THÉORIE DES COLONIES DE M. BARRANDE
de ce fait dans toute TEurope; il a montré que les schistes ampélitiques entrent dans la composition du terrain silurien inférieur^ et qu'alors ils renfennent fréquemment lesgraptolites et les fossiles du terrain silurien supérieur. Ainsi, dit-il, les colonies de Bohême qui se présentent avec des circonstances singulières et locales, n'offrent réellement qu'un cas particulier des phénomènes stratigraphiques et paléontologiques qui ont eu lieu à diverses reprises dans la zone silurienne du centre de l'Europe, durant l'existence de la faune seconde. Nous ferons remarquer que la théorie des colonies, ramenée à ces proportions, devient un phénomène général auquel l'explication locale, proposée par M. Barrande en 1851, n'est plus applicable. Le mot ambigu de colonie , cause essentielle du désaccord qui a régné entre M. Barrande et ses adversaires, achève de devenir impropre; il ne saurait y avoir de colonie, lorsque rien né démontre l'existence d'une métropole.
Le phénomène , désigné à tort ou à raison sous le nom de colonies, est un nouvel exemple de la loi de corrélation entre les êtres organisés et les milieux qu'ils habitent. La théorie des colonies, comprise ainsi que nous venons de le faire, est, en définitive, parfaitement admissible, mais elle perd beaucoup de.son importance ; en outre, elle cesse de mériter le reproche qu'on lui a adressé de constikier une hérésie paléontologique. Un des motifs qui ont porté quelques géologues à contester l'existence des colonies de Bohême, c'est la pensée que le mé-^ lange des fossiles pouvait provenir d'accidents stratigraphiques comparables à ceux que l'on observe dans les Alpes. Ed. Forbes, et, plus récemment, M. Krejci, professeur à Prague, se sont faits les interprètes de cette manière d'expliquer les colonies de Bohême. Mais le terrain silurien de ce pays, stratifié en fond de bateau, présente une allure trop régulière pour se prêter à cette
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exfdication. Les bancs renfermant les colonies sont en stralification parfaitement concordante avec ceux où elles se trouvent enclavées, a Si mon regrettable ami, » dit sic Lyell en faisant allusion à Topinion émise par Ed. Forbes, « eût visité les environs de Prague , il aurait appris que les assises dans ceit^ région ne présentent point (a confusion de celles des Alpes: promptement, il aurait vu que Tordre de superposition, à travers la contrée dont il s'agit, n'est nullement obscur et il aurait acquis la conviction qu'un observateur aussi habile que M. Barrande n'avait pu se tromper. »
■.ol de U spéelallté été foMllet ; exceptlmn apparentes elbservées
dans les Alpes et en Bokênie. - Dans les changements successivement introduits dans les faunes et les flores, chacfue espèce, ou, si Ton veut, chaque forme organique, ne se montre qu'une fois ; lorsqu'elle disparaît de lascène de la vie, c'est pour toujours ; la nature ne rcfciit pas un moule qu'elle a brisé. Il en résulte que chaque fossile, ne devant se rencontrer que dan? certains terrains, peut servir à les caractériser; c'est celle relation nécessaire entre les terrains et les débris des corps orgatiiijtis qu'ils renferment, que Ton désigne sous le nom de M tie la spécialité des fossiles.
On a cité, comme infirmant cette loi, le mélange de bélemnitesct de plantes de la période houillère dans quelques terrains dos Alpes; mais j'ai déjà rappelé que ce mélange n'élail ifirapparent. (Voir tome II , page 538.) L'exception apportée à Itt loi de la spécialité des fossiles par la théorie des colonies de M. Ikirrandc est également plus apparente que l'éelle. (Voir posteà, page 390.)
A rcr m Mentent dans la variété des formefi orvaniqaes. — LeS ClaSSCS,