‹ Prodrome de géologieChapitre 44 sur 170 · ORIGRIE VÉGÉTALE DE^ COMBUSTIBLES FOSSILES · texte numérisé non relu

ORIGRIE VÉGÉTALE DE^ COMBUSTIBLES FOSSILES

rer pour former des masses distinctes : une couche de houille se constituerait à la faveur de cette concentration des parties bitumineuses et se trouverait^ ainsi qu'on l'observe dans les houillères^ resserrée entre deux bancs de grè^ résultant de l'accumulation des parties sableuses. Le bitume irait également imprégner les troncs d'arbres flottants^ et , en augmentant leur densité, les obligerait a se déposer sur les bancs de houille préexistants, ce qui expliquerait pourquoi ces bancs sont fréquemment recouverts de troncs d'arbre. On voit que si Patrin s'était trompé sur l'origine de la houille, il avai.t deviné juste en accordant aux bitumes une origine volcanique. — En 4795, Hutton admettait que les substances végétales sont charriées par les courants fluviatiles et marins au fond de l'océan, où dos matières sableuses et argileuses viennent ensuite les recouvrir. La transformation de cette matière végétale en charbon n^inéral serait déterminée par la chaleur centrale qui eo opérerait presque la fusion ; elle serait favorisée par la pression des masses sousjaccntes qui s'opposeraient au dégagement des matières volatiles.. Les idées de Hutton sur l'origine des combustibles fossiles sont celles qui régnent aujourd'hui : l'observation a seulement démontré que l'intervention d'une haute température, favorable dans certaines circonstances à la formation du combustible , n'était pourtant pas indispensable; elle a même fait voir que tous les combustibles se sont constitués à la température qui règne à la surface du sol.

Avant de décrire les actions chimiques qui ont eu pour résultat la transformation des végétaux en combustibles fossiles, je dois , pour établir les bases de la théorie que je vais exposer : 4o rappeler les procédés employés dans l'industrie (our la carbonisation du bois ; ^ mentionner les principales expériences qui ont été faites par divers savants pour retrou-

Ter les conditions dans lesquelles la nature a opéré ; 3® indiquer ce qui se passe sous nos yeux lorsque des débris de Téj^étaux sont accumulés soit à la surface du sol y soit au fond des eaux.

rrocCdés cmployCs dans rindiuirle poar la carbODlMtlan du bote. —

Les deux principaux de ces procédés sont la carbonisation a en meules^ d et la carbonisation « en yase clos ; » dans un cas et dans l'autre , on a recours à une haute température.

Dans le premier procédé , des branches d'arbre sont empilées les unes sur les autres de manière à former une meule que Ton recouvre de feuilles ^ de terre et de détritus charbonneux provenant des carbonisations antérieures. Le feu étant mis à la meule, des gaz se dégagent par les ouvertures que Ton a pratiquées sur son pourtour ; ces gaz sont de Tacide carbonique et de Toxyde de carbone produits par la combustion vive du charbon et par la calcination du bois, de l'hydrogène, de la vapeur d'eau, plusieurs matières oi^aniques formées par la distillation du bois et, parmi elles, l'acide acétique , l'esprit de bois et les matières goudronneuses. Lorsque l'opération est terminée, on ferme les ouvertures et on laisse le feu s'éteindre. Tous les éléments qui existent dans le bois ont disparu , à l'exception d'une partie du carbone et des substances inorganiques destinées à être retrouvées sous la forme de cendres. Par le procédé qui vient d*être indiqué, le bois donne environ 15 pour cent de carbone; plus du tiers du carbone qu'il contenait a été brûlé pendant l'opération.

Lorsqu'on effectue la carbonisation en vase clos , on retire 25 à 30 pour cent de charbon; on peut, en outre , recueillir les gaz et les liquides qui se dégagent pendant la distillation.

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