‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 91 sur 149 · THIÀGE ET POLISSAGE DES ROCHES PAR4.ES GLACIERS · texte numérisé non relu

THIÀGE ET POLISSAGE DES ROCHES PAR4.ES GLACIERS

fraochir un détroit^ le glacier se relève sur ses bords et remonte le long des flancs de la montagne qui lui barre le passage. En outre, le glacier imprime souvent à tous les rochers une forme particulière et caractéristique. En détruisant toutes les aspérités de ces rochers, il en nivèle la surface et les arrondit en amont, tandis qu'en aval ils conservent quelquefois leurs formes abruptes, inégales et raboteuses. Vu de loin, un groupe de rochers ainsi arrondis rappelle Taspect d'un troupeau de moutons; de là le nom de roches moutonnées que de Saussure leur a donné, et qui leur est resté, o (Martins, loc, cit.)

D'après les expériences de Durocher, il n'est pas nécessaire , pour qu'un corps détermine des stries, qu'il soit soumis à des vitesses ou à des pressions considérables. En outre, la Titesse et la pression nécessaires varient en sens inverse l'un de l'autre. Quand la vitesse est inférieure à un millimètre par seconde, la pression exercée sur le galet frotteur doit être au moins de 100 kilogrammes, tandis qu'avec une vitesse de 40 millimètres, le même galet n'a plus besoin pour strier que d'une pression de 5 kilogrammes. Dans un glacier, la vitesse est bien plus faible que dans ces expériences, mais la pression y est bien plus considérable. Les conditions dans lesquelles ces expériences ont été faites se rapprochent un peu plus de celles où se trouvent les glaces flottantes, et nous expliquent comment les blocs que celles-ci transportent peuvent strier les roches sur lesquelles elles passent.

Non*8eulement des matériaux de même dureté mordent ainsi parfaitement l'un sur l'autre, mais une roche relativement molle peut strier une roche dure si elle est animée d'une vitesse suffisante. Du calcaire lithographique doué d'une vitesse de 40 centimètres par seconde, et pressé seulement à

raison de 35 kilogrammes par millimètre carré, strie très-

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nettement le granité. Les glaciers étant loin de i^œséder ane vitesse aussi grande^ les corps qui , sous leur pression^ déter^ minent les stries, doivent être d'une grande dureté«

Enfin, dans les expériences de Durocher, les fragments frotteurs, à chaque instant de leur mouvement, subissent eui-mémes des modifications. On les voit s'user avec rapidité et souvent s'écraser sur les angles, de sorte que, si Tappareîl leur permet de tourner sur eux-mêmes, d'angulenx qu'ils étaient d'abord , ils s'arrondissent bientôt. II suffit son* vent d'un parcours de quelques dizaines de mètres pour qu'ils se transforment en véritables galets. De là la formation de cailloux et de t)oue entre le glacier et le sol qui le supporte.

L'eau polit également les rochers, mais elle ne marque pas de stries à leur surface. En outre, le poli qu'elle leur imprime est plus mat et moins parfait que celui qui est produit par les glaciers; il n'affecte pas d'une manière uniforme toute la surface des rochers. C'est, dit M. Agassiz, une conséquence de sa nature mobile et incohérente que Feau use, en creusant d'une manière très-inégale et par saccades, le lit des torrents. La glace, au contraire, n'épargne pas plus les reliefs que les dépressions : elle tend à niveler toutes les surfaces.

On vient de voir que les roches les plus tenaces sont rabotées par les glaciers. S'ils reposent sur des roches peu résistantes ou sur un terrain de transport, il leur est facile de produire au-dessous d'eux des phénomènes de dénudation assez intenses, et c'est ainsi qu'ils ont creusé la plupart des lacs de Illalie septentrionale.

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La pluie, la foudre, les alternatives de gelée et de dégel, les avalanches détachent des montagnes qui encaissent un glacier

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