ORIGINE DES ATOLLS ET DES RÉCIFS BARRIÈRES
rnent des polypiers coralligènes. Les canaux des atolls et ceux des récifs barrières ou des récifs côtiers ont tous la même raison d'être. Au milieu de la lagune se trouve quelquefois une lie dont la composition pétrologique est tout à fait diOérente de celle de Tanneau. Une bande de coraux vivants , d'autant plus large que la pente du sol est moins inclinée, entoure le récif annulaire. Ordinairement, la pente du sol est très forte du côlé de la mer^ parfois même de 45"^ et plus rapide que celle d'aucun cône volcanique. On a vu que les polypiers coralligènes ne se développent qu'à une faible profondeur; Forsler, le compagnon de Cook, s'exagérait leur puissance lorsqu'il leur accordait la faculté d'élever du fonds des mers très profondes, des murs escarpés et presque verticaux. Dans les atolls ils forment des masses annulaires que M. Marcou compare à de magnifiques couronnes de coraux posées comme des diadèmes sur le front des montagnes sous marines.
oHsiiic«MatoiuetdesréeirflMrri«re«. — La forme même des atolls avait fait voir en eux des cratères de volcans dont les bords se [seraient recouverts de coraux; les canaux établissant une communication entre la lagune et l'océan correspondraient aux écbancrures établies par les courants de lave autour du cratère. A l'appui de cette opinion, on faisait remarquer l'analogie de forme qui existe entre les atolls et certaines îles volcaniques, telles que celle de Barreu ( voir tome II, page 115) ; on invoquait aussi la présence de beaucoup de volcans sur les points de l'Océan Pacifique où s'élèvent des récifs de coraux. Pourtant, diverses considérations rendaient .inadmissible la théorie de l'origine volcanique des atolls. Quelle dimension ne fallait-il pas supposer à certains cratères? Comment s'expliquer celle multitude de volcans répartis dans toute l'Océanie et se
il2 PRODROME DE GÉOLOGIE.
terminant tous à la même hauteur? Où trouyerait-on à la surface du globe une chaîne de montagnes dont presque tous les sommets auraient^ à 40 mètres près^ la même altitude? D'ailleurs^ cette théorie ne pouvait nullement s'appliquer aux récifs barrières, et pourtant, lorsqu'on étudie la structure des atolls, on voit qu'ils ne sont qu'un cas particulier de ces récifs barrières et qu'ils résultent^ par conséquent^ des mêmes causes.
Darwin^ pour rendre compte de la formation des atolls^ a émis une théorie que je vais exposer en peu de mots ; cette théorie, qui a son point de départ dans l'idée d'un afiTaissement lent du sol^ s'applique également aux récifs barrières.
Les polypiers. coralligènes, avons-nous dit, ne peuvent vivre à plus de 40 mètres de profondeur ; cette condition de leur existence implique nécessairement que ces polypiers sont des animaux qui se développent le long des côtes et sur les points où le sol sous marin s'exhausse de manière à constituer des îles et des hauts-fonds. Pourtant^ les polypiers coralligènes, tout en ne pouvant vivre que le long des côtes, tendent ordinalrement, ainsi que nous l'avons déjà dit, à se maintenir à une certaine distance de la terre ferme. Diverses causes, qui agissent d'une manière tantôt concomittante , tantôt isolée, les en éloignent : près de la ligne littorale, les eaux sont très peu profondes, souvent mélangées d'eau douce apportée par les fleuves ou saUes par les matières terreuses provenant de l'agitation du sol sous marin. Cet espace, presque abandonné par les polypiers coralligènes, est tôt ou tard comblé soit par les débris de ces polypiers que les vagues poussent devant elles, soit par les détritus que charrient les cours d'eau qui viennent de la terre ferme ; aussi les récifs côtiers procèdent-ils fréquemment des récifs barrières par voie de comblement. Si le sol habité par les polypiers est immobile, un moment vient où ceux-ci se