‹ Prodrome de géologieChapitre 52 sur 170 · DISTRIBUTION GÉOLOGIQUE DES TOURBIÈRES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION GÉOLOGIQUE DES TOURBIÈRES

I teoiMi«tte des lourbiérei. -*- Les faits sur lesquels nous Tenons de nous appuyer pour expliquer la distribution géographique des tourbières doivent nous aider à trouver une réponse satisfaisante à cette question : Les tourbières ont elles existé antérieurement à Tère jovienne ? Nous pouvons presque affirmer à priori que^ si les régions où la température moyenne est trop élevée ne sauraient être le siège d'une formation de tourbe, il en a été de même pour les époques pendant lesquelles la température moyenne de la surface du globe a été supérieure à celle de nos jours. Nous pouvons conclure de là qu'il n'a pas dû se former de tourbières proprement dites pendant la presque totalité des temps géologiques. Ce phénomène n'a dû commen* cer à se manifester que vers la fm de la période néozoîque et dans le voisinage des pôles seulement. Ce n'est que pendant Tère jovienne qu'il a dû prendre toute son extension, et si l'on tient compte exclusivement des faits observés jusqu'à ce jour, on peut dire qu'il lui est spécial.

Les plus anciennes tourbières sont celles d'Utznach et de Dur* ten, en Suisse. La tourbe y forme une masse de 10 pieds d'épais* seur, mais les troncs d'arbre aplatis qu'elle renferme prou* vent qu'elle a dû être .fortement comprimée. Elle repose sur une couche de limon placée elle même sur la mollasse. On y a recueilli des dents A'Elephas antiquus et un squelette entier de Rhinocéros leptorhinusyce qui nous parait un motif suffisant pour rattacher ces dépôts de tourbe à la première époque de l'ère jovienne. La tourbe est recouverte à Utznach par le diluvium de la seconde période glaciaire et à Durten par le sable et les caillou]^ roulés où, dans beaucoup d'endroits de la Suisse, on a rencontré des restes de VElephas primigenius qui a vécu après l'éléphant dont il vient d'être question.

Si nous continuons à tenir compte des conditions nécessaires

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à l'établissement des tourbières^ nous ne devons pas hésiter à admettre qu'il s'est formé de la tourbe pendant toute l'ère jovienne et notamment lors de la période interglaciaire (tome I, page 432). Pour se rendre compte de leur absence pendant cette période^ il sufQt de se rappeler que les unes existent dans l'intérieur des continents et les autres près du littoral. Les premières sont soumises aux mêmes chances de destruction que la terre végétale^ et celles qui dataient de la période interglaciaire ont dû être, comme la terre Tégétale, enlevées par les agents d'érosion et de transport; les autres ont pu, à la suite d'un affaissement continu du sol, se dérobera notre observation sous les tourbières plus modernes; c'est certainement ce qui a eu lieu en Hollande.

Toutes les tourbières connues appartiennent à la période post-glaciaire. Leur âge récent est accusé tout à la fois par leur situation géognostique et par l'époque à laquelle se rattachent les débris de mammifères qu'elles renferment. En effet, elles sont toujours situées au dessus des terrains de transport réunis sous la désignation de diluvium, et les animaux dont elles contiennent les ossements font tous partie, sans exception , de la faune qui est venue après la dernière retraite dea glaciers. Pourtant, il existe de la tourbe qui date des temps anté-historiques ; c'est ce que M. Steenstrup a démontré pour les marais tourbeux du Danemarck, en établissant que les débris de l'industrie humaine, si abondants vers la partie supérieure des tourbières, ne se rencontrent jamais dans leur partie inférieure.

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