‹ Prodrome de géologieChapitre 12 sur 170 · ANIMAUX PERFORANTS · texte numérisé non relu

ANIMAUX PERFORANTS

Tacte de la fossilisation et^ par conséquent^ longtemps après la mort de ranimai. D'ailleurs^ il faut le reconnaître^ la distinction n'est pas toujours facile à établir entre les moules^ les empreintes physiologiques et les empreintes organiques.

C'est sous la forme d'empreintes organiques que des animauXj dont le corps était dépourvu de parties dures, osseuses^ testacéesou cornées ^ ont pu laisser quelques ragues témoignages de leur ancienne existence. De ce nombre sont notam^ ment quelques annélides non tubicoles. On a trouvé à Solenhofen des empreintes circulaires composées de deux cercles concentriques très réguliers , sur les bords desquels sont huit rayons fréquemment groupés deux à deux; on les attribue provisoirement à des méduses du genre Œquorea (0. Les schistes de cette même localité ont fourni une empreinte du corps et des bras d'un Acanthotetithis , genre voisin des calmars. C'est dans les mêmes schistes que l'on a recueilli des empreintes de ranimai auquel appartenait la bélemnite.

On rencontre fréquemment^ dans les strates sédimentaires, des coquilles ; des coraux^ des morceaux de bois^ portant des perforations creusées par des animaux marins. Ces perforations^ qui se présentent également sur les strates elles mêmes^ sont en relation, par leur forme et leur étendue, avec les animaux qui, en les produisant , ont laissé en elles des lémoi* gnages de leur existence passée. Elles constituent des fossiles, et ces fossiles me paraissent pouvoir être rangés dans la catégorie des empreintes organiques; je vais en dire quelques mots dans le paragraphe suivant.

ABiBuiiix perforants. — Les animaux, que leur instinct pousse

(1) Oa sait que le corps des méduses est en totalité gélatineux, quelquefois même diapbaoe.

5i PRODROME DE GÉOLOGIE.

à se creuser des cavités dans les bois et dans les roches de toute nature^ les gneiss , les grès^ les basaltes et principalement les calcaires y y passent toute leur existence ; ils les agrandissent à mesure que leur corps acquiert plus de développement. Les naturalistes ne sont pas d'accord sur les moyens que les animaux perforants mettent en œuvre pour se creuser leur demeure. Les uns pensent que ces animaux usent les parois des cavités quMls habitent en exerçant une action mécanique au moyen soit d'un de leurs organes charnus, soit de leur coquille ou de leurs organes tégumentaires. D'autres tiennent compte de ce que les parois de ces cavités sont généralement lisses et ne reproduisent pas les ornements qui, parfois assez nombreux et délicats, se montrent à Texterieur de la coquille des animaux perforants; ces cavités sont d'ailleurs assez grandes pour que ceux-ci puissent £'y,mouvoir avec facilité; on en conclut que ces animaux parviennent à établir et à agrandir leur demeure, en exerçant une action dissolvante au moyen d'un suc sécrété par eux (0. La nature de cette sécrétion n'est pas connue, mais plusieurs savants ne seraient pas éloignés de penser qu'elle n'est autre que l'acide carbonique qui résulte de la respiration, et qui est susceptible d'exercer une action même sur les roches silicatées, telles que le granité et le gneiss (2). C'est cette dernière opinion que je crois devoir adopter, tout en pensant que, dans certains cas et

(1) Les apothécies og organes de reprodaction des lichens ^ malgré la dëli* catessede leur tissu entièrement cellulaire, et bien que dépourvus delà faculté de se mouvoir, laissent une empreinte sur tes roches calcaires où ont vécu les lichens auxquels elles appartenaient.

(9) Nous avons vu (tome \l, page S66), que les roches silicatées, le granité par exemple, n'étaient pas à l'abri de Tactlon décomposante exercée par racide carbonique.

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