DÉBRIS FOSSILES DBS CORPS ORGANISÉS
Taîde duquel il est souvent permis^ au moyen d'an simple fragment^ de réédifler le squelette et l'animal tout entiers. Eq vertu de ce principe, base de Tanatomie comparée^ certains organes s'excluent mutuellement, d'autres s'appellent pour constituer^ en se réunissant^ le corps de chaque individu. Par conséquent^ la possession de l'un d'entre eux peut conduire à la connaissance des autres. 11 est certaines combinaisons que la nature n'a jamais réalisées ; elle n'a jamais créé de mam-
ii me fallut apprendre à la fois à restaurer ces monuments des révolutions passées et à en déchiffrer le sens ; j'eus à recueillir et à rapprocher dans leur ordre primitif les fragments dont ils se composent, à reconstruire les êtres antiques auxquels ces fragments appartenaient, à les reproduire avec leurs proportions et leurs caractères ; à les comparer enfin à ceux qui vivent aujourd'hui à la surface du glol)e : art presque inconnu , et qui supposait une science à peine effleurée auparavant , celle des lois qui président aux coexisteaces des formes des diverses parties dans les êtres organisés, a
Il est juste de rappeler que Vicq d^'Azyr avait préparé la voie à Guvier et qu'une part lui revient dans l'honneur de la découverte des lois fondamentales de ranaiomie comparée: voici du reste comment H. Flourens apprécie la valeur relative des travaux de ces deux hommes illustres : • On ne peut parler des pft>grèsque Tanatomie comparée a dus à Guvier ^ sans un respect profond^ il ne parlait jamais lui même de cette science qn*avec enthousiasme; il la regardait, et avec juste raison, comme la science régulatrice de toutes celles qui se rapportent aux êtres organisés; et la mort l'a surpris méditant ce grand ouvrage qu'il lui consacrait, et où^ rassemblant toutes ses forces, ce génie si
vaste eût enfin paru dans toute sa grandeur Riche des travaux de ses pré-
déœsseors^ Vicq d'Azyr embrassa l'anatomie comparée dans son ensemble; il y porta ce génie profond qui voit dans les sciences le but à atteindre^ et cet esprit de suite par lequel on l'atteint; et la grande réforme opérée en effet par Cavier dans Tanatomie comparée, nul ne Ta plus avancée que Vicq d'Âzyr. Ce fut même un bonheur pour cette science que de passer immédiatement des mains de l'un de ces deux grands hommes dans les mains de l'autre. Vicq d'Azyr y avait porté le coup d'œil du physiologiste ; Guvier.y porta plus particulièrement celui du zoologiste ; et l'on peut croire qu'elle avait un égal besoin
d'être considérée sous ces deux points de vue Quoi quMl en soit, l'anato*
mie comparée n'était encore qu'un recueil de faits particuliers touchant la structure des animaux. Guvier en a fait la science des lois générales de Torganisatiou animale, i (Flourens, Eloge hiitarique de Cuvier.)
mifères couverts de plumes^ de poissons pourvus de poupons , etc.
Pourtant , le principe de la corrélation des organes n'a pas une valeur absolue et les paléontologistes l'appliquent avec d'autant plus de réserve^ ^ue les débris qu'ils étudient appartiennent à des animaux d'un ordre plus inférieur. Son emploi devient assez difficile lorsqu'il s'agit de débris d'invertébrés^ mais il est alors moins nécessaire. La partie solide d'un inverr tébré f ce qui constitue soit sa charpente , soit son squelette intérieur ou extérieur, est ordinairement formée d'un très petit nombre de pièces distinctes , quelquefois même d'une seule , comme dans les gastéropodes. Les valves des brachiopodes et des lamellibranches sont fréquemment isolées , mais dans les mollusques à coquille régulière , équivalve , une des deux valves suffit pour une détermination rigoureuse. Gomme exemples de débris qu'il est quelquefois difficile de rapporter à l'espèce à laquelle ils ont appartenu , je citerai les baguettes d'échinides qui sont rarement ratUichées à leur test; leur étude offre d'autant plus de difficulté , au point de vue de la spécification 9 qu'un même test possède ordinairement des baguettes de diverses formes.
Les végétaux fossiles sont rarement complets. On conçoit que, pendant qu'ils sont transportés du sol émergé où ils ont vécu au fond des eaux où leur fossilisation doit s'opérer, les parties dont ils se composent soient d'abord séparées les unes des autres , puis déposées sur des points différents , les tiges d'un côté , les feuilles de l'autre. Il en résulte des erreurs de détermination dont un des meilleurs exemples nous est fourni par les stigmaria , que l'on avait d'abord considérées comme étant des végétaux aquatiques et qui ne sont rien autre chose que des racines de sigillaires.