ORGANES ÉPIDERMIQUE3 DES VERTÉBRÉS
point de traces de leurs autres parties, sauf quelquefois des vertèbres en petit nombre. Les analyses de M. Frémy ont démontré que cette inaltérabilité presque absolue était due à une proportion énorme de phosphate de chaux au moins égale à celle de Témail des mammifères; Témail d'une dent fossile de carcharodon des faluns de Dax a fourni à ce savant 81,4 ^'o de phosphate de chanx, 6 ^/^ de phosphate de fer et de magnésie, et 40,2 % de carbonate de chaux . » (D'Archiac, Paléontologie stratigrapfugue.)
oTfaBM é»ideniii«aM tien verM^rét. — Presque tous ces organes sont rares à Tétat fossile; leur faible dureté ne leur permet pas d'opposer une grande résistance aux agents mécaniques de destruction ; en outre , ils renferment trop peu de substances terreuses pour que leur décomposition ne s'effectue pas promptement.
Cette rareté existe notamment pour les ongles , les cornes creuses des ruminants, les poils, les piquants des porcs épies, les plumes des oiseaux , les écailles des reptiles, etc. Ck)mme exemples d'une conservation exceptionnelle, je citerai : des fragments de carapace de tatou fossile, recueillis dans les pampas de l'Amérique méridionale (un de ces fragments a donné à l'analyse plus de 80 ^/^ de matière terreuse, ce qui explique sa conservation) ; des cornes de ruminants dans les cavernes à ossements de l'Europe; des portions de plumes que possède * le muséum de Paris et qui proviennent du terrain tertiaire de 'l'Auvergne , de Monte Bolca et du gypse de Montmartre.
C'est la classe des poissons qui fournit les exemples les plus nombreux d'organes épidermiques fossilisés. D'après les analyses de M. Chevreul , la quantité de phosphate de chaux contenue dans les écailles varie de 38 à 55 ^/q, et celle de cai>
bonate de chaux de i à iO ^/^ : cette composition nous dit pourquoi les écailles de poissons se montrent bien plus fréquemment dans les strates que celles de reptiles.
Les autres organes dépendant de la peau des poissons et qui se présentent à l'état fossile sont les plaques d'émail des poissons cartilagineux , les tubercules des raies , et les ichthyodo^ rtdites ou rayons dorsaux fossiles que l'on rencontre isolés. On a fait un grand nombre de genres d'ichthyodorulites ^ sans pouvoir en rattacher aucun à des formes déterminées de poissons ; les uns^ moins nombreux^ ont à leur base une facette correspondante au point d'articulation avec l'os qui les supportait; les autres^ dépourvus d'articulation^ étaient simplement suspendus à des chairs et ont appartenu à des poissons cartila-* gineux.
Véfunienu et pièces eomCM des amieléf. — Parmi leS annelés, ce sont les crustacés dont les débris apparaissent le plus fréquemment à l'état fossile. Ils vivent pour la plupart dans les eaux douces ou salées et se trouvent ainsi placés dans les circon-stances les plus favorables à leur fossilisation. Après leur mort, l'enveloppe qui les protège peut d'ailleurs , grâce à sa composition , persister pendant un temps plus ou moins long. Les principales substances dont l'analyse chimique dénote l'existence dans les parties tégumentaires des crustacés sont : le carbonate de chaux , le phosphate de chaux , Talbumine et la chitine. La chitine est une substance peu altérable, non azotée, se rapprochant , par sa composition , de la cellulose. D'après les analyses qui ont été faites du test de la langouste , du homard^ du crabe et de l'écrevisse, la quantité de matière organique varie entre 29 et 45 pour cent, celle du phosphate de chaux entre 4 et 7 pour cent et celle du carbonate de chaux