuée après le dépôt du terrain nummulitique méditerranéen ; quant à l'émersion de la région des Alpes, elle s'est produite lentement pendant toute la durée des temps géologiques et n'a été complète qu'après la disparition de la mer miocène, qui recouvrait une partie de la Suisse et du nord de l'Italie.
Au commencement de la période tria-jurassique, la constitution topographique delà France était encore insulaire; les massib vosgien , pyrénéen et alpin n'existaient qu*à l'état rudimentaire; la mer circulait librement autour du plateau central qu'elle séparait du massif breton. Pendant la période .crétacée, le massif breton, le plateau central et le massif vosgien se soudaient déflnitivement les uns aux autres, et séparaient en deux bassins l'espace recouvert par les eaux marines. Le commencement de la période nummulitique a vu la même configuration du sol se maintenir; seulement, l'es-
pace envahi par l'océan a été plus étroit dans chacun de ces deux bassins. Puis^ Tapparition du massif pyrénéen et sa réunion avec le plateau central sont venues accroître l'étendue de la terre-ferme ^ et compléter la formation de cette arête qui marque la séparation des versants océanien et méditerranéen. Dès le début de la période miocène^ des cinq massifs montagneux de la France , il y en avait trois qui étaient déjà réunis entre eux; l'océan occupait^ sous forme de golfes ou de mers intérieures^ l'espace qui les séparait les uns des autres; il dessinait deux détroits^ l'un entre les Alpes et le plateau central^ l'autre entre ce plateau et le massif breton. Ces golfes et ces détroits ont diminué peu à peu d^étendue^ et il est venu un moment où la mer ne se montrait plus qu'aux environs de Montpellier^ de Perpignan et vers quelques points du littoral océanien. Un dernier soulèvement^ qui a coïncidé avec la fin de la période pliocène^ l'a fait disparaître définitivement de la France et de l'Italie qu'elle recouvrait encore en majeure partie. Cet événement important a marqué le commencement de l'ère jovienne : il a donné à l'océan ses rivages actuels^ et c'est à lui que les géologues ont fait allusion par ces mots : dernière retraite des mers.
Les modifications topographiques dont je viens de tracer l'esquisse se sont efl'ectuées sous l'influence du mouvement d'intumescence : elles se sont opérées d'une manière continue, car on ne peut considérer comme une véritable interruption les effets résultant des mouvements oscillatoire et ondulatoire.
Les modifications dont on constate l'existence pour la France se sont également produites en Europe , dans l'Amérique et dans toutes les contrées où les géologues ont porté leurs investigations. Il est permis d'en conclure que l'exhaussement des masses continentales a exigé toute la durée des temps géo-