PREMIÈRES ALLUVIONS
Les faits précédents , presque textuellement extraits d'un travail récent de M. Leymerîe (Actes de la Soc, lin. de Bor^ deaux, tome XXIV )^ me paraissent susceptibles de recevoir l'interprétation suivante.
L'action alluviale a commencé à se produire immédiatement après le soulèvement des Pyrénées. Elle offrait déjà une certaine intensité vers le commencement de la période miocène^ mais les débris qu'elle entraînait^ après avoir subi une trituration prolongée^ étaient reçus dans les lacs ou dans la mer qui venaient baigner le pied de la chaîne pyrénéenne. A la fin de la période miocène^ les eaux douces ou salées se sont retirées par suite soit du comblement du bassin qu'elles occupaient, soit d'un soulèvement dans le sol. Les alluvions accumulées sur le versant septentrional de cette chaîne ont continué leur mouvement de progression^ à la manière d'un glacier. Elles sont venues se répandre sur le terrain miocène récemment déposé, et l'emplacement qu'elles désertaient a été recouvert par des alluvions de formation nouvelle. Le même phénomène a persisté pendant la période pliocène. La prédominance des cailloux roulés vers la partie supérieure du dépôt limoneux correspond au moment où l'action alluviale a pris sa plus grande extension.
On voit que, lors de la période pliocène, il s'est passé, sur le versant septentrional des Pyrénées, quelque chose d'absolument semblable à ce qui s'est produit dans la dépression bressane. Dans la Bresse, les conglomérats dominent également vers la partie supérieure du terrain de transport qui, dans ce pays, représente le système pliocène. Le conglomérat bressan et la nappe de cailloux roulés dont il vient d'être question appartiennent à la même époque et dépendent de la même cause.
Littoral méditerranéen. — Le terraia pliocène y 8i puissant dans le bafisin méditerranéen ^ s'y montre nettement divisible en deux étages. L^étage inférieur y est composé de marnes bleuâtres ou grisâtres, presque toujours marines, renfermant quelquefois des coquilles d'eau douce. Au-dessus de ces marnes bleues^ viennent des sables quartzeux jaunâtres qui atteignent leur plus grand développement aux environs d'Asti ^ dans le Piémont. Dans tout le bassin méditerranéen , ils passent tantôt à des formations alluviales par l'accroissement du volume de leurs éléments et le changement du milieu où ceux-ci ont été reçus ^ tantôt à des bancs fluvio-lacustres. Le terrain de transport du val d'Arno et les formations alluviales, que j'ai vues très- développées, dans les environs de Barcelone, correspondent, en partie, au conglomérat bressan et aux alluvions anciennes du versant septentrional des Pyrénées.
^ue fiMit-ii cDteBére vttrèrejovicnneT — Le problème relatif à l'époque où l'action alluviale et la plupart des phénomènes dont je parlerai dans les chapitres suivants se sont manifestés pour la première fois, est subordonnée à une question de géologie systématique que je ne puis traiter ici avec détails. Cette question est la suivante : Que faut-il entendre par ère jovienne et quel est le moment précis où elle commence ?
Pour nous, l'ère jovienne date du moment où les mers se sont renfermées dans leurs limites actuelles. Elle commence immédiatement après le dépôt des derniers sédiments marins de la période pliocène. Parmi ces sédiments se trouvent les sables jaunâtres de Montpellier et ceux des environs d'Asti; les uns et les autres renfermant des débris de Mastodan brevirosiris. Les sables des Landes, qu'il ne faut pas confondre avec les dunes de la même région , le terrain lacustre à lignite de