‹ Prodrome de géologieChapitre 99 sur 170 · THÉORIE DIS COLONIES DE M. BARRAMDE · texte numérisé non relu

THÉORIE DIS COLONIES DE M. BARRAMDE

précédent^ on ne peut s'empêcher d'adopter le principe formulé de la. manière suivante par le géologue américain , H. Dana : « Le commencement d'un âge se trouve dam le milieu d'un âge précédent , et les signes de l'avenir qui se dispose àparcAtre doivent être considérés comme prophétisant cet avenir. 1^

MMMie «M eoipaicft «e ■• samuidc.- Le terrain silurien de la fiohême^ d'après la classification adoptée par M. Barrande, forme un trinôme dont les trois termes ont reçu de lui les noms de faune première^ faune seconde et faune troisième. Le terrain correspondant I la faune seconde est celui où M. Barrande a obsenré les faits sur lesquels il a établi sa théorie des colonies ; ce terrain se divise en cinq assises qu'il désigne en leur affectant les expressions diy di^, ef3 , (f4, dS. Au point de vue paléontologique, le phénomène des colonies est un cas particulier du phénomène plus général de l'intermittence des espèces; la différence consiste surtout en ce que les espèces d'avant-garde sujettes à disparaître momentanément, au lieu d'être mélangées avec d'autres espèces, se montrent sur certains points groupées entre elles. Voici comment H. Barrande s'exprime à ce sujet : a Nous avons reconnu le caractère prophétique de ces espèces, non seulement dans leurs formes considérées au point de vue zoologique, mais encore dans les circonstances singulières de leur gisement dans la série stratigrapbique. Nous avons été surtout frappé par ce fait, que ces espèces ne sont pas disséminées au hasard parmi celles de la faune seconde, mais qu'elles sont, au contraire, exclusivement cantonnées dans les enclaves de certaines roches représentant d'une manière également prophétique les roches dans lesquelles devait apparaître plus tard notre faune troisième.»

Les principales colonies décrites par M. Barrande sont au nombre de trois^ qu'il nomme : colonies Zippe, Haidinger et Krejci. Elles se trouvent sur les bords du bassin silurien de la Bohème^ la première, dans la formation M, les deux autres dans la formation d5. La colonie Zippe ne consiste qu'en une seule couche calcaire de 25 centimètres d'épaisseur, tandis que cette roche manque presque totalement dans la colonie Haidinger, et ne se retrouve que sous des apparences très différentes dans la colonie Krejci ; ces deux dernières colonies , épaisses Tune de i2",50 et l'autre de 2i mètres, sont en majeure partie composées de schistes noirs avec graptoliles. Sous le rapport paléontologique, les trois colonies ne présentent pas de moindres contrastes. La colonie Zippe renferme 17 espèces qui appartiennent toutes à la classe des brachiopodes et à celle des trilobites ; c'est la seule qui, outre les espèces de la faune troisième, présente des espèces de la faune seconde ; celles-ci y sont au nombre de 4. Les espèces de la colonie Haidinger sont seulement au nombre de 8 ; elles se retrouvent toutes dans la faune troisième et font partie du groupe des graptolites. La colonie Krejci, renfermant 40 espèces et des représentants de six classes, est la plus riche des trois, circonstance en harmonie avec sa position slratigraphique; elle se trouve, en effet, la plus rapprochée du terrain silurien supérieur.

En 1860, M. Barrande donnait des colonies de Bohême l'interprétation suivante, qu'il avait déjà proposée en 1851 : «Nous concevons que, durant la période de temps mesurée par Ta faune seconde, notre faune troisième avait commencé à exister dans des parages plus ou moins rapprochés; non pas dans la plénitude de son développement, mais avec un certain nombre de diverses classes, constituant les premiers éléments de son

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