THÉORIB DES COLONIES DE M. BARRANDE
éyoiytioi] zoologique. Entre la Bohême et ces parages inconnus^ des communications accidentelles se sont ouvertes pendant Ja seconde moitié de la durée de la faune seconde: Par suite de la combinaison de circonstances favorables^ un certain nombre d'espèces de la faune troisième se sont introduites à diverses reprises dans notre bassin^ et elles s'y sont cantonnées dans des lieux restreints sans doute les plus convenables pour leur existence. Elles y ont vécu durant un certain temps, sans se mêler en général avec les formes de la faune seconde occupant les parages voisins. »
L'interprétation donnée par M. Barrande est surtout basée sur des changements dans la configuration du sol^ changements qui auraient eu pour résultat de favoriser les immigrations Ses espèces en établissant une communication entre le bassin de Bohême et les mers voisines. Elle ne peut expliquer rintermittence des espèces des colonies; on ne voit pas pourquoi^ en effets ces espèces, après avoir été introduites dans le bassin de Bohême^ n'auraient pas continué d'y vivre jusqu'au moment où la faune troisième diivait s'y installer définitivement. L'hypothèse proposée par M. Barrande peut rendre oompttt de l'arrivée des espèces dans la région qui a fait l'objet de ses beaux travaux ; mais elle est superflue ou incomplète. N'est-il pas plus simple d'admettre que les espèces des colonies se sont montrées dans le bassin silurien de la Bohême sous l'influence des mêmes causes qui les ont placées dans les régions Toisines et que ce bassin était^ lui aussi^ un centre de création indépendant ?
Dans la théorie des colonies^ il y a deux faits à considérer : i* cdui que l'on observe sur divers points du globe et qui^ en Bohême comme partout ailleurs^ résulte des mêmes causes : c'est l'apparitiou anticipée, et suivie d'intermittence, des espèces;
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^ celui qui semble s'être produit plus particulièrement en Bohême et qui^ par conséquent^ demande une e{plication spéciale : c'est la concentration des espèces prophétiques dans des enclaves limitées dans le sens vertical comme dans le sens horizontal. Le problème se ramène douc^ en ce qui concerne les colonies, à expliquer et cette concentration des espèces pro< phétiques sur des points déterminés et leur isolement des espèces contem[K)raine$ destinées à s'éteindre avant elles. Li solution de ce problème, M. Barrande Ta donnée, mais d'uno manière trop implicite, en faisant remarquer que les rocher qui renferment les espèces des colonies étaient, elles aussi, de!^ roches prophétiques; elles annonçaient quelle serait phi^ tard la constitution pétrographique du terrain silurien supirieur, a Dans le phénomène complexe auquel nous avon> donné le nom de colonie^ d dit M. Barrande, « il y a deux plunomènes distincts, quoique liés ensemble par une intime connexion, savoir : un phénomène sédimentaireou stratigraphiiiuc consistant dans le dépôt des ampélites qui contrastent avec lt> roches schisteuses ou quartzeuses, renfermant la faune seconde: et, en outre, un phénomène paléontologique dans rapparitiu;: sporadique et transitoire de certains êtres qui ne font pas part:. de cette faune. • Selon nous, Tun de ces phénomènes, le premier, joue seul le rôle de cause, et l'autre celui d'elTet. On \ déjà mentionné dans cet ouvrage, et notamment à la page 81. tome III, des exemples de cette influence exercée par la naturi des roches sur le caractère des fossiles qu'elles renferment.
Le terrain silurien inférieur de Bohême se compose d'uii. masse puissante de schistes et de quarzites, et c'est lorsque It^ roches ampéli tiques et calcaires se montrent exceptionnel !oment dans cette masse qu'apparaissent les espèces du terra'. silurien supérieur. M. Barrande a constaté lui même Texisleni