CHAPITRE III
HOUILLERES.
La bouille s^est formée sur place , dans des eaax marécageuses ou dans des lacs peu profonds. — Ycgétatiôa de la période houillère. — •Fougères. — Equisélacées; calamités; aslérophylliles; annularia. — Lycopodiacées ; lepidodeiidrons; sigillaiies; sligmaria. — Marais avec forêts de sigillaria ; rôle des végétaux à racines stigmariées. — Rôle des calamités et des foui^ères. — Aspect d'un bassin houiller ; alternances des bancs de combustible et des roches d'origine inorganique, dans le sens vertical et dans le sens horizontal. ~ Périodes de la houille et de Tanthracite; circonstances qui ont favorisé la formation de ces combustibles. — Distribution géographique des bassins houillors. — Analogie entre les tourbières et les houillères.
Ea boalll€ ft*Mt romiéc sor place et non par ebarrfafc. — M. Elie
de Beaumont a démontré, par des calculs très précis, que la houille s'était formée sur place et nullement par voie de charriage. Dans CCS calculs, en comparant la houille et le bois sous le rapport de leur pesanteur spécifique et de leur richesse en carbone, il établit d'abord qu'une couche de bois, sans inters* tices> si elle pouvait être changée en houille, sans perte de carbone , diminuerait d'épaisseur, dans le rapport de 1 a 0,Si80. En tenant compte de la quantité de matière ligneuse contenue dans un hectare de taillis de vingt cinq ans, il calcule que cette matière ligneuse formerait sur toute la surface de l'hectare une couche continue et sans interstices de 0», 00848G d'épaisseur ; transformée en houille, d'après les évaluations précé- 1 dentés, cette couche de bois reviendrait à une couche de \
il A PRODIIOMR DB GÉOLOGIE.
houille de 0"",008486 x 0",2280 = 0^001936 ou environ deux millimètres d'épaisseur, a 11 existe probablement, » ajoute M. Elie de Beaumont, a peu de futaies, même parmi les plus épaisses, qui contiennent autant de carbone qu'une couche de houille de même étendue et d'un centimètre d'épaisseur. La surface des terrains houillcrs reconnus en France forme 1/200 de là surface totale du territoire. Si Ton tient compte de la stérilité, de certains terrains, on verra qu'une futaie de la plus belle venue possible qui couvrirait la France entière serait loin de contenir autant de carbone qu'une ceucbe de houille de 2 mètres d'épaisseur étendue dans les seuls bassins houillers connus. Ces résultats, qui sont de simples approximations, suffisent cependant pour donner une haute idée du phénomène, quel qu'il soit, par suite duquel a eu lieu l'accumulation de matière végétale nécessaire pour produire une couche de houille ayant un mètre, 2 mètres et jusqu'à 30 mètres d'épaisseur, comme celle du bassin houiller de l'Aveyron. On a quelquefois supposé que les couches de houille pouvaient résulter de l'enfouissement de radeaux de bois flotté ; mais les calculs précé* dents conduisent à reconnaître que ces radeaux devraient avoir eu une épaisseur énorme et tout a fait inadmissible. Le bois, lorsqu'on le range en stères, présente de nombreux interstices qu'on évalue à plus des 38/128 du volume total ; pour des branchages, la somme des vides est encore plus grande. Dans un radeau naturel, les troncs ne pourraient être aussi bien rangés que dans du bois en stères, et l'on peut supposer sans exagération qu'un radeau naturel renfermerait la moitié de son volume de vide ; par conséquent, un pareil radeau, s'il pouvait ^ être réduit en houille, sans aucune perte de carbone, en donnerait une couche dont l'épaisseur serait 1/2 x 0'*^2280 ou 0»,1140, c'est à dire moins du huitième de la sienne. Ainsi,