CHAPITRE VI
PHÉNOMÈNES DE TRANSPORT PAR l'eAU A L^BTAT DE GLACE; THéoniE GÉNÉRALE DBS GLAQERS.
LdB glaciers; mécanisme de leur formation; transformalion do névé en glace. — MoQvemeDts des glaciers : lois de ces moavemenls ; un glacier est un fleuve stéréotypé. — Causes des mouvements du glacier : hypothèses de de Saussure , de MM. Agassiz et J. Forbes : théorie de M. Tyndall : conséquences du phénomène du regel; influence de la pente. *- Striage et polissage des roches : roches moutonnées; déna* dations par les glaciers. — Moraines latérales, médianes, superfi* cielles, profondes, terminales. — Blocs erratiques, terrain glaciaire éparpillé, diluvium. — Les glaciers de Pépoque actuelle : glaciers des Alpes, de la Scandinavie, de l'Islande, du Spitzberg. — Glaces circumpolaires : glaces flottantes. — Glaces de fond : transport des roctes par les glaces des rivières.
L'étude des glaciers appartient tout à la fois à la géologie , à la physique du globe et à la météorologie. Ces deux dernières sciences ont surtout en vue, dans l'étude des glaciers, leur mode de formation , leur structure , les lois de leurs mouvements, leurs conditions d'existence et toutes les particularités qu'ils présentent à Tépoque actuelle. La géologie s'attache de préférence à rechercher l'action exercée par les glaciers sur les roches qu'ils rencontrent dans leur mouvement de translation , Faspect des dépôts qu'ils forment en disparaissant, et les traces de leur existence dans des contrées qu'ils ne recouvrent
plus. La nature de cet ouvrage ne me permet pas de résumer ce que la météorologie et la physique du globe nous enseignent au sujet des glaciers ; je devrai me borner à rappeler sommairement leur mode de formation et la nature de leurs mouvements. Les limites dans lesquelles je suis obligé de me renfermer m'empêcheront même de décrire complètement les phénomènes glaciaires considérés au point de vue géologique. Les lacunes les plus importantes qui pourront exister dans ce chapitre seront comblées dans le courant de cet ouvrage
l<M slaclen : mécanisme de leur formation. — c( En hivet | » dît
M. Ch. Martins^ c( au printemps et en automne^ il tombe sur les sommets des Alpes des masses de neiges considérables. La hauteur de la neige tombée au Grimsel , à 1880 mètres audessus de la mer^ a été de plus de 16 mètres depuis le mois de novembre 1845 jusqu'au mois d*avril 1846. La couche d'ean résultant de la fusion de cette neige aurait près d'un mètre et demi d'épaisseur. Ces neiges^ chassées par les vents^ emportées par les tourbillons^ s'accumulent surtout dans les grandes dépressions qui avoisinent les hautes cimes. Ces dépressions sont connues sous le nom de cirques, car elles se terminent ordinairement par une enceintedemi-circulaire^ couronnée de sommets élevés. Les neiges qui s'accumulent dans les cirques ne restent pas immobiles; elles sont animées d'un mouvement de progression qui les entraîne vers la vallée. A mesure que cette neige descend dans les régions plus tempérées, elle subit, surtout dans la belle saison, des modifications importantes qui en changent complètement la nature et l'aspect : elle se transforme en glace. Voici comment s'opère cette transformation ; à la chaleur des rayons du soleil, la surface de la neige commence à fondre ; l'eau résultant de cette fusion s'infiltre dans