‹ Prodrome de géologieChapitre 40 sur 170 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

lOCBSS d'oBIGIHE OAGANIQUK {SUiie). — ROLV DBS WFU80IRES.-— IMTBR- VBNTION DU FBR DANS LBS PHÉNOMÈMBS d'orDBK ORGANIQUE.

Mîcrozoalres et mieropbytes. — Diatomées. — Tripoli , farine fossile , terre ôdale. — Fer des marais.— Infusoires des volcans. — Dusodyle.

— Gaano ; buaneras ou gisements de guano ; époque de leur formation.

— Intervention du fer dans les phénomènes géologiques d'ordre organique.— Formation et décomposition successives des pyrites ; oxydation du sulfure de fer au contact de Tatmosphère, et sa réduction dans Peau sous Tinfluence des matières animales en décomposition. — Fer des tourbières. — Influence de l'acide carbonique sur le fer hydraté. ^Fer carbonate des houillères.

I et oaleropliftct ; faHiie foaalle« «usotfyle, tHyeil ; infiuolrct

•. — Au début des deux séries aaimale et végétale se trouvent des êtres microscopiques remarquables par leur faible volume et par la simplicité de leur organisation. J'ai déjà dit {aniè, page 41} que le nom de microzoaires ou de protozoaires ([Aocpoç, petit; lîpÛToç, prennier; Çûov, animal), est affecté à ceux qui appartiennent au règne animal, tandis que ceux qui se rattachent au règne végétal ont reçu la désignation de microphytes ou àeprotophytes (n^ucp^ç, petit; «pôrroç, premier, fur^v, plante). Les protozoaires abondent surtout dans Focéan ; leur carapace est plutôt calcaire que siliceuse. Les protophytes dominent, au contraire, dans les eaux douces et sur le sol émergé; leur carapace est plus fréquemment sili* oeme que calcaire*

ii8 PRODROME DB GÉOLOGIE.

Ce sont ordinairement les microphytes, et surtout ceux de la famille des diatomées^ qui composent les roches citées comme étant formées d'infusoires. Les diatomées sont enveloppées d'une carapace prismatique^ siliceuse^ diapliane et fragile. Cette carapace résulte de la juxtaposition de deux valyes ou plaques^ parfaitement ajustées Tune sur l'autre^ et laissant entre elles une cavité qui présente toutes sortes de formes : carrée, triangulaire^ cordiforme^ en bateau^ etc. Les diatomées se reproduisent non seulement par des spores comme tous les cryptogames^ mais aussi par scission longitudinale de chaque individu. Ce mode de multiplication^ qui a valu aux diatomées le nom qu'elles portent^ explique comment elles se propagent d'une manière aussi rapide. Quant à leur faible volume, il me suffira, pour en donner une idée, de rappeler que certaines diatomées ont à peine un centième de millimètre, de sorte que, dans un millimètre cube, c'est à dire dans un espace plus petit qu'une tête d'épingle, il y a un million de leurs carapaces. Signalons maintenant quelques uns de leurs gisements principaux.

Le nom de tripoli s'applique à des roches à grain excessivement fin, rudes au toucher, quelquefois compactes, plus souvent pulvérulentes. Elles sont presque en totalité composées de silice à laquelle se mêle un peu d'alumine et de fer qui la colore en jaune ou en rouge clair. On connaît l'emploi du tripoli pour le polissage du bois, de la nacre , de l'ivoire , da cuivre, etc. Son nom vient, dit-on, de ce que le premier qui fut employé, provenait d'une des deux villes portant le nom de Tripoli et situées, l'une en Syrie, l'autre en Afrique.

Les tripolis peuvent se diviser en deux groupes caractérisés par leur origine, qui est tantôt inorganique, tantôt organique.

Les tripolis d'origine inorganique sont des roches (ordiaai*

HICR0ZOA1RES ST mCROPHTTES. 419

rement des schistes argileux) tantôt chauffées et torréfiées par le feu des volcans ou des houillères embrasées, comme à Douthweiler, près Saarbruck et à Aubin ^ dans FAveyron; tantôt altérées par la décomposition des pyrites^ comme à Poligné, près de Rennes^ en Bretagne.

La plupart des tri polis ont une origine organique et résultent de l'accumulation d'un nombre prodigieux de carapaces de diatoméeS; quelquefois marines^ mais bien plus fréqueniment d'eau douce. C'est ce que Ehrenberg a constaté le premier^ notamment pour les tri polis de Santa Fiore, en Toscane; de Bilin , en Bohème; dé Franzèunsbad^ près d'Eger; de Planitz, en Saxe ; de l'Ile de France^ etc. A Bilin la couche de tripoli s'étend sur une large surface et a plus de quatre mètres d'épaisseur. Au microscope, la roche se montre constituée de carapaces de diatomées et surtout de Gaillonella distans, en nombre si considérable que Ehrenberg estime qu'un pouce cube doit en contenir 4i milliards d'individus ^ tous rattachés les uns aux autres sans ciment visible. Aux débris de diatomées se joignent des spicules siliceuses ou supports intérieurs d'épongés d'eau douce. La couche de tripoli est recouverte par une masse ayant l'aspect de la calcédoine et consistant en diatomées et en spicules renfermées dans un ciment qui résulte de la dissolution de la silice dans l'eau.

Au dessous de Berlin y à une profondeur de sept mètres , existe une nappe de tourbe argileuse^ remplie d'infusoires qui y vivent et s'y propagent grâce^ sans doute^ à l'humidité que la Sprée entretient dans le sol. Ces infusoires se développent jusqu'à une profondeur de vingt mètres ; c'est ce qui a fait dire que la ville de Berlin est bâtie sur un sol vivant. Les vastes marais salants de la Caroline du sud^ de la Géorgie et de la Floride abondent en diatomées^ dont les coquilles^ successive-

ment entassées dans la vase , nous font voir comment se sont formés, dans la Virginie et le Maryland^les dépôts tertiaires de composition analogue et tout aussi étendus , quoiqu'ordinairement plus sableux.

Les infusoires^ surtout ceux qui appartiennent ao règne végétal, forment quelqliefois des masses appelés farines fossiles (voir tome I, page 336} ou terres édules , parce que certaines populations, yiyant sous des climats rudes et improductifs, les emploient comme alimcnf. Il existe en Laponie une substance minérale, vulgairement nppéïée Berçmehl [farine des montagnes), que les habitants de ce pays, dans les grandes famines, mêlent à leur farine pour en faire du pain. Cette farine des montagnes, que les Lapons regardent comme un don du grand esprit des forêts, renferme dix neuf espëœs d'infusoires. L'encyclopédie japonaise parle également de la farine de pierre , que Ton a mangée et que Ton mange également en Cbino dans les temps de disette, en la considérant aussi comme un don de la divinité. Cet usage de cerbiines terres, comme aliment, est répandu chez les populations indigènes de TAmérique méridionale et centrale, ainsi que dans TAustralie.

Les diatomées ont la propriété de s'assimiler non seulement la silice, mais aussi le fer que Ton trouve dans leurs carapaces même les moins colorées. Cette propriété existe au plus haut degré chez les diatomées du genre Gailhnella ou Meloseira, et particulièrement dans Tespoce Gaillonella ochracea ou ferruginea , qui vit dans les marais peu profonds. Le fer dit des marais n'est même souvent que le résultat de raccumulation d'un nombre prodigieux de carapaces de Gaillonella ferruginea; il en est également ainsi pour la matière jaune mucilagineuse qui couvre quelquefois les ruisseaux et les eaux stagnantes. Le Meridùm circulare forme à lui seul une couche

laCliOZOAIRBS ET MICR0PHTTE9. iSi

aa fond des ruisseaux des eoTirons de West-Point; aux premiers jours du printemps^ il constitue une matière muqueuse, temigineuse, recouvrant les pierres, les branches, les herbes qui occupent le lit de ces cours d'eau.

Les Tolcans sont creusés de cavités plus ou moins vastes où beaux s'infiltrent, s'accumulent et favorisent le développement des infusoires. Lorsqu'une éruption a lieu, ces infusoires sont projetés dans Tair en quantités considérables, après aT(Nr été en quelque sorte frittes par l'action du feu volcanique. Les cendres^ rejetées par les volcans et souvent transportées par les courants atmosphériques , n'ont pas souvent une autre origine. Lors de l'éruption de l'Hécla, en Islande, le l septembre 1845, des cendres volcaniques furent portées par les courants aériens jusque sur les lies Shetland et Orcades. nie de l'Ascension, dépourvue d'arbres et de sources, offre un éoonne amas de cendres volcaniques presque entièrement composées de débris organiques; ce sont, pour la plupart, des portions fibreuses de plantes , beaucoup de denticules marginales de graminées, mélangées dinfusoires siliceux de forme exclusivement d'eau douce. La provenance des infusoires, et surtout des diatomées qui entrent dans la composition des cendres volcaniques, explique suffisamment pourquoi ces infusoires appartiennent presque toujours à des espèces d'eau douce; la seule exception à ce fait général s'observe dans une localité de la Patagonie; on comprend que les eaux de l'océan ne puissent pénétrer dans l'intérieur des volcans que lorsque des circonstances exceptionnelles les y conduisent.

Le Dusodyle (&<ro$oc, mauvais) est une substance flexible, légèrement élastique , se présentant en feuillets jaunes ou gris

Terdàtres, très inflammable, brûlant avec une flamme vive et

eu répandant une mauvaise odeur qui lui a valu son nom.

\iO PRODROME DE GÉOLOOIB.

ment entassées dans la Tase , nous font voir comment se sont formés, dans la Virginie et le Marjland.les dépôts tertiaires de composition analogue et tout aussi étendus, quoiqu'ordinairement plus sableux.

Les infusoires^ surtout ceux qui appartiennent ao règne Tégéial^ forment quelquefois des masses appelés farines fossiles (voir tome I, page 336) ou terres édules y parce que certaines populations^ yiyanl sous des climats rudes et improductifs, les emploient comme aliment-. Il existe en Laponie une substance minérale , Tulgairement appelée Bergmehl (farine des mon* tagnes), que les habitants de ce pays, dans les grandes famines, mêlent à leur farine pour en faire du pain. Cette farine des montagnes, que les Lapons regardent comme un don du grand esprit dos forêts, renferme dix neuT espèces d'infusoires. L'en* cyclopédie japonaise parle également de la farine de pierre , que Ton a mangée et que Ton mange également en Chine dans les temps de disette, en la considérant aussi comme un don de la divinité. Cet usage de cert^iines terres, comme aliment, est répandu chez les populations indigènes de TAmérique méridionale et centrale, ainsi que dans l'Australie.

Les diatomées ont la propriété de s'assimiler non seulement la silice, mais aussi le Ter que Ton trouve dans leurs carapaces même les moins colorées. Cette propriété existe au plus haut degré chez les diatomées du genre Gaillonella ou Meloseira, et particulièrement dans l'espèce Gaillonella ochracea ou ferntginea , qui vit dans les marais peu profonds. I^ fer dit des marais n'est même souvent que le résultat de l'accumulation d'un nombre prodigieux de carapaces de Gaillonella ferruginea; il en est également ainsi pour la matière jaune mucilagi* neuse qui couvre quelquefois les ruisseaux et les eaux stagnantes. Le Méridien drctUare forme à lui seul une couche

laCROZOAIRES ET BnCROPHTTES. iSi

au fond des ruisseaux des environs de West-Point; aux premiers jours du printemps^ il constitue une matière muqueuse, ferrugineuse, recouvrant les pierres, les branct^, les herbes qui occupent le lit de ces cours d'eau.

Les Tolcans sont creusés de cavités plus ou moins vastes où les eaux s'infiltrent, s'accumulent et favorisent le développement des infusoires. Lorsqu'une éruption a lieu, ces infusoires sont projetés dans Tair en quantités considérables , après avoir été en quelque sorte frittes par Faction du feu volcanique. Les cendres, rejetées par les volcans et souvent transportées par les courants atmosphériques , n'ont pas souvent une autre origine. Lors de l'éruption de lHécla, en Islande, le % septembre 1845, des cendres volcaniques furent portées par les courants aériens jusque sur les tles Shetland et Orcades. L'ile de l'Ascension, dépourvue d'arbres et de sources, offre un énorme amas de cendres volcaniques presque entièrement composées de débris organiques; ce sont, pour la plupart, des portions fibreuses de plantes, beaucoup de denlicules marginales de graminées^ mélangées d'infusoires siliceux de forme exclusivement d'eau douce. La provenance des infusoires, et surtout des diatomées qui entrent dans la composition des cendres volcaniques, explique suffisamment pourquoi ces infusoires appartiennent presque toujours à des espèces d'eau douce ; la seule exception à ce fait général s'observe dans une localité de la Patagonie; on comprend que les eaux de l'océan ne puissent pénétrer dans l'intérieur des volcans que lorsque des circonstances exceptionnelles les y conduisent.

Le Dmodyle ($b<ro$o(, mauvais) est une substance flexible, légèrement élastique , se présentant en feuillets jaunes ou gris verdàbres, très inflammable, brûlant avec une flamme vive et en répandant une mauvaise odeur qui lui a valu son nom.

Cette substance , que Ton rencontre dans quelques gisements de lignite^ est placée par les minéralogistes à c6té des combus* tibles. Ebrenberg a reconnu que le dusodyle est^ en majeure partie^ formé d'infusoires siliceux et de débris de végétaux qui proviennent d'arbres résineux; il se rapproche du tripoli dont il ne diffère que par une quantité plus ou moins grande de ces débris de végétaux. On est conduit à adopter cette manière d'apprécier la nature du dusodyle, lorsque Ton tient compte de l'analyse qu'en a faite M. Delesse ; cette analyse a donné les résultats suivants : eau et matières volatiles^ 49,1 ; carbone 5^5; cendres^ 45,4.

— Les coprolites , dans quelques contrées, forment presque à eux seuls des bancs entiers exploités pour Tagricul* ture. Ces coprolites ont été déposés par des animaux marins^ reptiles ou poissons, vivant par troupes nombreuses. De nos jours, un phénomène semblable se produit sur les côtes de plusieurs contrées et notamment sur les côtes occidentales de PAmérique du sud. Des poissons et des mammifères marins , tels que le phoque, le marsouin, etc., y déterminent, par Taccumulation de leurs excréments, des amas de gtiano que ron exploite avec ceux bien plus étendus que produisent les oiseaux.

Les gisements de guano d'oiseau (guano de pajaro) sont répartis sur le littoral du Pérou, entre le 2* et le 3« degré de latitude australe, depuis la baie de Payta jusqu'à l'embou* chure du Rio-Loa. En dehors de ces limites, dans le Chili et les lies Galiapagos, par exemple, le guano se rencontre encore, quelquefois même très abondamment; mais alors il est à peu près dépourvu des sels ammoniacaux et des principesorganiques auxquels il doit une grande partie de ses^propriétés; il est très

GUANO. it3

ricbe en acide phosphorique, mais presque complètement dépoorTu de matières azotées : on peut le distinguer en lui donnant répithèfe de terreux.

Le guano terreux et le guano ammoniacal ont une même origine : les déjections et les dépouilles des oiseaux de mer. La disparition de Tammoniaque dans le premier est due à l'abondance et à la fréquence des pluies qui favorisent la décomposition des substances organiques, la dissolution des sels à base d'ammoniaque et leur transport vers la mer. La partie du littoral de la mer du Sud où se trouve le guano ammoniacal offre, en effet, cette particularité que, sur une étendue considérable , depuis Tumbes jusqu'au désert d'Atacama , la pluie est pour ainsi dire inconnue, tandis qu'en dehors de ces limites, il pleut presque sans interruption. 11 n'y a pas d'orage sur la côte péruvienne; un habitant de Lima, dit M. Boussingault, dans un mémoire d'où nous extrayons textuellement tous ces détails sur le guano, s'il n'a pas voyagé, n'a aucune idé^ du tonnerre. Les trois îles de Cbiucha, situées au h^"" de latitude australe, sont les plus riches en guano ammoniacal. 0)

Pour que le guano ammoniacal ait été accumulé en aussi énormes quantités dans les huaneras^ il a fallu un concours de circonstances aussi favorables à sa production qu'à sa conservation : l'absence de cours d'eau capables d'éroder le sol et d'enlever le guano à mesure qu'il se forme; un climat d'une

(!) Composition moyenne do guano ammoniacal des lies Chincba , d'après les analyses faites ao Conservatoire des arts et métiers.

Matières organiqnes et sels ammoniacaux 53,S2

Pbo«pliaie de chaux insoluble 19,52

Acide pbosphorique B^ii

Sels alcalins, etc 7,56

Siiieo et sable 1,46

Eau 1S,8«

sécheresse exceptionnelle, sous lequel les oiseaux n'aient pas à se garantir de la pluie; des accidents de terrain offiant des crevasses, des anfractuosités où ils puissent se reposer, pondre et couTer à Tabri des fortes brises du sud; enfin, une côte où le poisson est plus abondant qu'en aucun autre point du globe et où ces oiseaux peuvent trouver une nourriture facile W.

Le guano est en couches le plus souvent horizontales, mais dans quelques localités, ces couches sont fortement inclinées. 11 forme des amas qui ont jusqu'à dix et même trente mètres d'épaisseur. 11 renferme quelquefois des œufs pétrifiés, des plumes, des ossements et même des oiseaux momifiés. 11 y a deux variétés de guano ammoniacal : la blanche, que les déjections des oiseaux forment actuellement; la brune, d'une odeur fétide , qui date d'une époque très ancienne. Une des huaneras du Pérou présente la disposition suivante qui témoigne d'une grande ancienneté : on y voit des couches horizontales de guano qui supportent un dépôt de 3 mètres de puissance, appartenant à l'alluvion ancienne et dans lequel on trouve des empreintes de coquilles marines ; sur cette alluvion sont placées plusieurs strates de guano recouvertes par le sable de l'allui^ion moderne.

(1) Da temps des Incas» comme anJoard*bai, la loi protégeait les oiseaux prodactenrs du guano. Ces oiseaux sont désignés par les habitants du pays sous le nom de guanoes. Ce sont, en général, des hérons, des flamants «des cormorans, etc. « Quelquefois,» écrivait A. de UUoa, un des navigateurs espagnols qui accompagnèrent les académiciens français à l'équateor , « ils forment, en s'élevant des lies, comme un nuage qui obscurcit le soleil. Ils mettent une heure et demie à deux heures pour passer d'un endroit & on autre, sans qn*on voie diminuer leur multitude. On a observé, an Callao, qoe les oisf'aux qui se gîtent dans les lies situées au nord de ce port, vont dès le matin taire leur pèche du côté du sud, et reviennent le soir dans les lieux d'où ils sont partis; quand ils commencent à traverser le port, on n'en voit ni la oonunsnoemeni ni la fia. »

nrrBRTENTlOir du fer bans LBS PHiNOllÈEfBS GÉOLOGI0UB8. ilë

i«a ftor «UH Im»Mb«ibéms fi«l«fm«M é*érirt «rtmMim.

— On a TU que les substances minérales qui jouent le plus grand r61e soit dans la fossilisation des débris de corps organisés, soit dans la formation des roches d'origine inorganique^ sont la silice, le carbonate de chaux et le fer à Tétat de sulfure, d'hydrate et de peroxyde. Ces substances sont amenées de Tintérieur de l'éoorce terrestre par Tintermédiaire des sources ou proviennent de la décomposition des roches soumises à l'influence des agents atmosphériques. Elles sont entraînées par les eaux pluviales, les rivières, les fleuves, vers l'océan, où elles se trouvent en si faible proportion que l'analyse chimique ne peut pas toujours dénoter leur présence; mais les animaux marins savent se les approprier et les accumuler dans leurs .tissus, surtout dans ceux qui doivent posséder une certaine dureté.

Xe fer n'entre pas dans la composition du corps des animaux marins en aussi grande proportion que la silice et le' carbonate de chaux, mais il imprègne fréquemment leurs débris lorsqu'ils sont en voie de fossilisation.

A l'état de sulfure, il est fréquemment disséminé dans les roches en particules invisibles, en cristaux, en masses mamelonnées; à l'état de peroxyde ou d'hydrate, il peut même constituer, presque à lui seul, des assises entières. Quel que soit le r61e qu'il joue, il se trouve souvent placé sous l'influence des forces vitales qui l'attirent sur certains points, le repoussent sur d'autres, et, dans un grand nombre de cas, coopèrent à ses changements de combinaisons. Le fer, étudié comme intervenant dans les phénomènes d'ordre organique qui s'accomplissent à la surface du globe, donne lieu à diverses remarques qui n'ont pu trouver place dans les chapitres suivants et que Je crois devoir consigner ici en terminant ce dixième livre.

ii6 PRODROME DB GÉOLOGIE.

Adkm «e l'acMe cwftOMHpie «ir 1m Mkituiecs ferragliiMttct. «*- L V

cide carbonique^ tenu en dissolution dans les eaux qui circulent à travers la terre végétale et la partie superficielle de Técoroe terrestre, doit exercer, sur les accumulations de fer limoneux, une influence qui est démontrée par la facilité avec laquelle cet acide décolore les roches ferrugineuses à travers lesquelles il pénètre. L'acide carbonique se combine avec le fer destiné à êlre ^iminé, Tentratne et puis l'abandonne. 11 se passe, dans ce cas, un phénomène absolument semblable à celui qui a été décrit, lorsqu'il a été question du calcaire conccétionné (tomel, page 334). Les particules ferrugineuses, une fois abandonnées par l'acide carbonique, exercent sur elles mêmes une attraction mutuelle et vont s'accumuler sous forme de petites couches ou de rognons concrétionnés (tome 1, page 503).

L'action exercée par l'acide carbonique sur les substances ferrugineuses permet de penser que les plantes, à l'état vivant ou lorsqu'elles entrent en décomposition, sont le siège d'une élimination exercée sur ces matières ferrugineuses. D'après M. Daubrée, a la décoloration d'argiles et de sables ferrugineux par les racines des plantes en putréfaction s'observe sur de vastes étendues dans la plaine du Rhin et en Lorraine; une racine située dans l'argile sableuse enlève le fer en général jusqu'à une distance de 4 à 5 centimètres; si le terrain est très perméable comme le sont les sables, cette dissolution donne plus bas naissance à de nombreuses sources ferrugineuses. » On conçoit que l'acide carbonique qui se dégage d'une masse tourbeuse doit reproduire ces effets sur une plus large échelle et déterminer, à la longue, une concentration assez considérable de fer au fond des eaux marécageuses où se forme la tourbe.

rorflMdon et d«coiiipotliloii taeeewlves dc« pyrltei. — Ce que j'ai

FORMATION BT DÉCOMPOSITION DES PYRITES SUCCESSIVES. iTJ

dit au sujet des filons (tome II, page âi4) fait voir que le fer arriye fréquemment de Tintérieur du globe à l'état de sulfure; d'un autre côté, la pyrite de fer se trouve répandue dans un grand nombre de roches sédîmentaires ou éruptives. Mais l'action oxydante de l'atmosphère s'exerce sans cesse, soit sur la partie supérieure des filons ferrugineux, soit sur la pyrite disséminée dans les roches ; elle transforme le fer sulfuré, tantôt en fer oxydé ou hydraté, tantôt en sulfate. Le fer sulfaté est soluble dans l'eau; il est entraîné par les rivières et les fleuves vers l'océan où les substances animales en décomposition le réduisent de nouveau et le ramènent, en lui enlevant son oxygène, à l'état de sulfure, a Une cruche de terre, contenant plusieurs litres de sulfate de fer en dissolution, avait été oubliée et laissée dans un coin d'un laboratoire, depuis douze mois environ. Au bout de ce temps, lorsqu'on examina la liqueur, on remarqua sur la surface une sorte de corps hui* leux, et une poudre jaunâtre que l'on reconnut être du soufre. On découvrit, au fond de la cruche, des ossements de souris, au milieu d'un sédiment contenant de petits grains de pyrite, des parcelles de soufre, du sulfate vert de fer cristallisé, enfin UD oxyde de fer noir et vaseux. Il devint évident que quelques souris étaient accidentellement tombées daus la cruche, et que, par Faction mutuelle de la matière animale et du sulfate de fer, le sulfate métallique avait été dépouillé de son oxygène; ce qui avait amené la précipitation des pyrites et des autres composés. Ce phénomène montre comment les eaux minérales, chargées de sulfate de fer, peuvent se désoxyder lorsqu'elles se trouvent en contact avec de la matière animale en voie de putrélaction ; comment, atome par atome, les pyrites peuvent se former. » Sir Lyell, Manuel de Géologie Elémentaire (0. (1) Le toQfire se combine en deux proportions avec le fer. 11 y a un wifun

MM. Malaguti et Durocher ont fait à propos de cette réduction du sulfate de fer les remarques suivantes : ail est présumable que le soufre de la pyrite provient de la réduction des sulfates en présence des matières organiques; c'est donc dans les dépôts marins qu'il y a le plus de chances de trouver du sulfure de fer. Nous avons expérimenté sur une sorte de marne bleuâtre qui se dépose journellement, un peu au dessous da niveau de la haute mer, sur le rivage situé à Test de Saint Malo. Abstraction faite d'une petite quantité de sels solubles, cette matière contient 2,32 ^/^ de carbonate de chaux, 12,38 d'argile et 85,05 de sable fln, micacé. Nous y avons constaté, par l'analyse chimique, la présence de deux millièmes et demi de bisulfure de fer. La coloration bleuâtre de ce dépôt d'a)luvion est due très probablement à la pyrite de fer qui s'y trouYe disséminée, car il suffit de chauffer pendant quelques minutes au contact de l'acide chlorhydrique pour le décolorer. Quand on le dessèche dans le vide, il présente un aspect moucheté ; des parties d'une couleur plus foncée forment çà et là des taches sur un fond d'une teinte plus pâle; ainsi, quoique dissé-

Hmple (FeS) lequel ne se rencontre jamais dans la nature i Tétai isolé; il ^ a. en outre, un bisulfure (FeS*) dont il existe deux variétés. Ces deux variétés ont rédat métallique, font feu au briquet et donnent à la flamme â\ine bougie une odeur de soufre. La pyrite Jaune a pour forme primitive le cube; elle eut couleur d'or, mais sa poussière est d'un vert noirâtre. La pyrite blanche dérive d'un prisme rhomboidal droit ; elle est un peu moins dense que la variété précédente ; sa coloration varie du blanc jaunâtre au verdàtre livide. Les deux variétés de pyrite se décomposent à l'air, mais la variété jaune résiste bien plus que la variété blanche i Tacticn décomposante de l'air atmosphérique. On exploite par llxivation les sulfates qui proviennent de la décomposition naturelle des pyrites blanches. C'est à la chalenr déf^agôe par cette décomposition que l'on attribue quelquefois l'inflammation des houillères (voir tome U, page 130). Cette propriété de donner origine à un dégagement de chaleur et celle de faire feu au briquet expliquent doublement le nom de pyrite donné au bisulfure de fer.

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