‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 69 sur 149 · GROTTES ET CAVERNES · texte numérisé non relu

GROTTES ET CAVERNES

calcaires de tous les terrains leurs éléments constitutifs y ont dû déposer des amas de tuf sur les continents qui existaient lorsque ces terrains se formaient. £a un mot^ tous les dépôts dont il vient d'être question ne sont pas spéciaux à notre époque. Mais ils ne peuvent avoir qu'une existence éphémère à cause de leur faible développement^ de lefar peu de cohérence et de leur situation toujours superficielle. A chaque retour de Tocéan^ ceux qui ojit résisté à Faction destructive des agents atmosphériques sont balayés par les eaux marines. Je fais cette remarque^ afin que ma pensée ne soit pas mal interprétée^ lorsque je considère les dépôts terrestres actuellement existants comme spéciaux à Tère jovienne^ ou comme ne remontant pas plus haut que la fin de la période pliocène.

«rMi«t et cAvemc»; leur mode «c fdmi«U0B. — L'écorce terrestre

offre ^ vers sa partie supérieure^ des vides nombreux dont Torigine première est due aux dislocations et au brisement des strates dont se compose le terrain sédimentaire. Ces dislocations se produisent quelquefois à la suite des mouvements de la croûte du globe , et sont plus ou moins générales; le plus souvent, elles sont locales et reconnaissent des causes accidentelles. Je mentionnerai encore les vides que laissent entre eux les'blocs de rochers qui constituent les moraines ou qui s'accumulent au pied des hautes montagnes.

Les vides ou fissures qui se produisent dans les circonstances qui viennent d'être indiquées sont plus tard élargis : i"" par les éosanations gazeuses et les sources thermales qui usent et corrodent les roches placées sur leur passage^ ^ par les eaux ordinaires qui y dans leur trajet souterrain y fonctionnent comme agents d'érosion mécanique ou de décomposition chimique, grâce à l'acide carbonique qu'elles contiennent; 3° par

les Tagues de la mer^ exerçant contre les côtes escarpées une action analogue à celle des cours d'eau sur la surface des continents.

Les cavités de Fécorce terrestre prennent, dans leur partie accessible pour nous, le nom de grotte ou de caverne. Leur mode de formation , tel qu'il vient d'être sommairement indiqué, nous explique pourquoi elles sont si nombreuses dans les terrains calcaires. Elles existent, mais elles sont plus rares et plus restreintes dans les autres terrains.

La dimension des cavités de Técorce terrestre varie beaucoup : tantôt ce sont de simples excavations , pénétrant à quelques mètres de profondeur, tantôt elles se prolongent à des distances qu'il est impossible d'apprécier. Une caverne creusée dans le calcaire ancien du Kentucky, dans le bassin de Green river, un des affluents de l'Ohio, a trois lieues et demie de longueur : des embranchements latéraux augmentent beaucoup la superficie totale de cette immense cavité. J'ai déjà dit que le Jura présente une structure très-caverneuse , et je ne crois pas émettre une appréciation exagérée, en supposant que les vides enb*ent pour un vingtième au moins dans la composition de ce massif montagneux.

■cmpliflMiffe «es eaveniM et dei grouet. — Je réserve pOUr une

autre partie de cet ouvrage la description plus détaillée des cavités qui parcourent l'écorce terrestre dans tous les sens. Je dois me borner ici à décrire le mode dont ces cavités se sont remplies d'ossements et de débris de roches , et à parler du phénomène qui a donné origine aux brèches osseuses et aux cavernes à ossements.

Tant qu'une grotte est parcourue par les eaux, elle se trouve dans sa période de formation ou d'accroissement. Puis, lorsque

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