ANIMAUX PERFORANTS
pour certaines espèces^ les organes de ranimai perforant peuvent seconder et rendre plus complets les effets de Faction chimique de la substance qu'ils sécrètent.
Les mollusques perforants font partie du groupe des lamelli* branches orthoconques dont la station est plus ou moins Tertio cale; ils appartiennent aux mêmes genres que les mollusques qui vivent enfoncés dans le sable ou dans la vase. Quelques uns sont pourvus d'un long tube au moyen duquel ils se mettent en relation avec le milieu qui les environne; une sécrétion calcaire tapisse alors la cavité où le tube est logé. Les mollusques perforants et tubicoles appartiennent aux deux genres Gastrochœna (gastrochène), dont les espèces s'enfoncent dans les sables ou les pierres tendres, et Teredo (taret), dont les espèces vivent dans le bois. Les tarets rongent le bois des navires et des digues; ils occasionnent de grands dégâts dans les constructions maritimes. Lorsqu'ils se sont fixés sur des morceaux de bois flottant^ ils mènent une existence nomade qui active leur propagation. Les genres Pholas (Pbolade)^ Saxicava (Saxicave),. Venerupis (Vénérupe), Coralliophaga (coralliophage) et lithodomus ou Lithoplfaga (litbodome ou lithophage)^ portent des noms qui indiquent leurs habitudes. Les espèces dont ils se composent n'ont pas de tube allongé comme les gastrochènes et les tarets; elles vivent quelquefois dans le bois^ mais plus fréquemment dans l'argile durcie^ les rochers, les pierres , les coraux , le test des grosses coquilles.
Quelques autres animaux marins^ appartenant à une autre classe que celle des lamellibranches, ont l'habitude de per* forer et d'user le bois et la pierre. VEchînus lividus vit dans la Méditerranée et dans l'Océan, mais ce n'est que sur les côtes de l'Océan qu'il se creuse des cavités pour s'y abriter. Je citerai encore, comme étant perforantes, diverses espèces d'an-
nélidcs et une limnorie^ la Limnoria terebrans, petit crustacé qui ne vil pas sur nos côles^ mais qui occasionne de nombreux dégâts sur celles de la Grande Bretagne (0. On avait supposé des habitudes perforantes à des éponges du genre Cltone; mais on a reconnu qu'elles ne faisaient que s'installer dans les cavités sinueuses que de petits annélides creusent [dans les pierres et dans les coquilles d'huîtres^ même vivantes.
Biii9reioieft»iiyai«aes. — On donnc au mot fossile employé comme adjectif une signiflcationplusétenduc que lorsqu'on s'en sert comme substantif. Joint à un autre mot^ il sert à désigner les témoignages d'anciens phénomènes ou événements géologiques. C'est à ce titre que les cailloux striés et rayés ont été appelés les fossiles des glaciers; on peut donner la même désignation à toutes les traces que ces glaciers ont laissées de leur passage et se trouver insensiblement conduit à accorder l'épithète de fossiles aux moraines des anciens glaciers. Les silex taillés en couteau et tous les idébris de l'industrie humaine sont également fossiles^ au moins lorsqu'ils remontent à une période antérieure à la dernière extension des glaciers.
On connaît également des forêts fossiles, « Près de Wolverbampton^ dans le Straffordshire méridional^ on a mis à découvert^ en 1844^ sur une surface de quelques centaines de mètres, une couche de bouille qui a fourni plus de soixante treize troncs d'arbres garnis encore de leurs racines; quelques uns de ces troncs mesuraient près de 3 mètres de circonférence. Brisés près de la racine, ils étaient couchés dans toutes
(1) Cette Umoorie a été aperçue poar la première fois lors de la constraction da phare de Bell-Rock ; la charpente provisoire, fixée au rocher et baignée parla msr, fut, dans une seule saison, criblée de trous que ce crustacé avait creusés.