CAUSES DKS MOUVEMENTS DES GLACIERS
L'observaiioo suivante, faite par M. Desor, montre combien la glace des glaciers se prête facilement à toutes sortes de rw^ tares* Lorsqu'on nettoie une place sur la moraine centrale près de l'Abscbwung, au moment où on la met à découvert, la glace des bandes bleues est parfaitement transparente, l'œil y plonge jusqu'à une profondeur de plusieurs pieds ; mais cette pureté ne dure qu'un instant, et l'on voit bientôt se former de petites fêlures, d'abord superficielles, qui se combinent en ré» seaux, de manière à enlever peu à peu à la glace bleue toute sa transparence ; lorsqu'on approche l'oreille de la surface de la glace, on entend distinctement un léger bruit de crépitation qui accompagne la formation de ces fêlures.
H. James Forbes appelle le glacier une masse craquante; il parle de la glace comme craquant et se poussant en avant : le glacier, dit-il, cède en gémissant à son sort.
En résumé , la cause essentielle qui détermine les mouvements d'un glacier se trouve dans la propriété qu'il a , de se disloquer et de se briser en fragments de tout volume sous la pression mutuelle de ses parties. La pesanteur intervient poaf déterminer le sens dans lequel , à la suite de tous ces mouve* ments, s'effectue le déplacement du glacier. Enfin, le pbéno« mène du regel complète cette théorie en nous expliquant la compacité de la glace du glacier : il soude entre eux les frag^ ments déterminés par les solutions de continuité qui, à chaque instant, s'établissent dans la masse du glacier. Par suite du phénomène du regel, les glaciers remaniés reprennent rapi** dément l'aspect de ceux dont ils proviennent, et aucune trace de séparation ne s'établit entre deux glaciers qui se confoiH dent. Sans le r^el, un glacier serait comparable, non à uo flen^e, mais à un éboalement immense se produisant avec une lenteur exœsrive.
408 PRODROME DE GÉOLOOfB.
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«éicraiiMBt •■-4CMOW «e icar BMse. — o Le frottement que le glacier exerce sur son fond et sur ses parois est trop considérable pour ne pas laisser de traces sur les roches avec lesquelles il se trouve en contact ; mais son action est différente suivant la nature minéralogîque de ces roches et la configuration du lit qu'il occupe. Si Ton pénètre entre le sol et la surface inférieure d'un glacier, on rampe sur une couche de cailloux et de sable fin imprégné d'eau. Si Ton enlève cette couche, on reconnaît que la roche sous-jacente est nivelée , polie , usée par le frottement et recouverte de stries rectilignes ressemblant tantôt à de petits sillons, plus souvent à des rayures parfaitement droites qui auraient été gravées à Taide d'un burin ou même d'une aiguille très-fine. Le mécanisme par lequel ces stries ont été gravées est celui que l'industrie emploie pour polir les pierres ou les métaux. A l'aide d'une poudre fine appelée émeri, on frotte la surface métallique et on lui donne un éclat qui provient de la réflexion de la lumière par une infinité de petites stries excessivement ténues. La couche de cailloux et de boue interposée entre le glacier et le roc subjacent, voilà l'émeri. Le roc est la surface métallique, et la masse du glacier, qui presse et déplace la couche de boue en descendant continuellement vers la plaine, représente l'action de la main du polisseur. Aussi les stries dont nous parlons sontr elles toujours dirigées dans le sens de la marche du glacier; mais comme celui-ci est sujet à de petites déviations latérales, les stries se croisent quelquefois en formant entre elles des angles très-petits. Les stries gravées sur les rochers qui contiennent les glaciers sont en général horizontales ou parallèles i sa surface. Toutefois , aux rétrécissements des vallées, ces stries se redressent et se rapprochent de la verticale. Forcé de