INFLUENCE DE LA CHALEUR INTERNE
les premiers temps géologiques. Ce qui nous engage à émettre cette opinion^ c'est d'abord la nécessité où nous nous trouvons de tenir compte d'un fait admis ^ celui du refroidissement du système planétaire ; c'est ensuite ce qui se passe dans Thémisphère austral. Dans cet hémisphère , les eaux recouvrent presque toii^ la surface du globe ^ et pourtant une immense calotte de glace s'accumule tout autour du pôle : les lignes isothermes y existent^ et la température moyenne n'y est pas plus élevée que sous nos latitudes.
Il y a une cause de refroidissement qui s'est exercée en dehors de notre planète^ et cette cause^ je l'ai signalée presque dès le début de cet ouvrage. La terre ^ tous les corps qui font partie du système solaire^ l'espace dans lequel ce système est plongé se trouvent ^ depuis les temps cosmogoniques les plus reculés, à l'état permanent de refroidissement, et ce refroidissement s'effectue d'une manière plus rapide dans l'espace interplanétaire et dans notre atmosphère que dans l'intérieur du globe.
■ypoïkèsM dlTemei tmUtê pour expliquer le» diangements de climaf : ■■■■cnee «e là èhalevr inierne. — Beaucoup de géologueS, pour
expliquer les variations de température à la surface de la terre,
font jouer un très-grand rôle à la chaleur interne, mais^ c'est
à tort. Il y a eu , disent-ils, abaissement de température parce
que l'écran qui nous sépare du foyer central a été sans cesse
en croissant d'épaisseur. La quantité de chaleur passant à
travers l'écorce terrestre était même, selon eux, suffisante
pour effacer l'influence des lignes isothermes.
Dans cette hypothèse, il n'y a aucune relation entre l'effet
et la cause invoquée. L'effet, c'est-à-dire l'abaissement de la
température à la surface du globe , a été un phénomène inter-
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mittent^ sujet à des alternatives et à des oscillations assez brusques. La cause invoquée > c'est-à-dire le refroidissement de la masse interne de notre planète , est un phénomène trèslent^ continu, et n'offrant dans sa marche rien de saccadé.
On ne peut pas non plus expliquer^ par l'intervention de la chaleur interne, l'ancienne absence des lignes isothermes. Pour effacer la différence de température existant entre la zone tempérée et la zone torride, par suite de l'inclinaison de l'axe terrestre, l'intérieur de la terre aurait dû fournir une telle quantité de chaleur que le développement de l'organisme serait devenu impossible sur toute la surface de notre planète. La température moyenne étant, sous Téquateur, de 27% 5 environ, et de 12^ sous nos latitudes, un accroissement général de 30* par suite de l'afQux de chaleur interne , aurait porté la température moyenne à 57% 5 sous l'équateur, et à h^ sous nos latitudes. Tout indique que, pendant les temps géologiques, la température n'a jamais été aussi élevée, et pourtant, même avec cet accroissement de chaleur, l'existence des lignes isothermes se serait maintenue.
Si l'on suppose un corps terminé par deux faces parallèles, et si l'on place un foyer de chaleur très-intense contre l'une de ses faces, l'autre face recevra une quantité de calorique qui diminuera à mesure que le corps augmentera d'épaisseur. U viendra un moment où la quantité de chaleur, transmise d'une face à l'autre, sera excessivement faible, et, à dater de ce moment, le corps pourra croître d'épaisseur, sans apporter de changement important dans la quantité de chaleur acquise par la face opposée à celle qui se trouve en contact avec le foyer.
Le calcul démontre que la quantité de calorique qui, de l'intérieur de la terre, arrive à sa surface, n'accroît pas la température de cette surface de plus d'un trentième de degré. Or,