CARTES GÉOLOGIQUES
tlOf îiîgny a faîl la part si large aux terrains crétacé et jurassique et si restreinte au terrain paléozoïque ; pour lui, le terrain silurien, dont la puissance est quelquefois de plusieurs milliers de mètres, semble n'être qu'une unité de même valeur quechacun des étages kimméridienetporllandien dont Tépaisseur dépasse rarement cent mètres. Signalons, enfin, dans la classification d'Alc. d'Orbigny une erreur de fait bien difficile à expliquer : c'est la réunion dans le même étage subapennin de formations aussi distinctes parleur âge que celles qui sont caractérisées les unes par le Mastodon brevirostris et les autres par YElephas primfgenius.
A la page 435 se trouve la classification générale des terrains de sir Lyell; à la page 434 celle de M. d'Arcbiac: ces deux classifications sont celles qui inc paraissent le plus en relation avec l'état actuel de la science.
cartes KéoioMoes. — Les carles géologiques ont pour but de montrer les terrains que Ton observe dans un pays et d'indi- (|ucr rétendue occupée par chacun d'eux. Puisciue les strates, en plongeant les unes au dessous des autres, se recouvrent dans un ordre déterminé, les cartes géologiques ont, en outre, Tavantage de nous renseigner sur la nature du sous sol jusqu'à une profondeur plus ou moins grande (voir tome I , page 278, et tome II, page 573). Je vais mentionner les premiers travaux auxquels le tracé des cartes géologiques a donné lieu en France et en Angleterre; on s'explique aisément pourquoi ces travaux ont marché parallèlement avec les recherches dont la classification des terrains a été l'objet, lorsqu'on se rappelle les relations intimes qui rattachent la constitution géognostique du sol à celle du sous sol; délimiter les terrains qui apparaisent à la surface d'une contrée quelconque, c'est ,
en même temps, retrouver Tordre dans lequel ils se succèdent à mesure que l'on se dirige par la pensée ?ers le centre du globe.
a Vers la fin du seizième siècle y Georges Owen^ né dans le Pembix>cksbire ^ écrivait sur la topographie de ce pays un mémoire qui ne fut publié que longtemps après. L'auteur y trace, avec beaucoup d'exactitude, la direction et l'étendue des couches de houille et de celles de calcaire qui les accompagnent dans toute la partie sud du pays de Galles ; il fait voir leurs relations avec les parties du Gloucestershire et du Somersetshire qui Tavoisinent. C'est probablement le premier essai qui ait été tenté pour établir ce principe , que les mêmes séries des couches se succèdent dans un même ordre, régulièrement sur de grandes surfaces , de manière à dévoiler leur constitution géologique. Martin Lister (1678). paraît avoir eu l'idée de la construction des cartes géologiques régulières, ce qui indiquerait qu'il comprenait déjà, comme G. Owen, la disposition systématique des couches sédimeniaires sur de grandes étendues de pays. Son projet n'a point clé mis à exécution, mais il trace la marche qu'il aurait suivie en parlant des divisions qu'il se proposait d'adopter pour le Yorkshire, et une carte coloriée d'après ses données aurait déjà représenté d'une manière satisfaisante la composition géologique de ce pays. Lister connaissait aussi la continuation de la craie d'Angleterre au delà du détroit, sur les côtes de France, et Ton peut présumer, d'après diverses notes, qu'il admettait, au moins dans certains cas, la distinction des couches par la différence de leurs fos* siles. Quelques observateurs, purement slratigraphes^ seront fait connaître, dans la première moitié du dix huitième siècle, par leurs travaux sur les couches secondaires ; ils étaient certainement dans une voie de recherches plus exactes et plus
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rationnelles que la plupart de leurs contemporains du conti* ncnt. Il y a dans ces anciens travaux de nos voisins d'outre- Manche, un sentiment plus vrai de la nature des choses, et leur marche, quoique encore incertaine , est plus rapprochée du but, ce que nous attribuons aux caractères physiques du sol de TAngletcrre , lesquels traduisent avec une grande netteté, même pour un observateur superficiel, ses caractères géologiques. » (D'Archiac.)
lA première carte géologique de TAngleterre fut publiée en 1815 par W. Smith, qui élût parvenu à la dresser sans collaboration aucune et eu étant réduit à ses propres ressources pécuniaires. En 1822, G. B Grecnough en publia une seconde, presque à la même échelle que celle de W. Smith. Un coup d'œil jeté sur cette carte, dit M. d'Archiac , suffit pour donner une idée de la dUtance où la science , en Angleterre , laissait derrière elle les résultats obtenus partout ailleurs sur le continent. C'est de i836 que datent les premiers travaux relatifs à la carte géologique officielle de la Grande Bretagne, actuellement terminée : le soin de compléter et de développer l'œuvre première est confie à un corps d'ingénieurs géologues (Ordnance geological survey) qui, du vivant de Labèche, était placé sous sa direction.
Une petite carte hydrographique de la France, publiée en 1664 par l'abbé Coulon, renferme qucl(|ues indications sur la distribution des masses minérales dans notre pays; mais c'est à i]uettard (lu'il faut attribuer l'honneur d'avoir le premier l'Uhlié en France une véritable carie géologique. Le travail de ritiottard, communique en 1746 k TAcadémie des sciences, est intitulé : Mémoire et carte minéral oQiqtte sur la nature et la situation des terrains qui traversent la France et r Angleterre. L'auteur s'y proposedo taire voir qu'il y a une certaine régularité
en même temps, retrouver l'ordre dans lequel ils se succèdent à mesure que Ton se dirige par la pensée vers le centre du globe.
<E Vers la fin du seizième siècle , Georges Owen^ né dans le Pembrocksbire ^ écrivait sur la topographie de ce pays un mémoire qui ne fut publié que longtemps après. L'auteur y trace ^ avec beaucoup d'exactitude^ la direction et l'étendue des couches de houille et de celles de calcaire qui les accompagnent dans toute la partie sud du pays de Galles ; il fait voir leurs relations avec les parties du Gloucestershire et du Somersetshire qui Tavoisinent. C'est probablement le premier essai qui ait été tenté pour établir ce principe , que les mêmes séries des couches se succèdent dans un même ordre, régulièrement sur de grandes surfaces , de manière à dévoiler leur constitution géologique. Martin Lister (1678)- parait avoir eu ridée de la construction des caries géologiques régulières, ce qui indiquerait qu'il comprenait déjà^ comme G. Owen, la disposition systématique des couches sédimenlaires sur de grandes étendues de pays. Son projet n'a point été mis à exécution, mais il trace la marche qu'il aurait suivie en parlant des divisions qu'il se proposait d'adopter pour le Yorkshire, et une carte coloriée d'après ses données aurait déjà représenté d'une manière satisfaisante la composition géologique de ce pays. Lister connaissait aussi la continuation de la craie d'Angleterre au delà du détroit, sur les côtes de France, et Ton peut présumer, d'après diverses notes, qu'il admettait, au moins dans certains cas, la distinction des couches par la différence de leurs fos* siles. Quelques observateurs, purement slraligraphes, seront fait connaître, dans la première moitié du dix huitième siècle, par leurs travaux sur les couches secondaires; ils étaient certainement dans une voie de recherches plus exactes et plus
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rationnelles que la plupart de leurs contemporains du conti* ncnt. Il y a dans ces anciens travaux de nos voisins d'outre- Manche, un sentiment plus vrai de la nature des choses, et leur marche , quoique encore incertaine , est plus rapprochée du but, ce que nous attribuons aux caractères physiques du sol de rAnglctcrrc , lesquels traduisent avec une grande netteté, même pour un observateur superficiel, ses caractères géologiques. » (D'Archiac.)
La première carte géologique de l'Angleterre fut publiée en 1815 par W. Smith, qui élût parvenu à la dresser sans collaboration aucune et eu étant réduit à ses propres ressources pécuniaires. En 182-2, G. B Grecnough en publia une seconde, presque à la même échelle que celle de W. Smith. Un coup d'œil jeté sur cette carte, dit M. d'Archiac , suffit pour donner une idée de la d^lance où la science , en Angleterre , laissait derrière elle les résultats obtenus partout ailleurs sur le continent. C'est de i836 que datent les premiers travaux relatifs à la carte géologique officielle de la Grande Bretagne, actuelle«ment terminée : le soin de compléter et de développer TceuTre première est confié à un corps d'ingénieurs géologues (Ordnancc geological survey) qtii, du vivant de Labèche, était placé sous sa direction.
Une petite carte hydrographique de la France, publiée en 1664 par l'abbé Coulon , renferme quel(|oes indications sur la distribution des masses minérales dans notre pays; mais c'est à Guettard qu'il faut attribuer l'honneur d'avoir le premier l'ulilié en France une véritable carte géologique. Le trayail de Tincltard, communique en 1746 à l'Académie des sciences, est intitulé : Mémoire et carte minéral ogique sur la nature et la situation des terrains qui traversent la France et l' Angleterre. L'auteur s'y propose de faire voir qu'il y a une certaine régularité
iii PRODROME DE GÉOLOGIE.
dans la distribution qui a été faite des pierres/des métaux et de la plupart des autres fossiles. Il représente le nord de la France et la partie orientale de TAngleterre comme occupés par trois bandes concentriques^ la première sablonneuse, la seconde marneuse et la troisième schisteuse ou métallique. Postérieurement à la publication de son mémoire^ Guettard reçut du gouvernement la mission d'explorer la France au point de vue minéralogique et de dresser des cartes des diverses provinces; Lavoisicr et plus tard Monnet furent associés à ce travail. Ce dernier publia^ en 1780^ une Description minéralogique de la Ffance^ accompagnée d'un atlas où, au lieu de marcher dans la voie ouverte par Guettard et de tracer les contours des grandes masses minérales^ il se borne à indiquer en chaque lieu , par un signe conventionnel^ les substances minérales qui y ont été recueillies. En 1794^ le corps des mines fut chargé de rassembler tous les documents relatifs à la constitution géologique de la France : des mémoires , envoyés par les ingénieurs , furent publiés dans le journal des mines^ ainsi que des notices minéralogiques sur plusieurs départements. Plus tard , Coquebert de Monbret fut chargé de la statistique générale de la France^ et, en 1822, il coopéra, avec M. d'Omalius d'Halloy, à publier un Essai d'une carte géognostique de la France, où les limites des grandes masses minérales se trouvaient seules tracées. En 1822, le gouvernement ordonna l'exécution d'une carte géologique générale de la France ; Brochant de Yilliers eut la direction du travail; on lui donna le concours de MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont qui commencèrent leurs explorations en 1825. Un premier exemplaire d'une carte tiré avant le commencement de la gravure du relief fut présenté à l'Académie des sciences en 1^5; c'est en 1841 que cette carte, complètement terminée , fut livrée au public.