‹ Prodrome de géologieChapitre 5 sur 170 · DENTS DES VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

DENTS DES VERTÉBRÉS

animaux de la même famille ; ces bois diffèrent complètement par leur nature des cornes des autres ruminants; par leur composition ils offrent la plus grande analogie avec la partie spongieuse des os. 2** Les carapaces des tortues , résultant du développement et de la soudure du sternum , des c6tes et des vertèbres; ces os forment une cuirasse recouverte par la peau ordinairement divisée en écailles.

\ «es Tmé»r«s. — Les dents se rencontrent à Tétat fossile encore plus fréquemment que les os ; en outre j de toutes les parties dont se compose le squelette d'un vertébré, les dents sont celles qui facilitent le plus la détermination des genres et des espèces. Aussi la connaissance de leurs variations de forme et»de composition est-elle très utile au géologue. On peut aisément indiquer, à l'inspection d'une dent, la classe, et quelquefois même le genre de l'animal auquel elle appartenait. On sait que quelques mammifères, tous les oiseaux, les chéloniens et quelques batraciens sont dépourvus de dents. Chez les poissons et les reptiles, les dents sont quelquefois en pavé, plus souvent aiguës, tranchantes et coniques; elles se' ressemblent plus ou moins par leur forme dans un même' animal; elles adhèrent à la peau, se soudent à la mâchoire ou* s'enfoncent dans des alvéoles distinctes. Anciennement , on appelait glossopètres {ikfxsdtx, langue; iretpoç, pierre) les dents de squales, parce qu'on les considérait comme des langues de poissons pétrifiées.

Les mammifères sont seuls hétérodontes, c'est à dire munis de trois sortes de dents : incisives y canines, molaires; celles-ci ont ordinairement plus d'une racine. Toutes sont logées dans des alvéoles. Chez les proboscidiens , les incisives supérieures' se prolongent sous la forme de défenses qui , chez le mam-

tnouth atteignaient deux mètres de longueur. Une dent de mammifère se compose d'une partie saillante et dénudée^ appelée couronne, et d'une portion basilaire^ la racine, engagée dans Talvéole. Vivoire forme presque toute la masse de la dent et en occupe l'intérieur; Y émail enveloppe Ti voire et constitue , à la surface de la couronne , une sorte de vernis ou de couverture pierreuse; enfin , vers l'extrémité de la racine , etj dans certaines espèces ^ autour de la couronne^ une troisième matière', le cément ou substance corticale , recouvre • rémail.

Les dents se rapprochent beaucoup des os par leur composition; seulement, la proportion de matière gélatineuse et de carbonate de chaux y est moindre, tandis que celle de phosphate de chaux y est plus forte. La proportion de carbonate de chaux peut être réduite à 5, 4, 3 et même 2 pour cent, tandis quo celle de phosphate de chaux peut s'élever à 60, et même dans l'émail à 90 ^/q. C'est à la présence du phosphate de chaux que l'émail doit sa grande dureté et sa propriété de faire feu au briquet. La composition que je viens d'indiquer est celle des dénis à l'état vivant; on conçoit que cette composition varie, pour les dents fossiles, soit avec leur ancienneté , soit avec la nature de la roche qui les renferme.

D Des diverses parties solides des animaux vertébrés , celles qui ont le plus éncrgiquement résisté aux causes de destruction chimique et physique de tous les temps, celles que, par conséquent, on ne trouve jamais à l'état de moules ou d'impreinles, et qui ont presque toujours conservé une fraîcheur telle qu'elles semblent s'être détachées à l'instant de l'animal^ ce sont les dents de poisson , les plaques palatales ou en pa- • vés, etc., qui garnissent la bouche de ces animaux. On les ren* contre souvent à profusion dans des couches où Ton ne trouve

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