‹ Prodrome de géologieChapitre 35 sur 170 · CONDITIONS FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT DES POLYPIERS · texte numérisé non relu

CONDITIONS FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT DES POLYPIERS

limètres par an. A West Key, au sud ouest du cap méridional de la Floride,. M. Hunt a observé.^ sur un fond de 3<°^ 50 d'eau qui avait été nettoyé en 1846^ une méandrine qui , dans l'espace de li années/ avait acquis un rayon de 6 pouces^ ce qui donne un accroissement annuel de 0^,015. Une oculine a crû sur la même place, en 42 ans, de 9 pouces de haut sur 12 pouces de large, c'est à dire , de 0°»,019 par an.

II ne faut pas confondre Taccroissement annuel des polypiers avec celui des récifs qu'ils édifient. Les bancs de polypiers se développent avec une grande lenteur parce que les débris de ces animaux servent, en majeure partie, à combler les lacunes qui les séparent les uns des autres, ou sont entraînés par les courants à des distances plus ou moins grandes. Il est même des cas où le mouvement des eaux et les courants peuvent amener dans un récif des dégâts considérables et opérer son démantèlement. Il existe entre les polypiers édifiant des récifs, et les eaux tendant à détruire leur ouvrage , une lutte que Darwin décrit ainsi : « Quand l'océan lance ses vagues sur les bords extérieurs des lies de la mer Pacifique, on le dirait un ennemi invincible. Cependant on le voit dompté par des obstacles en apparence très faibles. Jamais il n'est en repos , et les grosses houles, dues à l'action constante des vents alizés, existent toujours : le tourbillonnement de l'eau sur les brisants est bien plus considérable dans ces Iles que dans nos régions tempérées, et l'on ne peut les observer sans être convaincu que des roches , même de granité ou de quartz , finiraient par céder à des forces aussi irrésistibles et par être démolies. Eh bien ! malgré cela , ces petites îles de coraux ^ si liasses, si igsignifiantes, résistent, grâce à l'intervention d'une autre force, en quelque sorte opposée à la première, et qui prend part à la lutte. Les forces organiques détachent , un à

un y des brisants écumants , les atomes de carbonate de chaux pour les réunir ensuite sous une forme symétrique; des myriades d'architectes sont nuit et jour à Touvrage^ et Ton voit leur corps gélatineux et mou dompter^ à Taide des lois de la vitalité, la puissance mécanique des yagucs contre lesquelles ni l'industrie de l'homme , ni la partie inanimée de la nature ne pourraient lutter avec succès. »

Récir» côUeri ou r«elfs frangés; réeifo barrières; atolls. — LCS

récifs de coraux peuvent se présenter sous une des trois formes qui vont être décrites.

Les récifs côtiers ou récifs frangés {fringing reefs)^ toujours peu étendus, se trouvent en contact immédiat avec le littoral ; ils sont interrompus lorsque la profondeur s'accroll d'une manière trop rapide; ils le sont également sur les points par où les eaux venant de l'intérieur du continent prennent leur écoulement vers la mer; sur ces points, les récifs de coraux laissent un canal dont les bords sont coupés à pic.

hd% récif s barrières {barrier reefs) accompagnent la côte «dont ils sont séparés par un canal plus ou moins large et plus ou moins profond. Ils forment une zone également interrompue sur les points où la profondeur s'accroît ou qui livrent passage aux eaux douces venant du continent. L'étendue des récifs barrières et la largeur du canal qui les sépare de la terre ferme varie beaucoup. Le récif barrière de la côte occidentale de la Nouvelle Calédonie a 100 lieues de longueur. Sur la côte orientale de l'Australie, un récif barrière se prolonge presque sans interruption sur 400 lieues ; le canal qui le sépare du littoral a de 20 à 50 mètres de profondeur sur 5, 10 et 15 lieues de largeur. Mais, souvent, la portion de terre ferme qu'accompagne un récif barrière n'offre qu'une très faible étendue ; ce

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