RÉPARTITION DES FOSSILES DANS LES STRATES
Il est donc naturel de penser que la faune se modifie en même temps; c'est ce que Tobscrvation directe confirme de plus en plus. Les trois zones littorale, thalassique et pélagienne se dis* tinguent donc entre elles non seulement au point de vue géognostique, mais aussi sous le rapport zoologique.
La fossilisation, au lieu d'effacer les caractères distinctifs qui existent entre ces trois zones, a pour effet de les rendre plus nettement accentués. Les débris accumulés dans les dépôts littoraux appartiennent non seulement aux animaux côtiers, mais aussi aux mollusques pélagiens pourvus de coquilles, à loges aériennes, tels que les ammonites des temps passés, les nautiles et les spirules de l'époque actuelle. Ces coquilles, lorsqu'elles sont séparées de l'animal dont elles faisaient partie, flottent jusqu'à ce que les vagues, les courants et la marée les rejettent sur le rivage; ainsi, tandis que, de leur vivant, elles appartenaient aux zones thalassique et pélagienne, elles caractérisent plus tard la zone littorale lorsqu'elles s'y trouvent en grand nombre, a II est,» dit Aie. d'Orbigny, «des circonstances où les coquilles flottantes peuvent perdre leur propriété; c'est lorsque, par exemple, formé de parties calcaires et cornées , le sipbon qui traverse toutes les loges aériennes, s'altère par le séjour prolongé dans les eaux de manière à y laisser pénétrer l'élément aqueux ; une fracture occasionnée par un choc peut produire le même effet; mais alors, on ne trouvera que de rares coquilles isolées, et jamais on n'en rencontrera sur le même point un nombre considérable. »
Les cadavres des animaux terrestres apportés par les fleuves sont distendus par les gaz qui se produisent pendant la putré« faction et passent ainsi à l'état de corps flottants; leur destinée est donc également d'être , tôt ou tard , rejetés sur la côte.
Ce qui vient d'être dit sur les divers phénomènes dont la
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zone littorale est le siège explique sufflsamment Tabondance des débris de corps organisés dans les strates qui se sout déposées près des côtes. Ces débris offrent un autre caractère que j'ai déjà signalé, lorsque j'ai fait remarquer qu'ils sont souvent roulés, usés et même triturés (tome I, page 562).
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— Si Ton suit, pour ainsi dire à la piste, un même terrain dans le sens horizontal, on voit les roches dont il se compose et les fossiles que ces roches renferment, changer à plusieurs reprises, tantôt brusquement, tantôt d'une manière insensible. Ces changements dans le faciès d'un même terrain s'effectuent de telle sorte que l'on constate toujours un^ relation entre la nature de chaque roche et les débris de corps organisés qu'elle contient.
a Tel ou tel aspect pétrographique d'un terrain quelconque suppose nécessairement f partout où il se rencontre, le même ensemble paléontologique ; et tel ou tel ensemble paléofUologique exclut rigoureusement des genres ou des espèces de fossiles fréquents dans d'autres faciès. — S'il arrive , par hasard, que certains genres et certaines espèces, propres à un faciès, se retrouvent dans un autre faciès, c'est une règle constante que les individus de ces genres et de ces espèces sont beaucoup plus rares, bien moins développés et moins caractérisés que dans le faciès ou ensemble général auquel ils appartiennent en propre. De même, c'est toujours là où les caraclcrcs géognostiques des faciès sont le mieux développés, que les ensembles paléontologiques se prononcent le mieux, que les genres et les espèces sont le plus nombreux et les individus le mieux carac* térisés, le mieux développés et souvent dans un état de con* servation parfaite. Si les faciès présentent des modifications in*