‹ Prodrome de géologieChapitre 19 sur 170 · JJAIIIÈRE I>E VIVRE DES ANIMAUX MARINS · texte numérisé non relu

JJAIIIÈRE I>E VIVRE DES ANIMAUX MARINS

haute importance pour la géologie. Je regrette que la nature de cet ouvrage ne me permette pas de lui consacrer plus d'un chapitre. Je devrai me borner à rappeler quelques faits généraux qui suffiront^ je Tespèrc, pour donner une idée des méthodes employées par le paléontologiste slraligraphe.

Manière de vivre des animaox marins (0. — LeS céplialopodes Se

meuvent en respirant et en rejetant alternativement Teau à la faveur de leur tube locomoteur, lis nagent ainsi avec une grande rapidité : quelquefois ils ne calculent pas la portée de leur élan et on les voit alors s'élancer dans les airs ou s'échouer sur la grève. Ce mode de locomotion leur impose la nécessité de marcher à reculons. « Ceux d'entre eux qui vivent consomment au milieu des mers ne sont pas exposés à trouver d'obstacle dans leur marche rétrograde; aussi leur osselet est-il entièrement corné, comme celui des ommastrèphes, etc., qui ne s'approchent que fortuitement des côtes; mais lorsque ces animaux vivent le loniçdu littoral, ils sont exposés à rencontrer fréquemment des obstacles qui pourraient les blesser et la nature les a pourvus d'une partie prolectrice qui est le rostre, destiné à résister au choc sur des corps durs et à garantir ranimai de toute blessure. Défini par cette fonction, le rosfre nous donne des résultats très utiles, comme application aux fossiles, sur les animaux qui en sont pourvus. Le seul genre muni de rostre, parmi ceux qui vivent actuellement, est la seiche. Li seiche est, sans contredit, le céphalopode le plus côtier. D'un autre côté, on n'a pas vu de rostre parmi les

(l) Dans le courant de ce chapitre , j'aurai surtout en vue les invertébrés marins; ce sont leurs débris que l'on rencontre le plus fréquemment dans les strates, et c'est avec raison que M. Lcynierie appelle les coquilles des raoUusqaes la monnaie courante de la géologie.

genres des céphalopodes de haute mer^ comme Tommas- Irèphe , ronycholeuthe , etc. Le rostre dénoterait donc souvent un animal côtier. » (Aie. d'Orbigny.)

Le tube locomoteur existe et fonctionne également dans les deux genres de céphalopodes qui vivent actuellement et qui sont pourvus d'une coquille externe; ces deux genres sont Targonaute et le nautile. Il en était probablement de même pour les ammonites et tous les céphalopodes acétabulifëres. Cette coquille externe a pour fonction, lorsqu'elle est formée j

de plusieurs loges aériennes, comme chez le nautile, les aramo- |

nites, etc., de servir d'allégé à l'animal qui l'habite; aussi I

voit-on les loges aériennes devenir plus grandes et plus nom- I

breuses à mesure que le corps de l'animal prend plus de développement. TiO nautile et l'argonaute peuvent en outre voguer j à la surface des eaux au moyen de leur coquille comparable à i un bateau et en se servant de leurs bras en guise de rames ou I de nageoires; on sait quelles brillantes fictions l'argonaute avait inspirées aux poètes de l'antiquité. Jadis, les ammonites, comme les nautiles de notre époque, voguaient vers la haute mer, en légions innombrables; elles s'éloignaient du rivage où leur coquille, très mince et très délicate, était exposée à se briser contre les rochers.

Rappelons encore deux traits importants de l'organisation des céphalopodes : d'abord leur poche à encre que, dans le danger, ils vident en répandant autour d'eux son contenu pour s'entourer d'un nuage qui les dérobe à la poursuite de leur ennemi ; — ensuite, les ventouses dont sont pourvus les huit ou dix tentacules charnus du poulpe, de la seiche, de l'argonaute et de tous les céphalopodes acétabulifëres ; ces ventouses leur permettent de saisir fortcmentjes corps qu'ils peuvent embrasser ou même de se mouvoir sur les rochers placés au fond de l'eau.

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