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mente; elle parait, au contraire, s'accroître; mais on peut penser que Toxygène se renouvelle près de ta surface de rocéan avec plus de facilité qu'à une certaine profondeur et que les eaux superficielles de la mer sont plus favorables à la respiration des animaux que les eaux profondes. Rappelonsnous, enfin, que la pression est d'autant plus forte que la profondeur est plus grande ; à la distance de 2000 mètres de la surface de Tocéan, les animaux ont à supporter une pression de plus de 200.atmospbères.
Là conclusion que Ton doit tirer des considérations précédentes, c'est que le nombre des êtres organisés diminue et se rapproche de plus en plus de zéro, à mesure que la profondeur augmente. On s'accorde à penser que la limite de la vie végétale se trouve à 700 mètres environ de profondeur. Ed. Forl)es portait la limite de la vie animale à SOO mètres seulement ; mais des observations récentes ont montré que des animaux peuvent être rencontrés à une distance plus grande de la surface des eaux océaniennes. Parmi ces observations, les plus intéressantes se trouvent consignées dans un mémoire de M. Alphonse Milne Edwards, dont je vais reproduire ici quelques passages à cause des déductions importantes auxquelles l'auteur se trouve conduit :
« Forbes, en pratiquant des draguages multipliés, d'abord dans la mer Egée, puis dans d'autres parages, avait trouvé que le nombre des animaux qui vivent au fond de la mer décroit très rapidement à mesure que la profondeur des eaux aug« mente. Ses recherches n'ont pas été étendues au delà d'une profondeur de 420 mètres environ ; mais en raison de la loi de la décroissance qui semblait ressortir de ses observations, Forbes fut porté à croire qu'à une petite distance de cette limite extrême, il ne devait exister aucun être animé, et il en
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conclût que l'absence de débris organiques dans un dépôt marin doit être considérée comme Tindice de la formation de ce dépôt au fond d'une mer très profonde. Les recherches faites plus récemment dans d'autres parages par Ldven , Darwin^ Dana et plusieurs autres naturalistes n'infirment en rien les conclusions de Forbes. Ainsi, Darwin cite, comme les derniers représentants des zoophytes trouvés dans les profon- ! deurs de l'océan, un gorgonien recueilli sur les côtes du Brésil à 290 mètres et quelques pelits bryozaires qu'il a lui même ramenés d'une profondeur de 346 mètres près du cap Horn. M. Dana a rencontré quelques caryophylliens à une profondeur de 364 mètres. Mais les observations récentes de M. Wallich prouvent que les limites assignées par Forbes à l'extension de la vie animale dans le sein des eaux sont trop restreintes ; car ce naturaliste a constaté la présence de deux annélides et de deux amphipodes à une profondeur de 800 mètres, et il cite des échinodermes comme pouvant vivre à une profondeur plus grande. Mais ces observations ne permettent de rien conclure touchant la présence de mollusques ou de coralliens vivant dans des conditions analogues, et ce sont précisément ces ani*maux marins dont le mode de distribution à la surface du globe a le plus d'importance pour la solution des questions géologiques. Il est donc intéressant d'avoir pu constater que des coraux et des mollusques sont susceptibles de vivre dans la Méditerranée à une profondeur de plus de 2000 mètres (*).
« Des fragments du cable électrique ayant été retirés d'une profondeur de 2000 à 2800 mètres entre Bone et Cagliari, on constata que plusieurs polypiers et diverses coquilles
(I) M. Torell, qui a dirigé une expédition scientifique suédoise au Spitzberg, signale des mollusques pt des zoo^.hytes ramenés de 2500 mètres de profondeur dans les mers polaires.
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y étaient fixés. Les mollusques étaient VOstrea cochlear, le Pecien opercularis, le Pecten testa, le Monodonta limbata et le Fusus lamellosus. Quelques fragments de ce cable donnaient également attache à trois espèces de coralliaires^ à une petite branche de bryozoaire^ à quelques gorgoniens et à deux serpilles tubicoles. Nous voyons qu'au fond d'une partie de la Méditerranée^ où la profondeur de la mer varie entre 2000 et 2800 mètres, on trouve à Tétat vivant un nombre assez considérable d'animaux dont les habitudes sont complètement sédentaires; que presque tous ces êtres appartiennent à des espèces réputées très rares ou qui avaient échappé jusqu'ici aux recherches des zoologistes ; enfin^ que quelques uns d'entre eux ne paraissent pas différer spécifiquement de certaines espèces fossiles dont les dépouilles sont enfouies dans les terrains tertiaires supérieurs du même bassin. Ces résultats ne paraissent pas dépourvus d'intérêt^ ni pour la géologie^ ni pour rhistoire naturelle des animaux invertébrés^ et ils peuvent nous faire espérer qu'une exploration plus complète des profondeurs de la mer fera découvrir dans la faune actuelle ^'autres espèces que l'on considère comme éteintes parce qu'on ne les connaît encore qu'à l'état fossile, o
Les observations précédentes ne me paraissent pas devoir modifier beaucoup la division que uous avons adoptée^ lorsque (tome I^ page b4S) nous avons supposé l'océan partagé en deux zones par un plan horizontal situé à 500 mètres de profondeur. Nous avons pensé à tort que la vie ne pouvait pas descendre à une plus grande distance du niveau de la mer; mais il n'en est pas moins exact d'affirmer que c'est dans la zone supérieure que la vie acquiert toute son extension. Au delà, la faune n'est pas entièrement anéantie, mais elle se montre de plus en plus appauvrie et finit par se composer exclusivement de rhizo-
podes^ de microzoaires et de microphytes que nous savons pouvoir vivre dans les conditions les plus exceptionnelles. En poriant le plan de séparation des deux zones à 200 mètres plus bas, on peut reconnaître à la zone supérieure un autre carac- , tère^ celui de se prêter seule à la vie végétale. Remarquons, en dernier lieu^ que, dans cette zone superficielle, les êtres organisés ne sont pas distribués au hasard; certaines espèces vivent dans certaines parties variant avec la profondeur; le lit de la mer^ disait Ed. Forbes, présente une série de régions superposées ayant chacune des habitants particuliers.
AépttrtIUoD de« foMl^et dans les «traies «édlmenuiires; faciès côtlcr.
uuoasBiqae, péiagien. — Nou3 avons VU (livre IV, chap. vi) que les dépôts reçus dans un même bassin géogénique se partagent, sous le rapport de leurs caractères stratigraphiques et pétrographiques^ en trois zones que nous avons distinguées sous les noms de zones littorale, thalassique et pélagtenne. Les lignes qui limitent ces trois zones et celle qui sépare Tocéan de la terre ferme sont à peu près parallèles entre elles. Leur parallélisme n'est qu'approximatif parce que, à mesure que l'on* s'éloigne de la côte, la profondeur ne va pas en augmentant d'une manière uniforme ; il en résulte que ces zones acquièrent une largeur plus considérable lorsque la profondeur s'accroît d'une manière insensible, et plus petite dans le cas contraire. Lorsque le sol sous marin forme un plan faiblement incliné , les circonstances qui président à l'édification des dépôts littoraux font sentir leur influence à une distance plus grande des côtes, tandis que la zone où s'accumulent les dépôts des eaux profondes et tranquilles s'éloigne dans le même sens.
Je viens de dire que la profondeur va en augmentant d'une zone à la zone voisine; la nature du sous sol varie aussi.