‹ Prodrome de géologieChapitre 123 sur 170 · NEPTUNIENNE · texte numérisé non relu

NEPTUNIENNE

Cette division a été déjà indiquée dans l'introduction du Prodrome de Géologie; elle s'est trouvée trop bien justifiée par l'étude raisonnée que nous avons faite de tous les phénomènes géologiques, pour que nous ne la maintenions pas dans les derniers chapitres de cet ouvrage.

Pendant Yère nepiunienne (Neptune, dieu de la mer), un océan sans rivages recouvrait le globe tout entier; aussi les dépôts datant de cette période forment-ils à l'écorce terrestre une enveloppe continue, qui ne disparait que sur les points où

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ces dépôts ont été enlevés par voie de dénudation ou recouverts par les formations postérieures. Tous les terrains datant de rère neptunienne sont d'origine marine et résultent d'une sédimentation chimique; ils ont reçu de Tintérieur de Técorce terrestre la totalité de leurs éléments et ceux-ci leur sont arrivés par voie d'action geysérienne (tome I^ page 614 et tome Ily page 488). Ces terrains se composent surtout de roches silicatées^ offrant pour la plupart une texture schistoïde , due soit à. leur origine^ soit à leur mode de dépôt. Pendant l'ère neptunienne^ les phénomènes éruptifs se développaient dans des conditions spéciales que nous avons essayé de* définir (livre V^ chap. VII). Les masses éruptives qu'ils ont amenées à la surface du globe appartiennent aux groupes des granités et des porphyres; elles sont arrivées par des ouvertures essentiellement temporaires qui n'avaient nullement l'aspect des volcans actuels. Enfln^ pour compléter cette énumération des caractères de l'ère neptunienne , ajoutons que notre planète était alors dépourvue d'habitants : du moins, les êtres qui la peuplaient avaient une organisation tellement simple et un si faible volume qu'ils n'ont pu laisser dans les strates sédimcntaires de traces de leur ancienne existence. A cause de leur ancienneté les terrains correspondant à l'ère neptunienne présentent une stratification très tourmentée: ils constituent ordinairement l'axe ou la partie centrale des massifs montagneux. Un nouvel ordre de choses a pris naissance d'une manière insensible vers la fin de l'ère neptunienne. Quelques portions de la croûte di} g\o\)e, obéissant à l'impulsion des forces intérieures, ont formé, au dessus de l'océan des premiers âges, des îles destinées à être les rudiments, les pierres d'attente, ou, en d'autres termes, les germes des futurs continents. Les débris détachés de ces premières lies par les vagues et les agents

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atmosphériques ont déterminé l'apparition des preniièrcs roches détritiques; en même temps, les premiers êtres organisés ont apparu; alors a commencé Tère tellurienne.

Vère tellurienne {Telltis, dieu de la terre) embrasse la majeure partie des temps géologiques. Elle se distingue d'abord des ères neptunienne et jovienne par l'absence des caractères que nous indiquons comme étant spéciaux à chacune de celles-ci. Des êtres organisés n'ont pas cessé d'habiter la surface du globe pendant l'ère tellurienne, de sorte que les dépôts correspondant à cette période sont tous plus ou moins fossilifères, mais aucun d'eux ne renferme de débris indiquant l'existence de l'homme. Ces dépôts sont formés de roches très variables par leur nature, les unes d'origine chimique^ les autres d'origine détritique. Ils ont été reçus dans des bassins de plus en plus circonscrits ; ils ont eu d'abord une origine exclusivement marine, mais, ensuite, les formations lacustres se sont montrées et ont acquis une importance croissante. Quant aux roches éruptives, de plutoniques qu'elles étaient d'abord, elles ont tendu à prendre le faciès volcanique , le seul qu'elles présentaient à la fin de l'ère tellurienne.

Vère jovienne (Jovis, Jupiter) offre une importance relatiTe très faible, ce qui s'explique aisément lorsqu'on réfléchit que cette période n'est qu'à son début. Elle date (tome I, page 364) du moment où les mers se sont renfermées dans leurs limites actuelles; elle commence immédiatement après le dépôt des plus anciennes alluvions existant aujourd'hui. Au point de vue organique, l'ère jovienne emprunte son principal caractère à l'existence de l'homme qui, depuis le début de cette ère, n'a pas cessé d'habiter la suriace du globe où sa domination s'étend de plus en plus. Pour caractériser nettement l'ère jo- 'vienne au point de vue inorganique, il faut rappeler qu'elle

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est répoque des glaciers^ de la tourbe et des volcans à cratère. Les dépôts correspondant à Tère jovienne sont les uns d'origine ' terrestre, les autres d'origine lacustre ou marine. Les premiers remplissent les vallées et toutes les dépressions du sol, ou se montrent accumulés le long du littoral ; les autres sont encore cachés au fond des bassins où ils ont été reçus; si nous pouvions les observer, nous constaterions qu'ils sont eu majeure partie d'origine détritique. Ajoutons, enOn, que toutes les formations terrestres actuellement existantes, les dunes et les deltas que nous voyons se constituer de nos jours, ne remontent pas plus haut que vers le commencement de Tère jovienne.

rériodn aïoiqac, yaléozoïqae, métozolqne, néozoïqac et taomozoïqne.

— L'étude des transformations généiales subies par les faunes et les flores (livre XII, chap. IV) conduit à diviser les temps géologiques en cinq périodes dont le tableau suivant indique les noms et les relations chronologiques avec les trois ères neptunienne, tellurienne et jovienne.

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