‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 61 sur 149 · DESTRUCTION DES CONTINENTS, ETC · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES CONTINENTS, ETC

parilion des taches bleuâtres qui s'observent à la surface des blocs fraîchement taillés des calcaires dits bicolores de diverses contrées.

L'acide carbonique contenu dans Tatmosphère, celui qui se dégage de l'intérieur de la terre et l'acide nitrique qui se forme dans les orages y attaquent les roches calcaires.

Les roches , dont le carbonate de chaux constitue l'élément dominant, ne se prêtent pas seules à une facile altération chimique. Celles qui se composent surtout de feldspath , et qui sont si répandues, subissent une transformation dont la nature n'est pas encore bien connue et que l'on désigne sous le nom de kaolimsation. Dans ce phénomène, il y a séparation des deux silicates dont le feldspath se compose : le silicate alcalin , soluble dans l'eau , est entraîné par elle et laisse en place le silicate d'alumine; celui-ci devient hydraté et forme la partie essentielle des argiles plus ou moins pures que l'on observe dans les terrains de sédiment.

Quant aux roches solubles dans l'eau, comme le sel gemme, elles ne peuvent avoir, dès qu'elles sont mises à nu, qu'une existence éphémère. Il en est de même pour celles dont les éléments sont faiblement cimentés : tels sont les sables, les graviers, les argiles, les marnes.

Parmi les actions qui opèrent mécaniquement, mentionnons d'abord celles qui^ quoique s'exerçant avec une grande lenteur, sont les plus générales, les plus persisLinles, et, en définitive, les plus efficaces dans leur œuvre de destruction. Telles sont l'action de la pluie, des eaux courantes, les alternatives de sécheresse et d'humidité, et surtout de gelée et de dégel. L'eau, qui s'introduit à l'état liquide dans les roches poreuses, et, par conséquent, plus ou moins gélives, croit de volume dans la proportion d'un seizième environ, lorsqu'elle passe à

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rétat de glace ; elle occasionne ainsi la séparation des parties de la masse dans laquelle elle pénètre ^ elle les retient cimentées les une^ contre les autres tant qu'elle conserve Tétat solide ^ mais elle les abandonne à Taction de la pesanteur dès qu'elle reprend Tétat liquide : de là > ces débris qni s'accumulent, pendant l'hiver, au pied des murailles ou des rochers formant talus.

Puisque^ dans ces phénomènes de destruction qui s'accomplissent sur le sol émergé^ je commence par mentionner les infiniment petits, je ferai remarquer l'action exercée par les êtres organisés. Les tiges des arbres et des plantes^ en pénétrant dans les fissures des roches ^ contribuent quelquefois à leur dislocation. La surface des calcaires présente souvent des cavités plus petites qu'une tête d'épingle, qui occupent la place des apothécies des lichens saxicoles, et^ au sein des eaux marines, certains animaux perforent les rochers qu'ils habitent.

Diverses circonstances contribuent à ralentir les phénomènes de rongement et à'usure dont il vient d'être question. Je mentionnerai d'abord l'influence du manteau de neige qui recouvre constamment les contrées voisines des pôles et les massifs montagneux très-élevés. Evidemment ^ ces phénomènes sont également suspendus là où les eaux de la mer atteignent une grande profondeur et jouissent d'un calme presque complet. Enfin, ils sont encore ralentis par le tapis végétal qui protège et a toujours protégé le sol contre les agents extérieurs.

a Les dégradations ne sont constamment sensibles que dans les endroits qui sont perpétuellement remis au vif y comme les falaises au bord de la mer, les berges des lits des torrents, les points attaqués annuellement par les instruments aratoires, etc. Les végétaux, en flxant par leurs racines la couche superfl-

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