REMPLISSAGE DES CAVERNES ET DES GROTTES
par suite de diverses circonstances , telles que le soulèvement de la masse où elle existe > les eaux Tabandonnent , elle entre dans une seconde période qui peut être une période de statu quo ou de remplissage.
Trois sortes d'éléments tendent à pénétrer dans une grotte et à la combler.
Une grotte^ après son dessèchement^ n'est pas déGnitivement mise à Tabri de llnvasion des eaux. Les courants^ les uns temporaires^ les autres permanents^ continuent d'y circuler. Os y apportent du limon souvent rougeâtre, du sable^ du gravier provenant de points éloignés, et des débris des roches dans lesquelles cette grotte est creusée. Ceux-ci déterminent, dans l'intérieur de cette grotte , un terrain de transport quelquefois assez nettement stratifié, mais le plus souvent formant une masse confuse.
Le calcaire concrétionné dont j'ai indiqué le mode de formation (page 334) contribue, avec le terrain de, transport, à remplir les cavités de toute nature existant dans l'intérieur de i'éoorce terrestre. Il tapisse les parois, la voûte et le sol des cayemes; il constitue les stalactites et les stalagmites qui, en augmentant de nombre et de diamètre, finissent par se souder les unes aux autres , et tendent ainsi à combler les cavernes où elles se produisent. Ce calcaire concrétionné forme des couches stalagmitiques qui recouvrent le terrain de transport et quelquefois alternent avec lui.
A ces éléments d'origine inorganique se joignent les débris d'animaux, coquilles et ossements de mammifères. Ces débris sont mélangés avec le terrain de transport , au milieu duquel ils se présentent pêle-mêle ou se disposent par zones.
Ordinairement, une seule couche stalagmitîque recouvre le terrain de transport et les ossements qu'il contient; d'autres
foiSj les divers éléments dont je Tiens de faire Ténumération présentent des alternances y ce qui indique que le remplissage des cavernes ne s'est pas effectué d'un seul coup.
Brèctaei osseuses. — Les brèches osseuses sont des fissures verticales ou plus ou moins inclinées^ ordinairement remplies des mêmes éléments qui se rencontrent dans les cavernes; mais ces éléments y sont disposés sans aucun ordre. Les débris de roches proviennent^ pour la plupart, des parois mêmes des fissures; ils sont anguleux ou à peine arrondis, comme ceux des éboulis. Les ossements sont d'une faible dimension , surtout lorsque les fissures offrent peu de largeur. Le calcaire concrétionné y est sous forme de travertin, tantôt argileux, tantôt spathique : il constitue la guangue dans laquelle les ossements et les débris de roches sont empâtés.
Très- sou veiit, le tout est coloré par un dépôt ferrugineux dont l'origine est geysérienne et se lie à celle des fissures où les brèches osseuses se sont produites. Le travertin provient également des sources pétrogéniques qui ont traversé ces fissures. Plus tard , je pourrai insister sur ces rapports qui rattachent les brèches osseuses, non-seulement aux fentes remplies du minerai de fer appelé bonherz en Suisse , mais aussi aux filons et même aux failles qui sont également des fentes remplies de matériaux détritiques.
Ces relations ne doivent pas nous faire perdre de vue celles qui existent entre les brèches osseuses et les cavernes à ossements. Les brèches osseuses n'ont été souvent que les conduits qui établissaient une communication entre les cavernes et le sol.
DUtiikvUoB scolod^ac et ffCogmiplilviic des caTemcs à ossemeots et
«es urècbes osseuses. — Lcs cavernes de la Belgique (Chockier) ,