‹ Prodrome de géologieChapitre 14 sur 170 · EMPREINTES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

EMPREINTES PHYSIQUES

les directioos^ se croisant souvent les uns les autres. Leurs racines formaient en partie une couche de houille, reposant sur un lit d'argile, au dessous duquel était une seconde forêt superposée à une autre bande de houille; plus bas, existait une troisième forêt, avec de gros troncs de lepidodendrons , calamités et au 1res arbres. » (Lyell, Manuel de Géologie.) Il exisle, auprès du Caire, une forêt fossile formée d'arbres couchés dans toutes les positions et sans direction déterminée. Quelques uns on 1 40 a 50 pieds de longueur et un à deux pieds de diamètre ; ils ne sont pas entiers, et semblent avoir été renversés par des vents violents; tous sont silicifiés; le désert que traverse le chemin du Caire à Suez en est parsemé (0.

Si, en déblayant le sol, on parvenait à: trouver la trace d'un ancien cours d'eau , on conçoit aussi que l'idée de donner à son lit comblé le nom de rivière fossile pourrait venir à l'esprit. On ne voit pas, lorsqu'on est engagé dans cette voie, la limite qui devrait être donnée à l'emploi du mot fossile ; cette limite, il appartient à l'usage seul de la fixer.

On connaît actuellement d'assez nombreux exemples de gotUtes de pluie fossiles (en anglais rain drops) ; comme dans toutes les empreintes analogues , elles sont en creux sur une plaque, et en relief sur l'autre. Il y a quelques années , on a découvert , à Shrewsbury (Angleterre), des plaques de grès du terrain permien qui portaient des empreintes de gouttes d'eau produites dans trois circonstances différentes : sur un point, les empreintes étaient hémisphériques et avaient été formées par une pluie tranquille; sur un autre point elles

(i) J'ai déjà meoUonud (tome I, page 339} un autre exemple de forêt fossile. Les strates de presque tous les terrains offrent des vestiges d'anciennes forêts. Dans les bassins houillers, un grand nombre de bancs de combustible présentent à leur partie inférieure des racines qui se trouvent en place et dont les troncs ont concoara à la formation de la houille.

étaient larges et sans profondeur et devaient être le résultat d'une pluie d'orage à grosses gouttes; ailleurs, enfln, elles se dirigeaient dans un sens obliqne , comme si la pluie avait été accompagnée d'un vent plus ou moins violent : .l'obliquité de ces gouttes pouvait même conduire à reconnaître dans quel sens soufQait ce vent pour ainsi dire fossile.

On a également constaté, à la surface des dalles de plusieurs terrains, de véritables ondulations {ripples marks) déterminées par le mouvement des vagues sur un fond de sable et sur la surface des plages sablonneuses où les vagues sont poussées.

Je ne prolongerai pas ces citations qui ont surtout pour but de montrer comment le géologue, en se laissant guider par une saine critique eteb recourant à sa perspicacité, peut parvenir à retrouver la trace de ce qui s'est passé dans les temps les plus reculés. Je me bornerai à transcrire ici les remarques faites par Aie. d'Orbigny sur la manière dont' se produisent ordinairement un grand nombre d'empreintes physiques*

a Nous avons obtenu, dans le golfe de l'Aiguillon, la preuve que les corps en apparence les plus fugaces, et de la décomposition la plus prompte , peuvent encore imprimer des traces de leur existence sur les sédiments fins des plages tranquilles et vaseuses. En été, un grand nombre d'acslèphes sont jetés sur les côtes. Ceux qui entrent dans ce golfe, avec les dernières très hautes marées d'une époque de syzygies ou d'équinoxe, sont abandonnés sur la vase molle. Si la marée, pendant les mortes eaux, n'atteint pas le lieu où l'aealèpbe est déposé, il se décompose d'abord, se fond entièrement, en laissant^ en creux sur la vase, l'empreinte bien distincte de toutes ses parties. Pendant douze, quelquefois vingt quatre jours d'intervalle et même beaucoup plus, la marée suivante n'est pas aussi forte que la première; si elle n'est pas poussé par le vent, la vase.

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exposée à Tair^ se dessèche au soleil, en conservant toutes les empreintes de sa surface. Lorsque la marée couvre enfln ces plages de vase, en apportant de nouveaux sédiments, elle passe à la surface durcie, sans détruire les empreintes et revêt le tout d'une nouvelle couche. Il résulte évidemment de ce mode de dépôt que, si les plages vaseuses de TAiguillon (Vendée) devenaient fossiles , elles pourraient conserver, entre les couches, non seulement les animaux entiers tels que mammifères, oiseaux, reptiles, poissons , crustacés, insectes, mollusques, les empreintes des animaux gélatineux, tels que les acalèphes, mais encore les empreintes physiologiques des animaux qui ont marché , et même jusqu'aux fortes gouttes de pluie, dont nous avons souvent observé la trace sur les vases sèches. On voit que cette plage tranquille nous explique, à la fois, le mode de conservation des parties animales les plus faciles à se décomposer, et nous indique comment ont pu se conserver jusqu'à nos jours les empreintes physiologiques et les empreintes physiques qui ont tant étonné les géologues, lorsqu'ils les ont découvertes dans les couches terrestres, d

«c r«uiiM. — Les fossiles ont deux sortes de gisements. Les uns sont contenus dans les strates, toujours plus ou moins régulières, déposées au sein des eaux marines ou lacustres. Les autres se rencontrent dans les formations terrestres, les terrains de transport et les cavernes à ossements. Ces deux sortes de gisements diffèrent non seulement parleurs caractères géognostiques, mais aussi par l'époque où ils se sont constitués et par les animaux dont ils renferment les débris. Les gisements dépendant des formations marines datent des temps antérieurs à l'ère jovienne; ceux d'entre eux qui correspondent à cette période ne sont pas encore émergés et se

dérobent à notre observation. On comprend d'ailleurs pourquoi^ dans ces gisements^ les débris d'animaux aquatiques sont bien plus abondants que ceux d'animaux à respiration aérienne. Les gisements dépendant des formations terrestres sont spéciaux à l'ère jovicnne; ceux qui existaient antérieurement ont été détruits par les agents d'érosion et sont pour nous comme non avenus. Le milieu où ces gisements se sont constitués explique pourquoi ils ne renferment jamais d'animaux marins et comment les débris de vertébrés y sont incomparablement plus nombreux que ceux d'invertébrés.

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êtnilcs nuriaet. — Il est inutile d'insister pour démontrer com* ment les débris d'animaux à respiration aquatique se montrent, dans les strates marines ^ bien plus abondants et bien mieux conservés que les restes d'animaui à respiration aérienne. Les uns se sont fossilisés dans le milieu et^ quelquefois méme^ sur la place où ils ont vécu^ tandis que les autres ont dû , avant de passer à l'état de fossile^ subir un charriage toujours peu favorable à leur conservation.

Cette rareté relative des débris d'animaux à respiration aérienne est surtout très sensible pour les oiseaux et tient chez eux à diverses causes que je vais indiquer. Les oiseaux n'ont apparu en grand nombre qu'à une époque assez récente; il n'est pas étonnant que les strates anciennes ne possèdent presque pas de débris des animaux qui n'existaient pas ou étaient très rares à l'époque où elles se déposaient. C'est surtout pendant les crues des rivières que les animaux terrestres sont détruits et entraînés vers l'océan; mais les oiseaux se mettent aisément à l'abri des inondations. S'ils sont saisis par un cours d'eau , leur corps^ à cause de sa légèreté , flotte pen*

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