‹ Prodrome de géologieChapitre 103 sur 170 · VARIATIONS DANS LA QUANTITÉ DE VIE · texte numérisé non relu

VARIATIONS DANS LA QUANTITÉ DE VIE

idée plus complexe. La quantité de vie dépend^ outre du nombre des individus^ de la niasse de matière organique mise en œuvre par la force vitale. Pour mesurer la quantité de vie^ il ne faut pas considérer, comme unités de même ordre, le Pro^ iococcus et le palmier, Tinfusoire et le lion. Il est encore naturel de tenir compte du nombre des espèces, car le volume cl le nombre des individus étant les mêmes, la quantité de vie paraîtra plus considérable là où les formes organiques, au lieu de se répéter uniformément, se rapporteront à plusieurs types.

Apprécier la quantité de vie d'après le nombre des espèces, c'est d'ailleurs s'appuyer sur une donnée d'une grande utilité, parce que le nombre des individus est le plus souvent en raison du nombie des espèces. Plusieurs individus appartenant à des espèces différentes peuvent en quelque sorte se superposer sur un même point et vivre réunis là où ne pourrait exister qu'un seul individu d'une même espèce. Dans une forêt, com|K>sée d'arbres de la même essence, la nature, pour y multiplier la vie, a recours à des espèces différentes susceptibles de croître à l'ombre de celles qui atteignent un grand développement. Les stipes des palmiers, dit Humboldt, s'élèvent à une grande hauteur et forment au dessus de la forêt directement en contact avec le sol une forêt aérienne. Ajoutons que plus le nombre des espèces est grand et plus il y a de chances pour que toutes les stations reçoivent toujours une population nombreuse en harmonie avec elles. Il est une dernière considération qui doit nous faire admettre l'énumération des espèces comme fournissant un des trois éléments sur lesquels l'appréciation de la quantité de vie doit être basée; c'est que nous avons par là le moyen le plus simple et le plus sûr d'évaluer approximativement la quantité de vie à chacune des époques géologiques. Les animaux et les plantes, ayant toujours été soumis

aux mêmes chances de destruction^ le nombre des espèces composant la flore et la faune de chaque époque doit nous permettre de les comparer les unes aux autres sous le rapport de la quantité de vie; mais il n'en serait pas de même si Ton voulait établir un parallèle entre une époque géologique quelconque et Tépoque actuelle; on conçoit combien Tayantage se trouverait toujours et peut-être à tort en faveur de notre époque.

Parmi les causesqui contribuent àrendreplusgrande la quantité de vie^ il faut placer en première ligne la chaleur et^ pour la vie terrestre, la richesse du sol et Thumidilé. On voit la vie décroître de Téquateur aux pôles, des plaines au sommet des montagnes, parce que la chaleur décroît en même temps. Elle est considérable dans les pays dont le climat est chaud et humide et dont le sol est fertile. Dans ces contrées privilégiées, la vie appelle la vie, car tous les êtres organisés vivent aux déj^eos les uns des autres et se nourrissent de matière organique. C'est de la richesse du sol que dépend beaucoup la quantité de vie ; là où il est impropre au développement des végétaux, la vie animale ne petit s'établir, et, selon Texpression de ilumboldt, il en résulte a des lacunes sur le tapis animé que la nature a étendu sur le corps nu de la terre. »>

La quantité de vie pendant les premiers temps géologiques était d'abord égale à zéro. A partir du commencement de l'ère cumbrienne,elle a élé en augmentant, puis, après avoir atteint une certaine valeur, elle ne semble pas s'être modifiée d'une manière bien sensible jusqu'à l'époque actuelle. En exprimant cette opinion, je me place à un point de vue général. Diverses causes, dépendant les unes du mode d'action des forces créatrices, les autres des conditions biologiques, ont par intervalles appauvri ou enrichi les faunes et les flores.

Page 1