ACTION DESTRUCTIVE EXERCÉE PAR LA MER , ETC
supérieure de la falaise ont été détruits en s'entrechoquant les uns contre les autres , les vagues sapent de nouveau le pied de cette falaise. Dans ce cas^ le phénomène de destruction est soumis à des alternatives de repos et d'activité.
Lorsque les flots subissent tout à la fois l'impulsion de la tempête , des courants et de la marée , ils acquièrent une telle force d'impulsion que dans l'île de Sterness^ dit sir Lyell^ des blocs de sept mètres cubes ont été transportés à une distance de 27 mètres.
L'usure persistante des côtes permet à la mer de pénétrer dans rintérieur des terres avec une vitesse qui , dans certaines localités^ peut être appréciée au moyen des documents historiques.
Le phénomène de l'empiétement lent mais continu de la mer, par suite de l'usure de ses rivages^ ne doit pas être confondu avec celui de son envahissement après la destruction des digues constniites par l'homme. C'est surtout dans la Hollande que se produisent le plus souvent ces irruptions subites de la mer qui se lient aux mouvements de l'écorce terrestre et dont, plus tard, j'aurai l'occasion de parler. Le sol de ce pays s'affaisse insensiblement^ et^ malgré les atterrissements formés par les fleuves, il serait peu à peu envahi par les eaux marines, sans l'otetacle que leur opposent les dunes établies par la nature et les digues construites par l'homme. Lorsque la mer parvient à rompre cet obstacle , elle prend tout d'un coup possession de la contrée que ^ sans lui, elle eût antérieurement occupé d'une manière progressive.
Le littoral est le théâtre d'une lutte qui a pour acteurs l'océan et la terre-ferme, cherchant à empiéter sur le domaine l'un de l'autre. Cette lutte se terminerait, ainsi que je l'ai déjà dit, par la disparition des continents: toutefois, ce ne serait qu'après
308 PROPBQME DE GËOLOGIS.
un temps d'une durée excessivement longue et probablement supérieure à celle des siècles géologiques, Mais les forces iQ-» térieures interviennent à divers intervalles pour abaisser ou soulever Técorce terrestre. Elles déplacent^ d'une manière re* lativement rapide , l'appareil littoral , c'est-à-dire le théâtre de la lutte, et augmentent ainsi les effets destructeurs de l'océan ^ qui entraîne avec lui tous les dépôts meubles ou incohérente qu'il rencontre en changeant de rivages. Mais la partie du sol soulevée y à chaque époque géologique^ est plus étendue que la partie qui s'affaisse; en défini tive^ les forces intérieures^ en intervenant dans cette lutte, rendent l'avantage à la terre^ ferme qui^ depuis la fin de l'ère neptunienne^ ne cesse do croître en surface et en altitude.