‹ Prodrome de géologieChapitre 34 sur 170 · CONDITIONS FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT DES POLYPIERS · texte numérisé non relu

CONDITIONS FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT DES POLYPIERS

State dans les divers terrains sédimentaires^ et surtout dans le terrain corallien; c'est ce que Ton reconnaît à chaque pas dans le Jura; c'est ce que Ton peut observer, de nos jours, dans les récifs de coraux qui entourent la Floride, a Les keys de ce pays sont formés^ comme la terre ferme ^ de coraux morts ou rejelés par la nier, et de sables coralligènes , le tout cimente ensemble par des infiltrations de carbonate de chaux. Quelquefois, ces roches coralliennes deviennent oolitiques, très compactes; et j'ai vu des échantillons qui , mis à côté de l'oolite corallienne des monts Jura et de TAngleterre , ne présenteraient pas la plus légère différence de structure, de texture ou de couleur; en les mêlant, il serait impossible de les reconnaître. Cette formation , sous nos yeu^, de Toolite corallienne, est un des faits les plus intéressants des phénomènes actuels, et montre une fois de plus que les mêmes circonstances physiques et mécaniques donnent lieu aux mêmes résultats. Les coraux qui bâtissent les récifs floridiens ont les plus grandes analogies avec ceux du terrain corallien des environs de Salins et de Porrchtruy , et si les espèces ne sont pas identiquement les mêmes, au moins les genres sont-ils les mêmes, et, de plus, les mollusques gastéropodes et acéphales, les échi nodermes, les serpules, présentent aussi des formes identiques ayec celles des animaux des mêmes familles qui habitaient les régions coralligènes jurassiques; en un mot, on retrouve sur les côtes de la Floride, les mêmes faits biologiques, physiques et mécaniques que dans le groupe corallien du terrain jurassique de Suisse et de France ; il n'y a de changé que les lieux , et surtout le temps. » (Marcou. )

coailUmtt favorables aa déTeloppement des polypiers eoralllgeneft. —

Le mode dont les récifs coralliens sont distribués sous le rap-

port géologique et géograpbiq\ie Indique d'abord que les polypiers coralligènes exigent, pour se développer, un climat chaud. Ils se plaisent dans les eaux battues par les vagues ; les oolites qui accompagnent les anciennes roches coralliennes démontrent que les polypiers dont ces roches renferment les débris vivaient également dans des eaux agitées. L'observation des roches coralliennes anciennes et des récifs de l'époque actuelle fait voir, enfln, que les polypiers coralligènes ne se développent pas sur les fonds vaseux et sur les points où Teau n'est pas d'une limpidité parfaite.

Les polypiers vivent à diverses profondeurs; il en a été recueilli jusqu'à plus de 400 mètres au dessous du niveau de Teau, et nous avons cité des turbinoliens vivant dans la Méditerranée à 2000 mètres de profondeur. Mais les polypiers coralligènes ne se rencontrent pas à une profondeur de plus de 40 mètres : c'est l'opinion adoptée par MM. Darwin et Dana. Selon MM. Quoy et Gaymard, les astrées, qu'ils considèrent comme formant le plus de récifs, ne vivent pas au delà de iO mètres, et, d'après Ehrenberg, les bancs de coraux de la mer Rouge, se maintiennent entre 1 et 4 mètres au dessous de •la surface de l'eau.

On ne possède pas encore d'observations bien précises sur l'accroissement des polypiers. Ehrenberg a observé , dans la mer Rouge , des méandrincs isolées ayant une forme globulaire et 2"*,74 de diamètre ; selon lui, ces méandrines devaient être d'une très grande ancienneté et vivre probablement depuis des milliers d'années, de sorte que, dit-il. Pharaon a pu voir le^ mêmes masses d'individus. L'appréciation portée par Ehrenberg sur l'accroissement annuel des polyi)iers est certainement trop faible. D'après M. Dana, la proportion ordinaire de l'accroissement des madrépores branchuspeut atteindre 41 mil-

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