FORMATION ET DÉCOMPOSITION SUCCESSIVES DES PYRITES
minée au milieu de la tuasse^ la pyrite de fer se trouve accumulée en plus grande abondance autour de certains points, qui peut-être sont destinés à devenir plus tard le centre de nodules pyriteux. La pyrite de fer ne se produit pas dans les allu- Tions exclusivement formées de sable; de même, il est rare d'en trouver dans les roches de grès quartzeux pur : c'est que^ au moment où ce minéral vient à se former^ il est très susceptible de s'altérer en absorbant l'oxygène; sa conservation n'est donc facile que dans les dépôts peu perméables (0. »
L'action chimique que la matière animale en décomposition exerce sur le sulfate de fer dissous dans l'eau de mer s'explique par la quantité considérable de carbone contenue dans ces matières et par l'affinité que ce carbone ^ au moment où il se dégage à l'état naissant de ses combinaisons, doit avoir pour loxygène. Il semble que le phénomène de la respiration persiste dans les tissus de l'animal y même lorsque celui-ci a cessé de vivre.
Je viens de rendre compte de la manière dont le sulfure de (er se produit au sein de l'océan et imprègne les roches en voie de formation. Ces roches, une fois constituées, sont tôt ou tard émergées, puis mises en contact avec l'air atmosphérique. Les pyrites s'oxydent alors de nouveau, se transforment en sulfate que les mêmes circonstances ramèneront encore à l'état de sulfure. 11 y a, dans ce phénomène, une sorte de mouvement de va et vient qui date du commencement des temps géologiques et qui persistera tant que les phénomènes actuels auront leur cours. Ce que nous avons dit des substances fossilisantes et de leur manière de se comporter explique, en outre,
(1) C'est à la présence da bisulfure de fer qu'est due la coloration en bleu noirâtre de certaines roches et notamment du cornsbrash des environs de BenoçoD. (Voyei tome 1 , page *94 .)
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comment les débris fossiles d'animaux et de Tégétaux de- Tiennent des centres d'attraction pour les matières pyriteuses^ une fois que celles-ci ont imprégné la masse où ces débris sont renfermés.
v«r des ouuralty des pnUrlet, des gaton» et des tow^lèrcs; fer vltrciCK, limoneux oo résineox. — Les diverses désignations données à ce minerai, qui a déjà attiré notre attention (tome I, page Â13), disent assez quels sont ses gisements habituels et son aspect. Il se dépose journellement dans les marais^ ainsi que dans les fossés et les lacs. Rarement il est enfoui dans le sol au delà d'un mètre de profondeur; son épaisseur^ qui ne dépasse jamais'un mètre, est souvent moindre. Du gazon, des bruyères, du sable, du limon et fréquemment de Ja tourbe le recouvrent. Le minerai du fond des lacs est souvent eu grains isolés, ronds, réguliers, de la grosseur d'une tête d'çpingle jusqu'à celle d'un œuf d'oie ; sa cassure est feuilletée et présente des couches concentriques ; on le rencontre aussi en galets plats.
Le fer dont il est ici question est amené par les sources; quelquefois il résulte de la décomposition des roches superflcielles. Une partie de ce fer est entraînée vers l'océan ; l'autre se dépose dans les dépressions du sol où l'eau s'accumule, dans les marais et dans les lacs que les fleuves et les rivières traversent. Le dépôt de ce fer s'effectue dans les circonstances les plus propices lorsque l'eau qui Ta charrié devient stagnante ou ne se renouvelle qu'avec lenteur; c'est également dans ces conditions que la formation de la tourbe est la plus active. Aussi, les localités où existent les tourbières sont celles où se montrent ordinairement les dépôts de fer limoneux.
Dans les gisements ferrugineux que nous avons en vue, le fer, contrairement a ce qui se passe au fond de l'océan, existe
FER CARBONAl^ DBS HOUILLÈRES. 4 Si
rarement à Tétat de sulfure. Cette régénération des pyrites, que j'ai signalée tout à l'heure^ ne peut s'y produire pour deux motifs. Dans les amas d'eau douce, marais, lacs, rivières, etc., les animaux sont moins nombreux qu'au fond de l'océan, et, par conséquent, la matière animale en décomposition est moins abondante. En outre, le sulfate de fer, à cause de sa solubilité, ne séjourne pas dans les lacs, les marais et les rivières; il ne fait qu'y passer, tandis que le fer hydraté, qui est insoluble, s'y accumule.
Le fer des marais est d'origine récente puisqu'on le trouve toujours au dessus du terrain diluvien; fréquemment même il renferme des débris de l'industrie humaine. II est probable qu'il s'en est formé à toutes les époques, et que les anciens gisements ont été détruits en même temps que la terre végétale.
f des homuèreft. — Il existe, dans la nature, deux variétés de sidérose ou fer carbonate : l'une a son gisement habituel dans les Qlons et se distingue par sa texture cristalline qui lui a valu son nom de fer carbonate spathique, l'autre a une origine sédimentaire : c'est le fer carbonate litkoîde. Ce dernier se rencontre dans diverses formations, par exemple, dans le lias supérieur de Milhau ( Aveyron ), dans le terrain oxfordien de La Voulte ( Ardècbe ), où il est mêlé au fer oxydé, dans le terrain nuramulitique de la Toscane, etc.
Le fer carbonate lithoïde accompagne fréquemment la houille et il n'existe même avec quelque abondance que dans les houillères. La présence simultanée, dans les mêmes localités, du combustible et de ce minerai est la principale cause de la richesse de certains bassins houillers ; c'est à cette circonstance que l'Angleterre doit sa suprématie dans l'industrie métallurgique.
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II me parait naturel d'attribuer au fer carbonate litbolde la même origine que pour le fer des tourbières. Lorsqu'il s'est déposé dans les marais où la houille se formait^ il était amené par les sources ferrugineuses^ alors plus abondantes qu'elles ne le sont aujourd'hui ; il provenait aussi de la décomposition des roche» superficielles contenant du fer. Il s'est accumulé en lits irréguliers^ en masses informes, et en rognons dont l'origine a été à tort attribuée à Taction mécanique des eaux. Ces rognons sont quelquefois caverneux et tapissés intérieurement de cristaux lenticulaires bruns. Ils sont aplatis; leur cassure présente des zones concentriques; en un mot, ils ont une structure semblable à celle des rognons de fer des marais, mais ils se montrent plus abondants et plus volumineux ; les phénomènes qui s'accomplissaient dans les bassins houillers devaient, plus tard, se reproduire dans les tourbières, mais sur uuQ échelle plus restreinte (Livre XI, chap. m.) Si dans les houillères le fer existe à l'état de carbonate plutôt que d'hydrate, cette différence peut provenir de ce que les sources ferrugineuses l'amenaient à l'état de combinaison avec l'acide carbonique. Mais il est probable aussi que l'acide carbonique qui se dégageait de la bouille était plus abondant que oelui que la tourbe laisse échapper, et que le passage du fer hydraté à l'état de fer carbonate résultait de cette plus grande abondance de l'acide carbonique autour des débris de végétaux en voie de se transformer en combustible.