CHAPITRE I
ÔRIGINK DBS ROCHES CARBONEES ; LEUR MODE DE FORMATION AU POINT DE VUE CHIMIQUE.
Des comboslibles et des roches carbonées en général. — Origine végétale des combaslibles ; idées anciennement émises à ce sujet. — Procédés employés dans l'industrie pour la carbonisation du bois. — Bxpérie.nces de MM. Fournet, Cagniard de la Tour, Gœppert, Violette, Daubrée , Baroulier. — Transformation , dans la nature , du ligneux en bomus et en acide ulmique. — Carbonisation naturelle; la nature n^a pas recours à la chaleur, elle remplace cet agent par le temps. — Applications de ca principe. ^ Rôle joué par la pression dans la carbonisation.— Métamorphisme des combustibles. — Origine du graphite, du diamant et des hydrocarbures.
BM eombatlIMcft et des rocbes carl^nées en senéral. — SoUS le
nom de combustibles^ on réunit quelquefois en minéralogie les substances susceptibles de brûler ; à ce titre, le soufre est UQ combustible. Mais la désignation de combustibles esl affec-*
origine ▼éffCUle des com¥aflliiles fOMllM. — Pour démontrer
rorigine végétale des combustibles y on s'appuie sur les faits suivants :
i^ Il existe un passage insensible entre le bois des arbres encore debout des forêts et Tanthracite; ce passage est établi par les diverses variétés de tourbe y de lignite et de houille.
2* On observe fréquemment, dans un même échantillon , une partie qui est à l'état de combustible parfait et uue autre partie qiii a conservé tout à la fois l'aspect du ligneux et des traces de son organisation primitive.
S"" On rencontre souvent dans les strates^ surtout dans celles du terrain houiller, des tiges, des parties d'écorce, des feuilles qui, tout en conservant la forme qu'elles avaient en prennier lieu, sont entièrement transformées en matière charbonneuse.
Ce qui doit achever de faire pénétrer dans notre esprit la conviction que les combustibles résultent de la transformation de matières végétales, c'est que, en partant de ce principe, tout devient facilement explicable quand on recherche comment I9 houille , le lignite et la tourbe se sont constitués. Le problème , au contraire, resterait insoluble, tant que l'on s'en tiendrait aux idées émises, pendant le siècle dernier, relativement à l'origine des combustibles. Pourtant, on aurait tort de penser que toutes les théories formulées avant notre siècle relativement à la formation de la houille sont tout à fsiit absurdes. On peut trouver en elles quelques idées justes , mais incomplètes ou faussement appliquées.
D'après Patrin , auteur d'une Histoire naturelle des miné-raux publiée en 4801, les volcans rejetteraient des matières bitumineuses qui, reçues dans les eaux de l'océan , iraient s'y mélanger avec du sable pour former des dépôts plus ou moins étendus ; plus tard , le sable et le bitume tendraient à se sépa-