ENVELOPPES ET PARTIES DURES DES RÂDIAIRES
types que l'on distingue par les noms de Conchorynchus , Rhynchoteuthis , Palœoteuthis.
BMvdoypM et parUM «arcs «es nidiaires. — Ce que noQS Tenons de dire des chances et du mode de conservation des mollusques s'applique en tous points aux radiaires ou zoopbytes.
Les échinodermes ont le corps enveloppé d'un tégument calcaire que recouvre une épiderme très mince, ce qui^ au point de vue anatômique^ établit une différence entre ce tégument et la coquille des mollusques. Ces animaux sont représentés à l'état fossile par leur enveloppe tégumentaire ^ par les épines ou baguettes qui recouvrent cette enveloppe^ par les osselets ou pièces solides placées dans l'intérieur de leur corps j et ^ enfla , par les pièces articulées qui^ en se superposant, forment les racines, la tige et les branches des crinoïdes {posteà, chap. iv).
Les polypes sont quelquefois nus et composés seulement d'une substance gélatineuse qui disparait peu après la mort de l'animal ; aussi ces polypes ne sont-ils pas représentés à l'état fossile. Un plus grand nombre sont formés d'une matière cornée ou calcaire qui remplit les mailles d'un réseau constitué par la substance organique. Les espèces dont l'axe est corné se montrent rarement dans les strates sédimentaires; il en est ainsi notamment pour les gorgones dont une espèce vivante , Gorgama sétosa y a donné à l'analyse 93 ^/^ de matière animale. Mais, dans les polypiers calcaires, la proportion de substance pierreuse est bien plus considérable ; aussi ces polypiers sont-ils très abondants daus les terrains stratiGés. Les axes de pennatules renferment, d'après M. Frémy, 23 à 16 ^/^ de phosphate de chaux ^ 44 à 54 % de carbonate de chaux, et 30 à 33 \ de matière organique.
Quelques paléontologistes placent dans les alcyonnaires^ à côté des gorgones et des pennatules^ certains corps spéciaux au terrain silurien et auxquels on a donné le nom de graptolites (Ypa^pw, j'écris; Xiôo;, pierre). Ces corps n'existent qu'à l'état fossile et leurs caractères zoologiques restent encore douteux. Ils consistent en une tige plus ou moins aplatie ^ portant , de chaque côté ou d'un seul^ des cellules dont chacune servait de demeure à un polype. Cette tige^ longue quelquefois de vingt cinq centimètres^ se dirige^ selon les espèces, en ligne droite, en spirale dans un même plan , ou en hélice.
L'embranchement des radiaires comprend d'autres animaux qui possèdent des parties solides susceptibles d'être rencontrées dans les strates; tels sont les spongiaires , c'est à dire les animaux ayant l'éponge pour type. Les spongiaires vivants sont des corps polymorphes gélatineux , criblés de trous et de canaux y et dont la masse est soutenue soit par des filaments cornés^ soit par des spicules siliceuses et calcaires déterminant par leur entrecroisement une sorte de squelette. Ces spon* glaires à squelette corné sont a peu près inconnus à l'état fossile. On considère, comme étant des spongiaires, des corps qui offrent avec eux une certaine analogie de forme , mais qui n'avaient probablement pas de spicules ou de substance cor* née. Ces corps , désignés sous le nom de pétrospongides ou de spongiaires à S(|uelette pierreux, n'existent qu'à l'état fossile : diverses circonstances démontrent que ces corps avaient déjà de leur vivant leur consistance pierreuse actuelle.
Bryoïoaireu; iiiiiopo«et; lofasoirct. — Chacun des trois embranchements d'invertébrés comprend certains animaux d'un si faible volume qu'on ne peut les étudier qu'à la loupe ou au microscope. Quelques uns de ces animaux n'offrent pas dans
COPROLITES; COLOLITES; ŒUFS d'oISEÂUX^ ETC. 41
leur organisation de parties solides; aussi les strates sédimentaires ne montrent-elles jamais des traces de leur ancienne existence. Mais il en est d'autres dont le corps est soutenu par un squelette pierreux, comme dans les bryozoaires et les rhizopodes^ ou protégé par une enveloppe résistante comparable aux deux valves d'une coquille , ainsi qu'on l'observe dans les cypris, parmi les crustacés.
Les êtres organisés, vaguement désignés sous le nom A'infusoires , sont tous microscopiques; les uns appartiennent au r^ne animal, les autres au règne végétal. Il en est parmi eux qui ne possèdent pas d'enveloppe solide et dont le corps est complètement détruit lorsqu'ils ont cessé d'exister; mais la plupart sont entourés d'une cuirasse ou carapace ordinairement calcaire pour ceux qui appartiennent au règne animal {microzoaires), et siliceuse pour ceux qui prennent place parmi les végétaux (microphytes).
Lès parties solides qui supportent ou protègent le corps des animaux dont il vient d'être question présentent fréquemment au microscope des dessins d'une variété inQnie et d'une grande élégance; malgré leur délicatesse , ces dessins ont été entièrement respectés pendant la fossilisation et leur étude mîcrograpbrque offre le plus vif intérêt. Ce parfait état de conservation est la conséquence de ce que ces animaux ont ordinairement laissé leurs débris sur la place où ils ont vécu; lorsqu'ils ont été entraînés par les courants, leur faible volume les a fait voyager de compagnie avec des corps d'une ténuité extrême , tels que des particules argileuses , dont le frottement ne pouvait exercer sur eux une action sensible.
i; MioUles, Mil «*6l§eain, etc. — Les COprolites (xoirpoç,
excrément : XtOoç, pierre), anciennement désignés sous le
nom de cônes de mélèze, affectent une forme plus ou moins arrondie^ souvent contournée en spirale^ à surface lisse ou légèrement rugueuse. Ils sont tantôt très durs et même sus* ceptibles de poli , tantôt plus ou moins friables. Leur couleur se rapproche du noir^ du gris cendré, du jaune, du brun clair, etc. Leur grosseur varie depuis celle d'une noisette, jusqu'à celle du poing. Tous leurs caractères se modiûent, ainsi que leur composition, pour chacun des groupes auxquels appartenaient les animaux qui les ont produits; c'est ainsi que l^a présence de l'acide urique établit une distinction entre les coprolites d'oiseaux et ceux des autres animaux. La présence du carbonate et surtout du phosphate de chaux est constante dans les coprolites; ceux de poissons en contiennent jusqu'à 90 %. On a cru reconnaître dans quelques coprolites des parties encore non digérées; ces parties, qui peuvent rensei-* gner sur le régime de l'animal, sont des fragments d'os et d'écaillés de poisson, des poils, des graines se présentant sous la forme de petits corps noirs , etc. On a recueilli des coprolites dans un grand nombre de terrains ; les cavernes à ossements, surtout celles de Lunel Viel, de Liège, etc., en ont fourni qui provenaient des animaux, tels que l'ours et l'hyène^ qu'elles avaient pour habitants.
Les schistes lithographiques de Solenhofen et de quelques autres terrains plus anciens renferment des corps cylindriques, allongés, entrelacés et repliés sur eux mêmes. M. Agassiz a démontré que la plupart de ces corps étaient des intestins de poissons, ou , du moins, le contenu de ces intestins ayant conservé la forme de l'organe dans lequel ils étaient renfermés; il leur a donné le nom de Cololites (xôîXov, intestin; XCOoç, pierre). On a trouvé dans l'intérieur de quelques cololites des ftrêtes de poisson, des fragments de petits rayonnes, et àf^
COPROUTES; COLOLITBS; (EUFS D^OISEAUX^ ETC. 43
agloméralions de petits os. M. Âgassiz a trouyé des cololites occupant dans riatérieur de plusieurs poissons fossiles la position ordinaire des intestins. Il pense que les poissons , après leur mort , ont flotté à la surface de Teau jusqu'à ce que les gaz résultant de la décomposition aient distendu et déchiré la partie abdominale qui a-laissé ensuite s'échapper les intestins.
Les cololites étaient y avant les recherches de M. Âgassiz , désignées sous le nom de lumbricites, vermictdites, etc.^ parce qu'on les rapportait à des annélides. Ces anciennes désigna* tions ne doivent pas être abandonnées , car probablement il est des cas où elles peuvent être appliquées et où des corps cylindriques et enroulés sont des traces d'annélides plutôt que des intestins de poisson.
U n'est pas rare de trouver des œufs fossiles d'oiseaux dans le terrain lacustre de l'Auvergne; il en a été rencontré aussi dans les environs de Weimar et dans le gypse d'Aix. On a rapporté de Madagascar quelques fragments osseux et des ceu& d'an oiseau dont on a fait le genre Epiornis ; ces œufs y dont la capacité était six fois plus grande que celle des œufs d'autruche, ont été recueillis dans des alluvions, et il estpos-^ sible que la date de leur enfouissement soit assez récente pour qu'on ne puisse pas les considérer comme fossiles. Des œufs de tortue ont été rencontrés dans le terrain falunien de la Gironde. Sir Lyell rapporte avoir recueilli à Tona^ au nord de Gotha , dans un tuf contenant des débris à!Elephas primigemus, etc., des œufs d'un serpent gros comme ceux de la plus grande couleuvre d'Europe. Citons encore, comme exemples d'organes d'animaux conservés à l'état fossile, les poches à encre de cahnar, et les yeux d'ichthyosaure qu'on a recueillis dans le lias de Liiiie Régis ; la fossilisation de ces yeux a été rendue plus facile par un cercle de pièces osseuses qui les protégeaient.
parttet «es Yéccuiaz te rencoDiranl à rétat foMlle. — Ce qui de
prime abord attire raiiention lorsqu'on recherche dans quelles circonstances s'est opérée la fossilisation des végétaux , c'est Tabsence chez eux de parties pierreuses ou assez dures pour résister pendant longtemps aux chances de destruction qui les entourent. Remarquons en outre que presque tous les végétaux croissent sur la terre ferme et doivent^ par conséquent^ avant leur fossilisation, être arrachés du sol où ils ont vécu^ puis charriés au fond des eaux douces ou salées. Mais les désavantages qui viennent d'être signalés sont en partie rachetés par la facilité avec laquelle les matières végétales se conservent sous l'eau. D'ailleurs , la fossilisation des végétaux s'effectue avec plus de rapidité qu'on ne pourrait le suppo<> ser; on cite des exemples de silicification complète déjeunes feuilles de palmier sur le point de se développer dans Tétat où^ aux Indes Occidentales , on leur donne le nom de choux palmiers.
Les organes de végétaux que l'on rencontre le plus fréquem^ ment à l'état fossile sont les tiges, les feuilles, lorsqu'elles sont formées d'un tissu résistant ou que leur limbe peut s'étendre facilement entre les plans de séparation des strates , les fruits , lorsqu'ils ne sont pas charnus.
Les plantes exclusivement composées de tissu cellulaire, c'est à dire les lichens , les champignons et les mousses , n'apparaissent à l'état fossile que dans des conditions exception* nelles; on s'explique aisément que la délicatesse de leurs tissus se soit opposée à leur conservation. Pourtant^ les algues marines, grâce à leur habitat, ont laissé des empreintes assez nombreuses sur les strates Quelques couches sont même désignées sous les noms de calcaire ou de schistes à fticotdes , à cause des nombreuses empreintes de fucus ou d'algues qui
PARTIES DES VÉGÉTAUX SE RENCONTRANT A f/ÉTAT FOSSILE 45
tapissent leur surface; mais la détermination de ces empreintes est toujours très difQcile et conduit à des résultats peu satisfaisants.
Parmi les plantes cryptogames à tissu cellulaire , je dois mentionner, comme offrant de Tintérêt pour le géologue ^ les Chara qui vivent en si grande abondance dans les eaux douces. La tige et les organes de la reproduction de ces plantes s'encroûtent de carbonate de chaux ^ui facilite leur fossilisation. Ces organes de la reproduction ont reçu de Lamark le nom de gyrogonites («rupoç , cercle : yovTi , semence ); ils ont la forme d'un corps arrondi , entouré de cinq tubes en spirale ; on les rencontre fréquemment dans les terrains lacustres et ^ notamment , dans les meulières du terrain d'eau douce supérieur des environs de Paris.
Il est , pour chacun des principaux groupes de végétaux ^ certains caractères particuliers que le géologue doit avoir présents à Tesprit^ parce qu'ils sont propres à lui indiquer de prime abord à quel embranchement^ à quelle famille , et^ parfois, à quel genre a[i|)artiennent les objets placés sous ses yeux. Les tiges des cryptogames arborescentes ont des formes qui les font aisément reconnaître (Voir posteà , livre Xl, cbap. m). L'étude des tissus^ qui n'ont pas été détruits par la fossilisation^ aide également dans cette 'recherche. Chez les cryptogames arborescentes , les faisceaux fibro^vasculaires sont groupés en lames ou zones diversement contournées; les fougères sont , en outre , caractérisées par leurs vaisseaux scalariformes. Une coupe menée à travers une tige montre les faisceaux fibro-vascnlaires disposés sans ordre chez les monocotylédonées, le palmier, par exemple, et en cercles concentriques chez les dicotyiédonées. Les conifères font voir les vaisseaux ponctués spéciaux à leur famille. Quant aux feuilles, leurs
nervures sont parallèles chez les monocotylédonées et anasto* mosées chez les autres végétaux^ quelquefois d'une manière régulière et tout à fait caractéristique ^ ainsi qu'on Tobserve pour les fougères.
\ quel état m prétcntent IM Ml^rls foMllM ût torpê ortanliés. ^
Les squelettes des vertébrés sont rarement entiers. Les squelettes complets appartiennent presque toujours à des animaux marins dont la parfaite conservation s'explique non seulement * par leur habitat^ mais aussi ^ dans certains cas, par leurs faibles dimensions. Le lias de Lime Régis a fourni des squelettes de reptiles avec les os dans leur position naturelle, montrant pour ainsi dire leurs ligaments, et, jusqu'à un certain point, des vestiges de fibres tendineuses et musculaires. Quant aux poissons » on en trouve , dans un assez grand nombre de localités , des empreintes très nettes disposées comme le sont les débris de végétaux entre les feuillets des roches schisteuses.
Les fragments , souvent très petits , du squelette d'un vertébré peuvent conduire à la détermination de la classe, de la famille, du genre et, quelquefois même, de l'espèce auxquels ce vertébré doit être rapporté. Il n'est pas nécessaire d'avoir en anatomie des connaissances très étendues pour se faire une idée, à la vue d'une dent de lion , de la forme et de l'organisation générale de l'animal dont cette dent provient. On sait qu'une des gloires de Guvier W est d'avoir établi le principe à
(1) « Daas mon ouvrage sur les Ossements fossiles, » dit Cuvier en tête de son Discours sur les Révolutions du globe, « je me suis proposé de reconnaître à quels animaux appartiennent les débris osseux dont les couches superficielles du giobe sont remplies. C'était chercher à parcourir une route où l'on n^avait encore hasardé que quelques pas. Antiquaire d'une espèce noavélle.