‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 68 sur 149 · TERRE VÉGÉTALE^ DÉSERTS · texte numérisé non relu

TERRE VÉGÉTALE^ DÉSERTS

saos croître ni diminuer ; les débris glissent sur sa surface , et sont bientôt entraînés par le cours d'eau qui les reçoit. Dans le cas d'une base limitée , un éboulis ne peut croître indéfiniment^ quelle que soit rélévation de la montagne dont il provient, car les débris quil reçoit ne s'arrêtent plus sur le plan incliné qui se présente devant eux, dès que celui-ci atteint un certain degré d'inclinaison^ qui varie, en raison de plusieurs circonstances, mais ne saurait dépasser 40 ou 45 degrés (i).

verre ▼«setale » mu orlftne récente : déserts. — On a VU que les

roches, au point de contact avec l'atmosphère , ne présentent pas le même aspect qu'à une faible profondeur. Elles sont très-f racturées , plus ou moins décomposées et quelquefois à rétat pulvérulent. Elles constituent ainsi le sous-sol, ordinairement formé aux dépens de la roche sous-jacente qui lui communique ses propriétés.

Le sous-sol, dans sa partie supérieure, offre dc^ éléments de

(1) Voici quelques indications fournies par M. Elie de Beaumont :

Pente du cône de débris, au pied duquel est appuyé le village de Naturn (Tyrol) et qui parait très-incliné 10«

Pentes gasonnées en haui des falaises de Tile d'Ouessant. (Une pierre sur ta tranche y roule sans s'arrêter.) 30*

Pentes des talus de menus débris couyerts d'herbe fine au pied du flanc méridional du Talion de Verne (Bas-Valais) 3^

Pentes gazonnées les plus inclinées sur les flancs des vallées de Belle-Ue. (Elles sont difficiles à gravir.) 35*

Pente maximum que prennent naturellement, lorsqu'on les décharge sur la digue de Cherbourg, les amas dô gros blocs de quartz qu'on livre à l'action de la mer 39»

Pente couverte de sapins, entre la route et la Sari ne (canton de Fribourg). (Elle fait l'effet d'un précipice. ) «o

Pente des parties les plus rapides des cônes du Vésuve , du pic de Ténériffe et du volcan du Pichincha i^o

plus en plus ténus et de plus en plus meubles : il se mélange de débris Tenus des points plus ou moins Toisins, et il se pénètre de substances résultant de la décomposition des plantes et des animaux. Ces substances constituent le terreau ou l'humus, dont le mélange avec une proportion variable d'éléments inorganiques donne origine à la terre végétale.

Le sol végétal forme la couche la plus superficielle dû globe, son épiderme en quelque sorte : les plantes trouvent en lui leur soutien et leur nourriture.

D'après ce qui vient d'être dit y deux ordres de matériaux entrent dans la composition du sol végétal : l"" l'humus ou terreau, auquel il doit sa fertilité; S^ies éléments inorganiques, qui lui impriment ses caractères spéciaux, suivant que l'un ou l'autre domine; ces éléments sont surtout l'alumine, sous forme d'argile; la silice, sous forme de sable, et le carbonate de chaux, à l'état de calcaire ou de marne. Parmi les autres éléments, je citerai le fer, à l'état de peroxyde ou d'hydrate , et surtout le phosphate de chaux, auquel on accorde actuellement en agriculture une si grande importance.

On peut, à l'exemple de M. Elle de Beaumont, considérer la tourbe comme la limite extrême de l'abondance du terreau, et voir, dans les sables des déserts, la limite extrême de la prédominance de l'élément inorganique.

c< Les déserts sont, dit l'auteur des Leçons de géologie pratique y les points où la terre végétale n'existe pas ou bien ne possède pas sa constitution normale. Il faut distinguer : !<" les déserts de sable , où il ne croit rien , à cause de la mobilité du sable, sans cesse mise en jeu par les vents; ^ les déserts de roches, où le roc, en ne se décomposant pas, ne donne pas naissance à la terre végétale ; tels sont les karrenfeldery dans les Alpes de la Suisse, et les cheires de l'Auvergne; 3» les

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diserts salés ^ où il se dépose à la surface du sol des matières salines; 4* les déserts glacés, qui sont les endroits couverts de neige ou de glace pendant toute Tannée, c'est-à-dire les parties les plus éleyées des montagnes^ ou les contrées voisines des

pôles. »

Elistoriquement parlant^ la terre végétale est d'une haute antiquité ; elle existait même pendant les temps antérieurs à ceux dont la tradition a pu nous conserver le souvenir.

Adanson a observé aux îles du Cap^Vert un baobab ( adansonia digitcUa ) qui avait trente pieds de diamètre et plus de 5^000 ans d'âge. Cette date est bien peu ancienne lorsqu'on la met en présence des indications que la géologie nous fournit. La constitution topograpbique de chaque contrée n'a pas subi de modifications assez importantes, pendant Tère jovienne, pour que les phénomènes d'érosion aient pris un grand développement (voir page 337); tant que les mouvements du sol n'amènent pas le déplacement des mers , les dénudations sont toujours plus ou moins locales; la terre végétale, au lien d'être facilement détruite , préserve même le sol sous-Jacent contre les agents d'érosion. Celle qui existe dans un grand nombre de localités est aussi ancienne que la période dite quaternaire. Mais , à mesure que l'on remonte dans la série des âges géolc^iques, les présomptions en faveur de l'an* cienneté de la terre végétale, sur un point donné, diminuent rapidement; la plupart des exemples de conservation de terre v^[élale antérieure à l'ère jovienne sont très-peu nombreux et presque toujours contestables.

Dans l'île de PorUand , on observe, au-dessus du Portlandstone^ formation d'origine marine, un calcaire lacustre ayant î mètres de puissance. Ce calcaire supporte une couche appelée Ut de boue (dirt-bed), qui a 30 à 45 centimètres d'épaisseur. Le

lit de boue est bran-noirfitre , il renferme dti lignite terreux^ des cailloux roulés atteignant jusqu'à 22 centimètres de diamètre^ et des troncs siliciflés de conifères et de cycadés. Quelques-uns de ces troncs sont couchés dans le lit de boue, et leurs fragments, rattachés les uns aux autres, indiquent des arbres dont rélévation était de 7 mètres environ : leur partie inférieure restée en place a une éléTdtion qui varie de 30 à 40 centimètres, «t qui, quelquefois, atteint 2 mètres. Les racines sont encore fixées à la roche où elles pénétraient jadis. Le lit de boue supporte un schiste calcaire d'eau douce.

Essayons de retrouver la trace des événements qui se sont accomplis sur le point oii l'on observe la superposition précédente. Immédiatement après la disparition du lac qui avait reçu le calcaire d'eau douce inférieur, une épaisse forêt a recouvert toute la région abandonnée par les eaux. Plus tard , le retour de ces eaux s'étant opéré d'une manière violente et subite, la forêt a été coitaplètement détruite et la terre végétale entraînée ou, tout au moins, délayée dans la masse des eaux envahissantes. La boue entourant les arbres laissés en place ne peut être une ancienne terre végétale : c'est la vase ou le limon que les eaux , devenues plus tranquilles, après avoir pris possession de leur ancien domaine^ ont déposés avec les cailloux roulés qu'elles avaient charriés et les débris de la forêt qu'elles avaient anéantie.

liM dépôts terrestre» pendant ie« temps antérlenrs à rftre lovflenae.

— Evidemment , depuis que la terre-ferme existe, c'est-à-dire pendant presque toute la durée des temps géologiques, il y a eu à la surface du globe des végétaux , et , par conséquent , de la terre végétale. Les éboulis n'ont jamais cessé de s'accumuler au pied des montagnes. Les sources, qui ont apporté aux roches

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